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Semaine de prière pour l'unité des chrétiens 2023: ressources quotidiennes

Réflexions biblique set prières pour les huit jours

1er JOUR: Apprendre à faire ce qui est juste

Lectures

És 1,12-18 Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, mettez au pas l’exacteur, faites droit à l’orphelin, prenez la défense de la veuve

Lc 10,25-36 Il dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? »

Réflexion

Selon Ésaïe, Dieu veut que la tribu de Juda ne se contente pas de pratiquer la justice, mais qu’elle adopte le principe de toujours faire ce qui est juste. Dieu ne veut pas seulement que nous nous occupions des orphelins et des veuves, mais que nous fassions ce qui est juste et bon pour eux et pour toute personne mise en marge par la société. En hébreu, « bon » se dit « yaw-tab ». Ce mot signifie être heureux, joyeux, agréable, bien faire, faire quelque chose de beau.

Être chrétien signifie être un disciple. Tous les chrétiens se rassemblent pour écouter la Parole de Dieu, apprenant ensemble ce que signifie faire le bien et qui a besoin de cette solidarité. Alors que la société est de plus en plus indifférente aux besoins des autres, nous, les enfants de Dieu, devons apprendre à prendre fait et cause pour nos frères et soeurs opprimés en interpellant ceux qui sont au pouvoir et, quand cela est nécessaire, en défendant leur cause afin qu’ils puissent vivre en paix et dans la justice. Si nous le faisons, nous ferons toujours ce qui est juste !

Notre engagement à éradiquer le racisme et à guérir de ce péché exige que nous soyons prêts et disposés à instaurer des liens avec nos soeurs et frères chrétiens.

Unité des chrétiens

Un homme de loi demande à Jésus : « Et qui est mon prochain ? » La réponse de Jésus nous appelle à voir au-delà des divisions de la religion, de la tribu ou de la nationalité pour reconnaître notre prochain dans le besoin. Les chrétiens également doivent regarder au-delà de ces barrières et des divisions au sein de la famille chrétienne pour reconnaître et aimer leurs frères et soeurs en Christ.

Défi

Qui sont les personnes marginalisées ou opprimées dans votre société ? Comment les Églises pourraient-elles marcher avec ces frères et soeurs, répondre à leurs besoins et parler en leur nom ?

Prière

Seigneur, tu as appelé ton peuple de l’esclavage à la liberté, Donne-nous la force et le courage de chercher ceux qui ont besoin de justice. Fais que nous voyions ce besoin et sachions offrir notre aide, et par ton Esprit Saint, rassemble-nous dans l’unique troupeau de Jésus Christ, notre berger. Amen.

2e JOUR: Quand la justice est faite…

Lectures

Pr 21,13-15 L’exercice du droit est une joie pour le juste, mais c’est une calamité pour le malfaiteur

Mt 23,23-25 La justice, la miséricorde et la fidélité ; c’est ceci qu’il fallait faire

Réflexion

D’entrée, le Livre des Proverbes se propose de faire connaître la sagesse et instruire pour « faire acquérir une éducation éclairée : justice, équité » (1,3). Tout au long de ses oracles de sagesse, l’appel à agir avec justice et à rechercher la droiture est un constant leitmotiv, sans cesse rappelé et jugé plus acceptable aux yeux de Dieu que le sacrifice. En une seule phrase pleine de sagesse, l’orateur témoigne que les justes se réjouissent lorsque justice est faite. Mais la justice dérange ceux qui servent les iniquités. Les chrétiens, au-delà de leurs séparations, devraient se réjouir tous ensemble lorsque la justice est faite, et être prêts à rester unis lorsque cette justice génère une opposition. Quand nous faisons ce que le Seigneur demande et que nous osons rechercher la justice, il se peut que nous nous retrouvions pris dans un tourbillon de résistances et d’opposition à toute tentative d’améliorer les choses pour les plus vulnérables d’entre nous.

