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Message au Forum chrétien mondial Rassemblement mondial 23-28 avril 2018, Bogotá, Colombie

Le secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises (COE), le pasteur Olav Fykse Tveit, a déclaré aux participants du troisième rassemblement mondial du Forum chrétien mondial (FCM) à Bogota, en Colombie, que le FCM joue un rôle admirable dans le renouvellement de la confiance entre les participants et dans l’ouverture de nouvelles voies de coopération.

24 avril 2018

Que l’amour fraternel demeure (He 13,1).

 

1. L’amour fraternel

«Que l’amour fraternel demeure.» Le thème de notre rassemblement montre le cœur spirituel du Forum chrétien mondial. L’amour fraternel est la motivation, l’attitude partagée et la pratique des participants et participantes au Forum. Le respect et notre reconnaissance réciproque en tant que sœurs et frères en Christ sont le fondement de notre communauté et nous soutiennent sur notre chemin, lequel trouve à la fois son origine et son but dans l’amour du Dieu trinitaire. L’amour fraternel découle du fait que nous sommes tous et toutes créés à l’image de Dieu; nous sommes appelés et envoyés par Jésus Christ; et nous sommes habilités par le Saint Esprit à participer à la mission de Dieu.

«Que l’amour fraternel demeure.» Ce thème nous accompagnera lorsque nous rentrerons dans nos communautés et nos lieux de travail en disciples du Christ. L’amour fraternel doit imprégner notre comportement et nos attitudes tandis que nous poursuivons notre chemin ensemble dans des directions différentes.

Le chapitre 13 de l’épître aux Hébreux associe tout de suite l’amour que l’on porte à nos frères et sœurs (philadelphia, en grec) à l’amour des étrangers et à l’hospitalité (philoxenia, en grec): «N’oubliez pas l’hospitalité, car, grâce à elle, certains, sans le savoir, ont accueilli des anges» (He 13,2). L’amour fraternel ne doit pas être réservé à ma communauté, à ma tradition religieuse ou à ma nation. Il découle de l’amour de Dieu pour ce monde, comme les fleuves d’eau vive dans la belle image de la nouvelle création donnée à Jean dans le Livre de l’Apocalypse. Le lien d’amour qui nous unit en tant que disciples du Christ dans un même corps a pour horizon l’unité de la famille humaine et de la création de Dieu.

Jésus dit dans le chapitre 17 de l’Évangile selon Jean: «comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu’ils soient en nous eux aussi, afin que le monde croie que tu m’as envoyé» et «qu’ainsi le monde puisse connaître que c’est toi qui m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé». Nous trahissons l’amour de Dieu et le don de l’unité en Christ si nous continuons à témoigner et agir séparément au lieu de marcher, prier et œuvrer ensemble en pèlerins. Nous trahissons l’amour de Dieu et le don de l’unité en Christ si notre témoignage et notre mission demeurent insensibles aux souffrances des personnes pauvres et marginalisées qui nous entourent, et sourds aux cris silencieux de la création.

Je vais à présent développer cette louange de l’amour fraternel selon trois dimensions:

  • Faisons mémoire des premières démarches pour la création du Forum chrétien mondial et de la vision qui lui a donné naissance.
  • Rappelons-nous que l’unité en Christ signifie participer à la mission de Dieu pour réconcilier et guérir le monde.
  • Regardons autour de nous et souvenons-nous de la pertinence d’un témoignage commun des chrétiennes et des chrétiens pour la réconciliation et la paix ici en Colombie.

