Contexte
Chaque année, durant toute une semaine, le Conseil œcuménique des Églises (COE) propose des ressources éducatives, des prières et des actions à mettre en œuvre, dans le but de rappeler la lutte constante pour la justice en Terre Sainte et pour les populations qui y vivent. Aujourd’hui, après l’adoption par le Comité exécutif du COE d’une nouvelle stratégie de défense de la cause de la Palestine, le Groupe consultatif du Bureau de liaison du COE à Jérusalem a préparé l’édition 2026 de la Semaine mondiale pour la paix en Palestine et Israël avec le concours de ses proches partenaires locaux et internationaux. Cette semaine spéciale a été conçue en même temps qu’une autre campagne prévue chaque année au mois de mai pour commémorer la Nakba.
Dans sa résolution intitulée «Campagne annuelle autour du 15 mai (commémoration de la Nakba)», le Comité exécutif du COE a demandé de «recentrer la Semaine mondiale pour la paix en Palestine et Israël» et de «mettre en place une campagne mondiale de plaidoyer qui se déroulera tous les ans autour du 15 mai, sous l’égide du Forum œcuménique Palestine, qui veillera à la coordination des messages et à une large participation des Églises membres, et qui mettra l’accent sur la libération de l’oppression et sur l’autodétermination palestinienne».
Semaine mondiale pour la paix en Palestine et Israël 2026
Les enfants seront le thème principal: les enfants qui ont disparu au cours de la guerre, qui ont perdu leurs parents, qui sont traumatisé-e-s ou qui vivent dans la peur. Des enfants qui sont aimé-e-s de Dieu et qui sont les plus vulnérables lors des conflits.
Le dernier rapport de la Commission internationale indépendante de l’ONU chargée d’enquêter sur place[i] conclut que «l’essence même de l’enfance a été détruite», étant donné qu’«Israël prend délibérément pour cible les enfants palestinien-ne-s dans les territoires occupés». Un état de fait qui ne peut que provoquer la réflexion du COE.
Le groupe chargé d’élaborer la Semaine mondiale pour la paix en Palestine et Israël 2026 a décidé que l’édition de cette année parlerait des enfants, du rapport de l’ONU et de la théologie de la protection de l’enfance. En parallèle, elle abordera la situation à Gaza aujourd’hui – Gaza où les enfants sont totalement négligé-e-s après les promesses de cessez-le-feu et de reconstruction. Il sera également question de la destruction et de la séparation des familles des suites de la guerre, ainsi que des familles palestiniennes obligées de quitter leur pays pour chercher de meilleures conditions de vie ailleurs.
Dans la Bible, nous avons choisi le verset 3 du psaume 127 (dans la version de la NFC) pour illustrer la volonté de Dieu:
Des enfants, voilà le véritable héritage.
La Semaine mondiale pour la paix en Palestine et Israël 2026 visera à rappeler au monde entier que les enfants sont des dons de Dieu que nous devons protéger et préserver, parce que le Seigneur nous les a confié-e-s.
D’autres versets bibliques exprimaient également la volonté et l’amour de Dieu. Nous garderons ces enseignements à l’esprit tout au long de la semaine, que ce soit pour l’organisation ou durant les événements eux-mêmes.
Ressources
Le groupe chargé de la planification propose de préparer les éléments suivants en amont à des fins d’éducation, de prière et d’action.
Éduquer:
- Présenter des extraits du rapport de la Commission d’enquête chaque jour de la semaine.
- Utiliser les formats des médias sociaux (en story sur Facebook et Instagram) pour faire connaître les problèmes rencontrés par les enfants.
- Réaliser plusieurs affiches numériques comprenant des photos et du texte, à utiliser tout au long de la semaine, qui reprendront des passages du rapport de la Commission d’enquête.
Par exemple:
- Les dégâts physiques et psychologiques provoqués par les forces de sécurité israéliennes depuis le 7 octobre 2023, qui ont entraîné la mort d’au moins 20 179 enfants, et en ont blessé 44 143 autres.
- Les violences commises par des habitant-e-s des colonies israéliennes sur des enfants palestinien-ne-s en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est.