Ceux qui tirent avantage des systèmes et des structures soutenus par la suprématie blanche et d’autres idéologies source d’oppression, telles que le « système des castes » et le patriarcat, tenteront de retarder et refuser la justice, souvent de manière violente. Mais rechercher la justice, c’est frapper au coeur des pouvoirs, faire de la place pour l’ordre juste et la sagesse éternelle de Dieu dans un monde trop souvent insensible à la souffrance. Et pourtant, il y a de la joie à faire ce qui est juste. Il y a de la joie à affirmer que « Black lives matter » lorsque l’on est en quête de justice pour les enfants bien-aimés de Dieu qui sont opprimés, dominés et exploités.

Il y a de la joie à rechercher la réconciliation avec d’autres chrétiens afin de mieux servir la proclamation du Royaume. Que cette joie se manifeste par le partage de nos expériences de la présence de Dieu parmi nous, sur les chemins connus et inconnus où Dieu marche à nos côtés vers la guérison, la réconciliation et l’unité en Christ.

Unité des chrétiens

Les chefs religieux auxquels Jésus s’adresse dans le passage de l’Évangile d’aujourd’hui se sont habitués aux injustices du monde et s’en accommodent. Ils sont heureux d’accomplir des devoirs religieux tels que verser la dîme de la menthe, du fenouil et du cumin, mais négligent leurs devoirs plus lourds et plus dérangeants que sont la justice, la miséricorde et la fidélité. De même, les chrétiens se sont habitués et se sont accommodés des divisions qui existent entre eux. La plupart du temps, nous sommes fidèles dans notre observance religieuse, mais nous négligeons souvent l’exhortation du Seigneur qui veut que tous ses disciples soient un.

Défi

Comment les communautés locales peuvent-elles se soutenir mutuellement pour résister à l’opposition que peut susciter la justice ?

Prière

Dieu, tu es la source de notre sagesse. Accorde-nous la sagesse et le courage de faire (la) justice, de réagir face à ce qui ne va pas dans le monde et d’agir pour le rendre juste.

Accorde-nous la sagesse et le courage de grandir dans l’unité de ton Fils, Jésus Christ, qui, avec toi et le Saint-Esprit, règne pour les siècles des siècles. Amen.

3e JOUR: Faites la justice, aimez la miséricorde, marchez humblement

Lectures

Mi 6,6-8 Ce que le Seigneur exige de toi : rien d’autre que respecter le droit, aimer la fidélité et t’appliquer à marcher avec ton Dieu

Mc 10,17-31 Bon Maître, que dois-je faire pour recevoir la vie éternelle en partage ?

Réflexion

Nous – pas moi. Le prophète avertit le peuple de ce que signifie la fidélité à l’alliance de Dieu : « Ce que le Seigneur exige de toi ? Rien d’autre que respecter le droit, aimer la fidélité et t’appliquer à marcher avec ton Dieu ». Dans l’hébreu biblique, la justice et la bonté (la miséricorde) ne sont pas différentes ou opposées l’une à l’autre. En réalité, elles sont liées en un seul mot, mishpat. Dieu nous a montré ce qui est bon, nous demandant de faire la justice en aimant la bonté et en marchant humblement avec lui. Marcher humblement avec Dieu signifie marcher aux côtés des autres ; en conséquence, il n’est pas seulement question de l’individu : mon cheminement, mon amour.

L’amour auquel Dieu nous invite est toujours un amour qui nous rassemble dans la communion : nous – pas moi. Ce point de vue fait toute la différence dans la façon dont nous « faisons la justice ». En tant que chrétiens, nous agissons avec justice pour manifester quelque chose du Royaume de Dieu dans le monde, et donc pour inviter les autres dans ce lieu où règne la bonté aimante de Dieu. Dans son Royaume, nous sommes tous aimés de la même manière en tant qu’enfants de Dieu, et en tant qu’Église de Dieu, nous sommes appelés à nous aimer les uns les autres comme des frères et soeurs et à inviter les autres à prendre part à cet amour.

Faire justice, aimer la bonté et marcher humblement avec Dieu, appelle les chrétiens à agir ensemble en rendant témoignage du Royaume de Dieu dans l’unité au sein de nos communautés : nous – pas moi.