 

2. Vingtième anniversaire des premières démarches pour la création du Forum chrétien mondial

L’année 2018 est une année d’anniversaires pour le Conseil œcuménique des Églises. Nous célébrons les 70 ans de la fondation du COE à Amsterdam. Nous fêtons le 50ᵉ anniversaire de l’Assemblée d’Upsal en 1968. Cette Assemblée a répondu en particulier aux appels des Églises membres du COE dans les pays du Sud, qui voulaient lutter plus activement contre la pauvreté, la marginalisation, le racisme et les autres formes de violence. Prendre position dans les divisions et les conflits de ce monde a coûté cher à la communauté fraternelle d’Églises du COE. Le Conseil a été vivement critiqué. Mais, dans le même temps, la communauté fraternelle a progressé collectivement vers un engagement plus authentique au service de la justice, de la réconciliation et de la paix. Et nous faisons aussi mémoire de la Décennie œcuménique des Églises solidaires des femmes, qui a été lancée il y a 35 ans à l’Assemblée de Vancouver en 1983 et qui a culminé il y a 20 ans, en 1998, à l’Assemblée de Harare. Les Églises ont été mises au défi de montrer ce que signifiait être des communautés ouvertes à tous et justes pour les femmes et pour les hommes.

C’est également en août 1998, avant l’Assemblée de Harare, qu’un groupe de 28 hommes et femmes engagés et visionnaires se sont réunis à l’Institut œcuménique du Château de Bossey, près de Genève, pour élaborer un projet de «forum d’Églises chrétiennes et d’organisations œcuméniques». Ces personnes représentaient le COE, des communions chrétiennes mondiales, des organisations œcuméniques régionales, des conseils nationaux d’Églises, des organisations œcuméniques internationales et des Églises sans relation avec des structures œcuméniques, issues des traditions évangéliques, pentecôtistes et charismatiques. Elles ont pris conscience que la communion en Christ transcendait l’appartenance à une communauté fraternelle d’Églises comme le COE.

Elles ont pris des mesures pour créer un nouvel espace de rencontre et de dialogue. Leur intention était d’élargir le cercle pour dépasser les structures existantes, et non de créer un nouveau mouvement. La base constitutionnelle du COE devait devenir le fondement commun de la participation au forum envisagé. Ainsi a-t-il été déclaré que «la participation sera[it] fondée sur la confession du Seigneur Jésus Christ comme Dieu et Sauveur selon les Écritures et sur la volonté de répondre ensemble à une commune vocation pour la gloire du seul Dieu, Père, Fils et Saint Esprit».

Le groupe a présenté sa vision sous forme de buts et d’objectifs. Il a annoncé:

Le forum projeté est possible grâce à l’unité qui est déjà accordée en Christ. Il est rendu nécessaire par notre foi commune en un Dieu réconciliateur dont l’Église se sait appelée à devenir le peuple de Dieu réconcilié et réconciliateur.

[…] Le forum ne s’exprimera pas au nom des instances participantes, mais leur fournira un moyen, transcendant les limitations des cadres existants, pour concevoir de nouvelles réflexions, imaginer de nouveaux rêves et entr’apercevoir de nouvelles visions.

Cherchant à s’ouvrir aux charismes que l’Esprit accorde au peuple chrétien, le forum aura pour style l’ouverture d’esprit, l’attente et un socle minimal de règles et structures. Par conséquent, il est posé pour condition de participation (et non d’adhésion) la volonté d’accepter les autres participants comme des partenaires légitimes dans le dialogue, le but de celui-ci étant d’affermir l’obéissance de toutes et tous au Christ.

Les rassemblements ponctuels du forum seront des occasions de culte, d’examen des sujets de préoccupation communs aux chrétiens et de développement d’une compréhension réciproque renforcée. Ils ne viseront pas à prendre des décisions, lancer des programmes ou produire des documents. Cependant, ils pourront donner lieu à de nouvelles formes de coopération.

Je cite cette proposition parce qu’elle contenait déjà tous les éléments qui seront exprimés par la suite, en insistant davantage sur la mission, dans la Déclaration d’orientation du Forum. Cette dernière a été présentée avec les réserves d’usage à l’Assemblée du COE à Porto Alegre en 2006, puis adoptée lors du premier rassemblement mondial du FCM à Limuru, au Kenya, en 2007.

