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Le don d’un calendrier commun : vital pour la mission et le témoignage dans une société laïque

Le colloque tenu à Alep (Syrie) en mars 1997 sous les auspices du COE et du Conseil des Eglises du Moyen-Orient dans le but de progresser vers l'établissement d'une date commune de Pâques constitue sans nul doute un jalon marquant dans les efforts faits pour aplanir les obstacles existants. Jusqu'où les Eglises sont-elles allées sur la voie proposée à Alep ? En 2001, l'équipe « Information » du COE a invité d'éminents représentants des traditions orthodoxe et catholique romaine, ainsi qu'une personnalité protestante, à résumer brièvement leurs réflexions sur une date commune de Pâques. Son Eminence le métropolite Ambrosius d'Oulu parle des expériences d'une Eglise orthodoxe minoritaire dans un pays protestant, la Finlande, où « orthodoxes et luthériens font l'expérience de la résurrection à Pâques qu'ils célèbrent ensemble depuis le début des années 20 ».

09 avril 2001

Le métropolite Ambrosius d’Oulu, Eglise orthodoxe de Finlande

C’est un don précieux que Dieu nous a donné à nous, fidèles des différentes traditions chrétiennes, que de pouvoir célébrer ensemble, au début du troisième millénaire chrétien, la fête de la résurrection de notre Seigneur.

Dans mon pays, orthodoxes et luthériens font l’expérience de la puissance de la résurrection à Pâques que nous célébrons ensemble depuis le début des année 20. A cette époque, le Patriarcat oecuménique de Constantinople nous avait accordé provisoirement à nous, orthodoxes finlandais, la permission de suivre le calendrier grégorien.

C’est un grand bienfait pour notre petite Eglise minoritaire dans un pays protestant. Nous avons pu rendre un témoignage commun au mystère de la Résurrection. Cela nous rend plus forts. Nous avons part à toutes les richesses de notre patrimoine religieux national qui nous offre sur Pâques des perspectives théologiques et spirituelles orientales et occidentales.

La célébration orthodoxe des matines et de la liturgie de Pâques, qui commence à minuit, est diffusée par la radio-télévision nationale. En Finlande, c’est l’émission religieuse la plus populaire de l’année.

On en parle aussi beaucoup dans les autres médias. La presse nationale publie des articles et des interviews de personnalités orthodoxes actives sur la scène culturelle nationale, les interrogeant sur la manière dont elles célèbrent Pâques et sur ce que cela représente pour elles. Les recettes de Pâques, proposées par les ménagères orthodoxes, ont aussi un très grand succès.

Ce ne sont là que quelques modestes exemples de la manière dont la minorité orthodoxe, qui ne représente qu’un pour cent de la population, a réussi à apporter sa pierre à la culture religieuse de la Finlande.

Peut-être mieux que jamais dans notre région du monde, nous avons aussi appris ensemble à comprendre comment les deux fêtes, le Vendredi saint et Pâques, la puissance de la croix qui sauve et donne la vie et la glorieuse résurrection du Christ, ne sauraient être séparées. L’hymne orthodoxe, déjà chanté pendant les vêpres du Vendredi saint, lors de la souffrance et de la mort, rayonne de la lumière de la résurrection : " Nous exaltons tes souffrances ô Christ -- montre-nous aussi ta glorieuse résurrection".

Dans mon pays, nous nous réjouissons d’apprendre qu’aujourd’hui le mouvement oecuménique fait des efforts considérables et prie pour parvenir à un calendrier commun. Nous n’ignorons rien non plus des tensions que cette question suscite entre orthodoxes.

Selon notre expérience, le don d’un calendrier commun est vital pour notre mission et notre témoignage dans une société laïque. Et en tant que culture minoritaire, les orthodoxes ne peuvent pas se permettre de devenir un ghetto religieux. Nous devons jouer notre rôle, vivre notre vocation au sein de la communauté nationale.

Le calendrier commun à tous les chrétiens fait partie intégrante de notre vie quotidienne tout au long de l’année religieuse. Tous les enfants, quelle que soit leur appartenance religieuse, fréquentent les mêmes écoles. Les grandes fêtes chrétiennes sont fériées pour tous les Finlandais. C’est dans la vie de famille qu’on apprécie le mieux la valeur particulière de notre « calendrier finlandais » car la plupart des orthodoxes font des mariages mixtes.

C’est un don de l’Esprit que de voir le plus traditionnel des hymes orthodoxes de la Résurrection chanté à l’unisson par nous et par nos soeurs et frères luthériens depuis qu’il a été récemment ajouté au livre de cantiques finlandais : Christ est ressuscité des morts, par sa mort il a triomphé de la mort, il nous délivre du tombeau pour nous donner la vie.

Le colloque tenu à Alep (Syrie) en mars 1997 sous les auspices du COE et du Conseil des Eglises du Moyen-Orient dans le but de progresser vers l'établissement d'une date commune de Pâques constitue sans nul doute un jalon marquant dans les efforts faits pour aplanir les obstacles existants. Jusqu'où les Eglises sont-elles allées sur la voie proposée à Alep ? En 2001, l'équipe « Information » du COE a invité d'éminents représentants des traditions orthodoxe et catholique romaine, ainsi qu'une personnalité protestante, à résumer brièvement leurs réflexions sur une date commune de Pâques. Son Eminence le métropolite Ambrosius d'Oulu parle des expériences d'une Eglise orthodoxe minoritaire dans un pays protestant, la Finlande, où « orthodoxes et luthériens font l'expérience de la résurrection à Pâques qu'ils célèbrent ensemble depuis le début des années 20 ».