Unité des chrétiens

« Marcher humblement » était une gageure pour le jeune homme riche qui demandait à Jésus ce qu’il devait faire pour recevoir la vie éternelle en partage. Depuis sa jeunesse, il avait obéi à tous les commandements mais ne pouvait faire le dernier pas pour se joindre aux disciples de Jésus à cause de sa richesse ; il était prisonnier de ses biens. Comme il est difficile pour nous chrétiens de nous défaire de ce que nous percevons comme des richesses mais qui nous empêchent d’accéder à une plus grande richesse, celle qui nous permettra de rejoindre les disciples de Jésus dans l’unité chrétienne.

Défi

Comment nos Églises peuvent-elles mieux répondre aux besoins de nos frères les plus vulnérables ? Comment pouvons-nous honorer chaque voix dans nos communautés ?

Prière

Père aimant et miséricordieux,
Élargis notre regard afin que nous puissions voir la mission que nous partageons
avec tous nos frères et soeurs chrétiens, qui est de montrer la justice et la bonté de ton Royaume.
Aide-nous à accueillir notre prochain comme ton Fils nous a accueillis.
Aide-nous à être plus généreux en témoignant de la grâce que tu nous donnes.
Par le Christ notre Seigneur. Amen.

4e JOUR: Regardez les pleurs des opprimés

Lectures

Ec 4,1-5 D’autre part, je vois toutes les oppressions qui se pratiquent sous le soleil. Regardez les pleurs des opprimés : ils n’ont pas de consolateur ; la force est du côté des oppresseurs : ils n’ont pas de consolateur

Mt 5,1-8 Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés

Réflexion

« Regardez les pleurs des opprimés ». On peut aisément imaginer que le narrateur a hélas déjà et fréquemment été témoin d’atrocités de ce genre. Et pourtant, c’est peut-être la première fois qu’il voit vraiment les larmes des opprimés, qu’il prend pleinement conscience de leur douleur et de leur assujettissement. Si ceci est regrettable, cette attention nouvelle et ce nouveau regard sont toutefois porteurs de la semence de l’espérance : peut-être cette fois-ci, ce témoignage fera-t-il bouger les lignes, peut-être fera-t-il la différence.

Une jeune femme a regardé et vu les larmes des opprimés. La vidéo du meurtre de George Floyd, en mai 2020, qu’elle a filmée avec son téléphone et qui a été vue dans le monde entier, a déclenché une sainte colère car tous ont été témoins et ont finalement reconnu ce que les Afro-Américains vivent depuis des siècles : leur injustifiable assujettissement par des systèmes oppressifs au milieu de spectateurs aveugles et privilégiés. La reconnaissance de cette douloureuse réalité a suscité à travers le monde un élan de compassion qui n’avait que trop tardé, sous la forme de prières et de manifestations pour demander justice.

Le fait d’être passés de la simple constatation à une vision claire et à une prise de conscience est un encouragement pour nous qui sommes acteurs de cette réalité sur la terre : Dieu peut faire tomber les écailles de nos yeux pour témoigner d’événements de manière nouvelle et libératrice. Lorsque ces écailles disparaissent, l’Esprit Saint nous éclaire et nous donne aussi la conviction que nous pouvons réagir d’une autre façon et librement. L’une des réponses apportées par les Églises et les Communautés a été d’installer une tente de prière sur la Place George Floyd, lieu de son assassinat. C’est donc dans l’unité que ces Églises et Communautés ont offert leur réconfort à ceux qui étaient en deuil et subissaient l’oppression.

Unité des chrétiens

Le récit des béatitudes de Matthieu commence par Jésus face à la foule. Dans cette multitude, il doit avoir vu des artisans de paix, des pauvres en esprit, des coeurs purs, des hommes et des femmes en deuil et des affamés de justice. Dans les béatitudes, Jésus ne se contente pas de nommer les combats de ces personnes mais proclame ce qu’ils deviendront : ils seront enfants de Dieu et le royaume des cieux sera à eux. En tant que chrétiens, nous sommes appelés à prendre conscience des saintes luttes de nos frères et soeurs en Christ.