Le FCM a obtenu des succès remarquables, instaurant la confiance entre les participants et participantes et ouvrant la voie à de nouvelles formes de coopération. Cela a pu être constaté par un public venu du monde entier lors des salutations échangées avec les délégations de l’Assemblée du COE à Busan en 2013. Aucun événement jusqu’alors n’avait encore réuni autant de personnalités chrétiennes différentes. Les effets du Forum se sont également fait sentir dans l’amélioration notable et l’intensification des relations et de la coopération entre des partenaires dont les relations avaient été limitées ou difficiles auparavant. La nécessité d’aborder des difficultés partagées et de répondre à notre vocation commune de témoignage et de service a été résolument affirmée. L’un des résultats les plus positifs de la participation élargie qu’encourage le Forum est le document «Le témoignage chrétien dans un monde multireligieux», qui a conjointement été rendu public par les instances dirigeantes de l’Église catholique romaine, du COE et de l’Alliance évangélique mondiale.

En cheminant ensemble, nous avons également rencontré certaines difficultés, en particulier dans la compréhension des tâches du Forum et dans les limites de ces tâches. Des représentants du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, de l’Alliance évangélique mondiale, de la Communauté pentecôtiste mondiale et du COE se sont réunis l’an dernier à Bossey pour dresser le bilan du chemin parcouru ensemble ces 20 dernières années. Ils ont réaffirmé le caractère d’espace partagé du Forum, où des hommes et des femmes se réunissent dans le but de nouer des relations, d’aborder des sujets d’intérêt commun et de favoriser l’amélioration des relations entre les partenaires concernés. Il serait totalement erroné de voir dans le Forum une organisation ou un groupe ayant pour mission de suivre une autre voie œcuménique ou de faire des déclarations au nom des partenaires.

Je suis certain qu’ici, à Bogotá, nous ressentirons encore le magnifique don du Forum chrétien mondial, qui instaure la confiance, renouvelle l’engagement à la coopération et fait vivre le lien d’amour fraternel en Christ grâce à la présence du Saint Esprit.

 

3. Être un en Christ, appelés à un témoignage et à un service commun

Étant un en Christ, nous sommes appelés à un témoignage et à un service commun. Je voudrais rappeler l’expérience des pionniers du mouvement œcuménique.

«Que l’amour fraternel demeure» (He 13,1) fait écho à Romains 15,7, «accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu». Des chrétiennes et chrétiens ont entrepris il y a plus d’un siècle d’appeler les Églises à l’unité dans la foi autrefois transmise aux apôtres et aux saints (Jude 1,3), et ils ont vécu une précieuse expérience spirituelle lorsqu’ils se sont réunis. Ils se sont rendu compte qu’en dépit des divisions passées de leurs Églises, ils se retrouvaient les uns les autres dans une communion réelle, quoique imparfaite, dans et par l’Esprit de Dieu qui donne la vie et la communion (koinonia). Ils ont redécouvert de façon nouvelle que le Christ n’est pas divisé (1 Co 1,13) et, le Christ n’étant pas divisé, qu’il ne peut y avoir qu’un seul corps du Christ, une seule Église une, sainte, catholique et apostolique. Pas deux. Pas plusieurs.

Ces hommes et ces femmes ont commencé à cheminer ensemble, prêts à partager leur propre expérience de la communion dans l’amour du Christ au milieu de la division. Ils ont suivi leur vision, rendant visible le don dont ils faisaient l’expérience en dépassant les frontières confessionnelles et en appelant les chrétiens et leurs communautés à se repentir des divisions persistantes entre eux. Ce fut le commencement du mouvement œcuménique.

Ils auraient pu se satisfaire de l’expérience d’amour fraternel qu’ils vivaient à titre personnel et individuel, mais ils sont allés plus loin. L’amour du Christ les a étreints (2 Co 5,14), les poussant à appeler les Églises à dépasser leur isolement et à aller à la rencontre les unes des autres dans le dialogue, l’intercession mutuelle, l’entraide et la responsabilité mutuelle, comme autant d’expressions de l’amour fraternel.