- Les traitements inhumains et dégradants, dont des violences sexuelles et sexistes, qui sont infligés aux enfants palestinien-ne-s, en particulier lors d’arrestations massives ou durant leur détention.
- Israël prenant pour cible des infrastructures primordiales pour les enfants, telles que des établissements de soins.
- Les conséquences des violences liées à la reproduction sur la santé des nouveaux-nés et sur le bon déroulement des grossesses et des accouchements.
- Les moqueries des soldat-e-s israélien-ne-s et l’instrumentalisation des symboles de l’enfance à Gaza, qui soulèvent des questions éthiques, disciplinaires et juridiques.
- L’engagement des responsabilités et l’application des sanctions par la communauté internationale, dans le but de promouvoir une justice adaptée aux enfants.
Prier:
- Préparer un modèle de célébration œcuménique intégrant une réflexion biblique thématique, pour qu’il puisse être utilisé localement ou à l’échelle mondiale durant la semaine.
Agir:
- Les Églises et paroisses rencontreront leurs commissions parlementaires de défense des droits humains pour les informer de la situation des enfants de Palestine; proposer des mesures pour assurer la protection, la sécurité et le respect de la dignité de ces enfants, et pour répondre également à leurs besoins humanitaires. Des actions de suivi seront nécessaires pour apporter des informations complémentaires, coordonner les parties concernées et s’assurer de l’exécution des mesures. Les Églises organiseront des réunions d’information dans leurs paroisses pour encourager les fidèles à réclamer la protection des enfants de Palestine en écrivant à leurs élu-e-s ou en rédigeant des tribunes libres dans les médias.
- Profiter des rencontres interreligieuses pour discuter des conclusions du rapport de la Commission d’enquête et des moyens de protéger ensemble les enfants de Palestine.
- Demander aux différents partenaires à travers le monde de diffuser la vidéo «Le droit à l’éducation à Jérusalem» sur leurs réseaux sociaux et sur leurs listes de diffusion, et de se servir de cette vidéo lors de leurs séances d’information.
- Au niveau local, l’Arab Educational Institute (AEI) organisera des activités avec les enfants et les jeunes tout au long de la semaine. Il serait judicieux d’organiser, si possible, un flash mob dans des lieux centraux, en ville, à compléter par des affiches défendant les droits des enfants. Les médias locaux et internationaux seront invités au préalable, afin de contribuer à informer l’opinion publique sur la situation des droits des enfants en Palestine.
- Le centre Sabeel et le Bureau de liaison du COE à Jérusalem pourraient également organiser une célébration œcuménique à Jérusalem à laquelle participeront des enfants, comme l’année dernière. Les passages bibliques devront tous parler des enfants, et les enfants participeront à la liturgie. Les médias chrétiens seront invités à couvrir l’événement, et il faudra leur faire parvenir une liste des personnes habilitées à s’exprimer devant la presse au sujet de la liturgie et des besoins des enfants de Palestine en matière de protection.
- Promouvoir le Programme œcuménique d’accompagnement en Palestine et en Israël du COE, le document «Kairos Palestine» et d’autres ressources sur la théologie de la libération, afin de mettre en lumière la vulnérabilité des enfants et des familles et de leur donner l’espoir d’un avenir meilleur. Une équipe composée des organisations participantes préparera des points de discussion et des dossiers d’information, puis les publiera en ligne suffisamment à l’avance pour que les partenaires du monde entier puissent les utiliser et les traduire dans différentes langues.
- Le COE rédigera un article de fond sur les besoins des enfants de Palestine en matière de protection, pour publication sur son site web et sur les réseaux sociaux. Cet article devra mentionner les enfants chrétien-ne-s appartenant à des populations vulnérables, comme à Taybeh, dans le nord de la Cisjordanie, ou à Gaza.
Comme le rappelait Sa Sainteté le pape Léon XIV, soulignant l’urgence de mettre fin aux conflits et de bâtir un monde réconcilié:
«La guerre ne résout pas les problèmes, elle les amplifie et laisse des blessures profondes dans l’histoire des peuples qui mettent des générations à guérir. Aucune victoire armée ne pourra compenser la douleur des mères, la peur des enfants, l’avenir volé.»