Défi

Vous êtes-vous engagé au sein de groupes chrétiens luttant contre l’oppression dans votre quartier ? Comment les Églises de votre ville peuvent-elles s’unir pour mieux manifester leur solidarité avec ceux qui souffrent de l’oppression ?

Prière

Dieu de justice et de miséricorde, fait tomber les écailles de nos yeux pour que nous puissions vraiment voir l’oppression qui nous entoure.
Nous prions au nom de Jésus qui a vu les foules et a eu pitié d’elles. Amen.

5e JOUR: Chanter un chant du Seigneur en terre étrangère

Lectures

Ps 137,1-4 Là, nos conquérants nous ont demandé des chansons, et nos ravisseurs des airs joyeux : « Chantez-nous quelque chant de Sion »

Lc 23,27-31 Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants

Réflexion

La lamentation du psalmiste remonte à l’exil de Juda à Babylone, mais la douleur de l’exil résonne à travers tous les temps et les cultures. Peut-être le psalmiste a-t-il crié sa complainte se tournant vers les cieux. Peut-être chaque verset a-t-il été clamé au milieu d’amers sanglots et d’un profond chagrin. Peut-être ce poème a-t-il été composé dans un haussement d’épaules de résignation que seuls une existence vécue dans l’injustice et un sentiment d’impuissance à changer les choses de manière significative peuvent susciter. Quelle que soit la manière dont ces mots ont été prononcés, la douleur de ce passage trouve un écho dans le coeur de ceux qui sont traités en étrangers dans d’autres pays ou dans leur propre pays.

Dans ce psaume, l’oppresseur demande de sourire et de se réjouir, de chanter les chansons d’un passé « heureux ». Il s’adresse à des personnes qui tout au long des siècles ont été marginaliseés.

Qu’il s’agisse de minstrel shows,(11) de danses de geishas (12) ou de spectacles de cow-boys et d’Indiens du Far West, (13) les oppresseurs ont souvent exigé que les personnes opprimées se produisent joyeusement pour assurer leur propre survie. Leur message est aussi simple que cruel : vos chansons, vos cérémonies, votre identité culturelle, tout ce qui vous rend uniques et dignes de respect, n’est autorisé que tant qu’il nous est utile.

Ce psaume donne la parole à tous les opprimés. Comment pourrions-nous chanter le chant du Seigneur alors que nous sommes des étrangers dans notre propre pays ? Nous ne chantons pas pour ceux qui nous privent de notre liberté mais pour louer Dieu. Nous chantons parce que nous ne sommes pas seuls, car Dieu ne nous a jamais abandonnés. Nous chantons parce que nous sommes entourés d’une nuée de témoins. Les ancêtres et les saints nous inspirent. Ils nous encouragent à chanter des chants d’espoir, des chants de liberté, des chants de libération, des chants qui nous parlent d’une terre où un peuple est rétabli.

Unité des chrétiens

L’Évangile de Luc rapporte que des personnes, dont de nombreuses femmes, suivent Jésus, même lorsqu’il porte sa croix au Calvaire. Le suivre ainsi est l’acte de disciples fidèles. Jésus reconnaît leurs combats et les souffrances qu’ils devront endurer en portant dans la foi leur propre croix.

Grâce au Mouvement oecuménique, les chrétiens partagent aujourd’hui des hymnes, des prières, des réflexions et des idées par-delà leurs propres traditions. Nous les recevons de chrétiens issus de communautés différentes de la nôtre comme des dons issus de la foi et d’une vie de disciple vécue dans l’amour, souvent au milieu de difficultés. Ces dons partagés sont des richesses à conserver précieusement et témoignent de la foi chrétienne que nous partageons.

Défi

Comment évoquons-nous les histoires d’ancêtres et de saints qui ont vécu parmi nous et ont élevé vers Dieu des chants remplis de foi et d’espérance, rendant grâce pour la libération de la captivité ?