Dans cet esprit, elles ont commencé à avancer et à accomplir leur vocation commune. Elles sont devenues des pèlerins de la justice et de la paix dans le monde. Le Christ a prié pour l’unité de ses disciples non seulement pour leur salut, mais aussi pour le salut du monde (Jn 17,21). Selon les Écritures, le Christ dans son royaume amènera un monde brisé et fragmenté à une juste paix. Si la tête du Corps unique est aussi le premier-né de toute créature (Col 1,15), s’il est celui qui mènera les temps à leur accomplissement (Ep 1,10), il s’ensuit que la quête de l’unité de l’Église est inséparable de la lutte contre les forces systémiques qui provoquent la pauvreté, le racisme, le sexisme et la marginalisation.

Ce sont en partie ces convictions théologiques fondamentales qui ont abouti il y a 70 ans à la communauté fraternelle d’Églises qu’est le COE. En parallèle, cependant, le christianisme mondial changeait et se développait, en particulier dans les pays du Sud. De nouvelles expressions de la foi chrétienne sont apparues, de nouvelles Églises et communions ont vu le jour, et elles ne partageaient ni la même expérience ni les mêmes convictions. Pendant le processus qui a abouti à la création du Forum chrétien mondial, il nous a été rappelé que la communion en Christ ne se limitait pas aux personnes engagées dans la communauté fraternelle d’Églises du COE.

Ayant tout cela à l’esprit, nous prenons conscience que la vocation du Forum est de célébrer la bénédiction d’être réunis en Christ par l’Esprit de façon à pouvoir nous embrasser et embrasser les communautés et Églises auxquelles nous appartenons, quels que soient nos points de vue sur les Églises des autres et sur l’unité visible de l’Église. Nous chérissons le don de l’amour fraternel; nous rejetons le prosélytisme; nous nous abstenons de nous condamner mutuellement; nous accueillons avec bienveillance l’entraide et les mises en garde, parce que nous ne nous appartenons pas: nous appartenons au Christ et, appartenant au Christ, nous appartenons les uns aux autres. La vocation du Forum est d’aider des personnes issues de traditions chrétiennes très différentes sur le plan culturel et confessionnel à discerner l’urgence de manifester l’unité en Christ et l’unité fondamentale de l’humanité dans un monde où se dressent de plus en plus de murs de séparation.

4. Prier et œuvrer au service de la réconciliation et de la paix en Colombie

Si l’amour fraternel est le cœur spirituel du FCM, l’unité en Christ et l’appel à témoigner et à servir ensemble dans le monde forment le socle de nos convictions communes. Puisque nous nous réunissons à Bogotá, je voudrais étudier ce que cela signifie concrètement dans le contexte colombien.

Nous espérons et nous prions pour que le processus de paix en Colombie se poursuive et aboutisse à une paix juste pour la population de ce pays, qui souffre de la violence et de la guerre depuis plus de 60 ans. La Colombie est un pays prioritaire pour le COE en Amérique latine, et nous y travaillons en étroite collaboration avec notre Église membre, l’Église presbytérienne de Colombie, et avec nos partenaires locaux, Justapaz de l’Église mennonite et la plateforme œcuménique DiPaz, le Dialogue inter-ecclésial pour la paix.

Nous avons récemment organisé en concertation avec eux quatre visites d’équipes de pèlerinage dans différentes régions du pays, pour écouter comment les gens, les communautés, les responsables ecclésiastiques et les élus vivent la situation actuelle. Ces visites ont montré que nous nous trouvons à un stade vraiment décisif du processus de paix en Colombie. Nous avons également organisé une réunion de notre Groupe de référence pour le Pèlerinage de justice et de paix à Bogotá et une session de la Commission du COE pour les affaires internationales à Carthagène des Indes, en présence du président colombien, S.E. Juan Manuel Santos.

