Seigneur, je fais appel à toi.
Mon roc, ne sois pas sourd!
Si pour moi tu restes muet,
je ressemblerai aux moribonds.
Écoute ma voix suppliante
quand je crie vers toi,
quand je lève les mains
vers le fond de ton sanctuaire.
Psaume 28,1-2
Le Conseil œcuménique des Églises (COE) est atterré de constater que le Soudan s’enlise dans le chaos et l’inhumanité. La guerre qui a éclaté au Soudan en avril 2023 a déjà provoqué la pire crise humanitaire au monde. La population civile subit de plein fouet la brutalité exceptionnelle des hostilités qui opposent depuis deux ans et demi les Forces armées soudaines (FAS) et les milices des Forces de soutien rapide (FSR).
Selon les Nations Unies, près de 9 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur de leur pays, ce qui représente la plus importante crise de déplacement intérieur au monde. En outre, plus de 3 millions de Soudanais et de Soudanaises se sont réfugié-e-s dans les pays voisins. Près des deux tiers de la population totale, dont 16 millions d’enfants, ont cruellement besoin d’aide humanitaire. L’insécurité alimentaire aiguë a atteint des niveaux record; des conditions de famine sont confirmées dans plusieurs régions du pays, et des millions de personnes pourraient mourir de faim. Enfin, des épidémies sévissent en même temps, aggravant encore la situation.
Plus récemment, les massacres qui auraient été perpétrés à El-Fasher, capitale de la région du Darfour du Nord, après sa prise par les FSR, ont ajouté des horreurs indicibles à une situation humanitaire déjà catastrophique. Les FSR se sont emparées de la ville après un siège de 500 jours, forçant des dizaines de milliers de personnes à fuir à pied, alors même que l’on rapporte des cas d’exécutions massives, de viols et de famine. Entre autres atrocités, près de 500 patient-e-s, ainsi que les personnes qui les accompagnaient, auraient été abattu-e-s à la Maternité saoudienne, l’un des nombreux établissements de santé pris pour cible lors des combats.
Réuni à Hangzhou (Chine), du 20 au 25 novembre 2025, le Comité exécutif du COE:
Exprime son horreur et son indignation face aux atrocités perpétrées contre le peuple soudanais, en particulier la population du Darfour, qui souffre déjà tant des hostilités opposant depuis plusieurs années les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide.
Demande qu’aucun effort ne soit épargné pour que les auteurs des crimes atroces commis à El-Fasher et dans le reste du Soudan depuis le début du conflit répondent de leurs actes devant la justice, soutient les initiatives qui seront prises en ce sens, et se félicite à cet égard de la résolution du Conseil des droits de l’homme des Nations unies ordonnant à la mission internationale indépendante d’établissement des faits pour le Soudan de mener une enquête d’urgence, ainsi que des initiatives prises dans ce domaine par l’Union africaine et d’autres acteurs.
Appelle tous les acteurs extérieurs qui financent ou fournissent des armes aux combattant-e-s de cette guerre à retirer immédiatement leur soutien, qui constitue une complicité dans les crimes actuellement commis.
Exhorte plutôt tous les membres responsables de la communauté internationale ayant une influence sur les camps opposés dans cette guerre brutale et destructrice à user de celle-ci pour faire cesser les combats sans délai et mettre fin à la guerre, et pour garantir l’accès des secours et répondre de manière appropriée aux besoins humanitaires des populations touchées.
Accueille avec prudence les rapports récents selon lesquels les FSR auraient accepté une proposition de cessez-le-feu humanitaire conduite par les États-Unis, proposition visant à remédier aux conséquences humanitaires catastrophiques de la guerre et à renforcer la protection de la population civile, mais appelle à exercer des pressions constantes pour qu’un tel cessez-le-feu soit mis en œuvre de toute urgence et qu’aucune impunité ne soit tolérée pour les auteurs de crimes atroces.
Appelle toutes les Églises membres à intensifier leurs prières pour la paix et, avec leurs partenaires interreligieux, à redoubler de solidarité avec toutes les personnes qui souffrent au Soudan.
S’engage à accompagner les Églises et les communautés chrétiennes du Soudan dans cette situation de crise.
Propose que le secrétaire général du COE nomme un-e envoyé-e spécial-e pour la paix au Soudan.