Prière

Dieu des opprimés,
Ouvre nos yeux sur le mal qui continue d’être infligé à nos soeurs et frères en Christ.
Que ton Esprit nous donne le courage de chanter à l’unisson et d’élever nos voix avec ceux dont la souffrance n’est pas entendue.
Nous te prions au nom de ton Fils Jésus.
Amen.

11. Considérés comme la première forme originale de divertissement populaire américain, les minstrel shows ont vu le jour dans les années 1830. Il s'agissait d'une combinaison de blackface, une forme de maquillage théâtral utilisée principalement par les Blancs, et de productions théâtrales mettant en scène de manière désobligeante des figures et personnages afro-américains. Néanmoins, si dans les années 1890 les artistes afro-américains « se noircissent encore davantage », chantent, dansent et discutent de sujets provocants comme le sexe dans les « minstrel shows de couleur », ils n’en ressentent pas moins la responsabilité nouvelle de réagir face aux stéréotypes de l'identité noire, jugée risible, primitive et excessivement sensuelle, ce qui les amène à évoluer vers une présentation de soi sur scène qui vient contrecarrer les stéréotypes racistes et le discours politique ambiant.
12. La geisha, apparue au XVIIe siècle au Japon, est une « artiste » chargée de divertir par la danse, la musique, la conversation et d’autres actes lors des différentes cérémonies du thé.
13. Après la bataille de Little Bighorn en 1876, Buffalo Bill Cody fonde le Wild West Show, un spectacle itinérant présentant tout ce qui est occidental, y compris une reconstitution de la dernière bataille du Général Custard. Les Amérindiens, qui semblaient domestiqués plutôt que sauvages, constituaient la plus grande attraction, participant aux spectacles alors que le gouvernement américain combattait encore en territoire indien.

6e JOUR: Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits… c’est à moi que vous l’avez fait

Lectures

Ez 34,15-20 La bête perdue, je la chercherai ; celle qui se sera écartée, je la ferai revenir ; celle qui aura une patte cassée, je lui ferai un bandage ; la malade, je la fortifierai

Mt 25,31-40 En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait !

Réflexion

L’Évangile de Matthieu nous rappelle que nous ne pouvons pas séparer notre amour de Dieu de notre amour des autres. Nous aimons Dieu lorsque nous donnons à manger à ceux qui ont faim, quand nous donnons à boire à ceux qui ont soif, quand nous accueillons l’étranger, quand nous vêtissons celui qui est nu, quand nous visitons le malade et allons vers le prisonnier. Lorsque nous prenons soin de « l’un de ces plus petits » et le servons, nous prenons soin et servons le Christ lui-même.

Les années 2020 et 2021 ont mis en évidence l’immense épreuve endurée par les membres de la famille de Dieu. La pandémie mondiale de COVID-19, conjuguée aux disparités économiques, éducatives et environnementales, ont eu sur nous un impact tel qu’il faudra des décennies pour le surmonter. Elle a montré la souffrance individuelle et collective vécue dans le monde entier et a rassemblé les chrétiens dans l’amour, l’empathie et la solidarité. Pendant ce temps, au Minnesota, le meurtre de George Floyd par l’agent de police Derek Chauvin a exposé au grand jour la persistance de l’injustice raciale. Le gémissement de Floyd – « je n’arrive pas à respirer » – était aussi celui de beaucoup d’êtres humains écrasés par la pandémie et l’oppression.

Dieu nous appelle à honorer le caractère sacré et la dignité de chaque membre de la famille de Dieu. Prendre soin des autres, les servir et les aimer ne révèle pas qui ils sont, mais qui nous sommes. En tant que chrétiens, nous devons être unis dans notre responsabilité d’aimer et de prendre soin des autres, tout comme nous recevons les soins et l’amour de Dieu. En agissant ainsi, nous vivons notre foi commune à travers nos actions au service du monde.