Si l’accord de paix a été signé par les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) au terme de six années de négociations à Cuba, les négociations avec l’ELN n’ont pas encore abouti et d’autres groupes de guérilla de moindre envergure n’ont pas été contactés directement. Par ailleurs, les responsabilités des groupes paramilitaires n’ont pas été validées correctement. Selon différents rapports, la violence règne encore dans de nombreuses régions où l’on continue d’assassiner des personnalités locales. Les personnes déplacées qui veulent rentrer chez elles sont menacées et agressées. Le contexte actuel de l’après-accord de paix en Colombie repose sur une seule Commission pour la vérité qui doit examiner les causes profondes de situations de violence complexes. Mais d’autres points de l’accord de paix n’ont été que partiellement mis en œuvre, et le gouvernement ne tient pas toutes ses promesses.

Il faut faire preuve de solidarité, sachant qu’il est nécessaire d’apporter de l’espérance aux personnes en difficulté. L’Église presbytérienne et l’Église mennonite soutiennent le processus de paix, car un grand nombre de leurs membres et de leurs paroisses ont souffert, en particulier à la campagne et dans les endroits où des communautés entières ont été victimes de la guerre. Dans ces communautés, la population a été déplacée et persécutée. Des familles et des pasteurs ont été dépassés lorsque le conflit était entre les mains de différents acteurs. La guerre s’est poursuivie sans faire de discrimination entre la population civile et les groupes armés. Ces communautés aspirent à la paix et à la réalisation de la prophétie de Michée: Dieu «sera juge entre des peuples nombreux, l’arbitre de nations puissantes, même au loin. Martelant leurs épées, ils en feront des socs, et de leurs lances, ils feront des serpes. On ne brandira plus l’épée, nation contre nation. On n’apprendra plus à se battre. Ils demeureront chacun sous sa vigne et son figuier, et personne pour les troubler. Car la bouche du Seigneur de l’univers a parlé» (Mi 4,3-4). Voilà le défi de Michée aujourd’hui en Colombie.

Nous sommes très reconnaissants à DiPaz de réunir de nombreuses Églises et organisations ecclésiales différentes de Colombie, et notamment le responsable œcuménique de la Conférence des évêques catholiques romains de Colombie et le Service pastoral des Assemblées de Dieu. DiPaz compte également des membres internationaux, à l’instar du COE, de l’Alliance ACT et d’autres Églises membres et partenaires du COE. Cette vaste coopération œcuménique est très encourageante. Mais nous devons également prendre acte du fait que, dans les Églises, de nombreuses voix ont refusé l’accord de paix.

Malgré les efforts de DiPaz, une partie de la population porte un regard soupçonneux sur nos Églises qui ne sont pas réconciliées entre elles et se disputent parfois. Nous ne pouvons pas nous contenter d’un œcuménisme poli et de belles relations individuelles au détriment des questions difficiles qui empêchent notre témoignage d’être éloquent. Notre ministère est le ministère de la réconciliation. «Que l’amour fraternel demeure» également lorsque nous abordons les sujets qui nous séparent encore, pour que nous nous rapprochions toujours plus les uns des autres, parce qu’ainsi nous nous approchons toujours plus du Christ parmi nous.

L’apôtre Paul nous le rappelle dans sa deuxième Épître aux Corinthiens, chapitre 5, versets 17 à 21:

Si donc quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Le monde ancien est passé, voici qu’une réalité nouvelle est là. Tout vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par le Christ et nous a confié le ministère de la réconciliation. Car de toute façon, c’était Dieu qui en Christ réconciliait le monde avec lui-même, ne mettant pas leurs fautes au compte des hommes, et mettant en nous la parole de réconciliation. C’est au nom du Christ que nous sommes en ambassade, et par nous, c’est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous en supplions, laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n’avait pas connu le péché, il l’a, pour nous, identifié au péché, afin que, par lui, nous devenions justice de Dieu (2 Co 5,17-21).

Grâces soient rendues à Dieu. Amen.