Unité des chrétiens

Le prophète Ezéchiel décrit le Seigneur Dieu comme un berger qui rassemble son troupeau en faisant revenir ceux qui se sont égarés et en soignant ceux qui sont blessés. Le Père veut que son peuple soit uni et il continue à réaliser cette unité, à rassembler le troupeau, par l’action de son Esprit Saint. Par la prière, nous nous disposons à recevoir l’Esprit qui rétablit l’unité de tous les baptisés.

Défi

Dans quelle mesure les « plus petits » sont-ils invisibles pour vous ou votre Église ? Comment nos Églises peuvent-elles travailler ensemble pour prendre soin des « plus petits » et les servir ?

Prière

Dieu d’amour,
Nous te rendons grâce pour la sollicitude et l’amour sans fin que tu nous offres.
Aide-nous à chanter des chants de rédemption.
Ouvre grand nos coeurs, afin que nous puissions recevoir ton amour
et offrir à notre tour ta compassion
à l’ensemble de la famille humaine.
Nous te prions au nom de Jésus. Amen.

7e JOUR: Ce qui est aujourd’hui ne doit pas obligatoirement le rester

Lectures

Jb 5,11-16 Il y eut pour le faible une espérance, et l’infamie s’est trouvée muselée.

Lc 1,46-55 Il a jeté les puissants à bas de leurs trônes et il a élevé les humbles.

Réflexion

Job, qui menait une vie heureuse, perdit de façon inattendue son bétail et ses serviteurs et connut le cruel chagrin de voir mourir tous ses enfants. Il souffrait mentalement, physiquement et spirituellement. Nous souffrons tous, que ce soit dans notre mental, notre corps ou notre esprit. Nous pouvons nous éloigner de Dieu et des autres. Nous pouvons perdre espoir. Et pourtant, en tant que chrétiens, nous sommes unis dans la conviction que Dieu est avec nous au milieu de nos souffrances.

Le 11 avril 2021, au Minnesota, Daunte Wright, un Afro-Américain de vingt ans non armé, a été abattu par un policier blanc lors d’un banal contrôle routier. Cet incident s’est produit pendant le procès de Derek Chauvin pour le meurtre de George Floyd.

Il est facile de céder au désespoir lorsqu’on nous rappelle une fois de plus que nous vivons dans une société fracturée qui ne reconnaît, n’honore et ne protège pas pleinement la dignité humaine et la liberté de tous les êtres humains. Selon le Père Bryan Massingale, éminent expert catholique en éthique sociale et spécialiste de la justice raciale, « la vie sociale est le fait des êtres humains. La société dans laquelle nous vivons est le résultat de choix et de décisions humaines. Cela signifie que les êtres humains peuvent changer les choses. Ce que les êtres humains brisent, divisent et séparent, nous pouvons aussi, avec l’aide de Dieu, le guérir, l’unir et le rétablir. Ce qui est aujourd’hui ne doit pas obligatoirement le rester, en cela résident l’espérance et le défi ».

Dans la prière, les chrétiens accordent leur coeur avec le coeur de Dieu, pour aimer ce qu’il aime et aimer comme il aime. L’intégrité dans la prière accorde donc les coeurs de tous les chrétiens au-delà de leurs divisions, pour aimer ce que Dieu aime, qui et comme il aime, et pour exprimer cet amour dans nos actes.

Unité des chrétiens

Le Magnificat est le chant de louange dans lequel Marie se réjouit pour toutes les choses que Dieu fait : il rétablit l’égalité en élevant les humbles, répare l’injustice en donnant à manger à ceux qui ont faim et se souvient d’Israël, son serviteur. Le Seigneur n’oublie jamais ses promesses et n’abandonne jamais son peuple. Il est facile de négliger ou sous-estimer la foi de ceux qui appartiennent à d’autres communautés chrétiennes, surtout si ce sont des petites communautés. Mais le Seigneur fait de son peuple un tout en élevant les humbles de sorte que la valeur de chacun soit reconnue. Nous sommes appelés à voir comme il voit et à accorder de la valeur à chacun de nos frères et soeurs chrétiens comme il le fait lui-même.

Défi

Comment pouvons-nous nous rassembler en Christ dans l’espérance et la foi que Dieu « musèlera l’infamie » ?

Prière

Dieu de l’espérance,
Aide-nous à nous souvenir que tu es près de nous quand nous souffrons.
Aide-nous à incarner l’espérance les uns pour les autres quand le désespoir s’installe à nouveau dans notre coeur.
Accorde-nous le don d’être ancrés dans ton Esprit d’amour quand ensemble nous oeuvrons pour éradiquer toutes les formes d’oppression et d’injustice.
Donne-nous le courage d’aimer ce que tu aimes, qui tu aimes et comme tu aimes, et d’exprimer cet amour à travers nos actes.
Par le Christ notre Seigneur.
Amen.

8e JOUR: La justice qui rétablit la communion

Lectures

Ps 82,1-4 Soyez des juges pour le faible et l’orphelin, rendez justice au malheureux et à l’indigent

Lc 18,1-8 Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus qui crient vers lui jour et nuit ?

Réflexion

Le Livre des Psaumes est un mélange de prières, de louanges, de lamentations et de préceptes que Dieu nous adresse. Dans le Psaume 82, Dieu appelle à une justice faisant respecter les droits humains fondamentaux qui devraient être accordés à chacun de nous : liberté, sécurité, dignité, santé, égalité et amour. Le psaume appelle également à renverser les systèmes engendrant disparité et oppression, et à réparer tout ce qui est injuste, corrompu ou contribue à l’exploitation de l’être humain. Telle est la justice qu’en tant que chrétiens, nous sommes appelés à promouvoir. Membres de la communauté chrétienne, nous joignons notre volonté et nos actions à celles de Dieu qui oeuvre pour le salut de la création. Le péché est toujours à la racine de la division, y compris celle entre chrétiens, et la rédemption rétablit toujours la communion.

Dieu nous appelle à incarner notre foi chrétienne en agissant à partir de la vérité qui dit que chaque personne est précieuse, que les personnes sont plus importantes que les choses, et que l’évaluation de toute structure institutionnelle de la société doit se fonder sur la menace ou l’amélioration qu’elle constitue pour la vie et la dignité de chaque personne. Tout être humain a le droit et la responsabilité de participer à la société, en recherchant ensemble le bien commun et le bien-être de tous, en particulier des plus humbles et des plus démunis.

Dans Jesus and the Disinherited, le Révérend Dr Howard Thurman, qui était le conseiller spirituel du Révérend Dr Martin Luther King Jr., déclare : « Nous devons proclamer la vérité que toute vie est une et que nous sommes tous liés les uns aux autres. Par conséquent, il est de notre devoir d’oeuvrer en faveur d’une société dans laquelle le dernier d’entre nous peut trouver refuge et réconfort. Vous devez déposer votre vie sur l’autel du changement social afin que, où que vous soyez, le Royaume de Dieu soit à portée de main ».

Unité des chrétiens

Jésus raconte la parabole de la veuve et du juge sans justice afin d’enseigner au peuple « la nécessité pour eux de prier constamment et de ne pas se décourager » (Lc 18, 1). Jésus a vaincu de manière décisive l’injustice, le péché et la division, et notre tâche, en tant que chrétiens, est d’accueillir cette victoire d’abord dans nos coeurs à travers la prière et ensuite dans nos vies par l’action. Puissions-nous ne jamais perdre courage et continuer à demander à Dieu dans la prière le don de l’unité et manifester cette unité dans nos vies.

Défi

En tant que peuple de Dieu, comment nos Églises sont-elles appelées à s’engager en faveur d’une justice qui nous unisse dans nos actions pour aimer et servir l’ensemble de la famille de Dieu ?

Prière

Seigneur Dieu, toi qui es Créateur et Sauveur de toutes choses,
apprends-nous à regarder en nous pour nous enraciner dans ton Esprit d’amour,
afin que nous puissions nous ouvrir aux autres avec sagesse et courage
en choisissant toujours la voie de l’amour et de la justice.
Nous t’en prions au nom de ton Fils, Jésus Christ, dans l’unité du Saint-Esprit. Amen.