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Evaluation de l'assemblée

06 septembre 2006

Introduction 

Le processus d'évaluation de l'Assemblée a commencé à Porto Alegre. Le Comité directeur a distribué des formulaires d'évaluation dans lesquels on demandait aux participantes et participants de coter les différentes composantes du programme de l'Assemblée. Les réponses données fournissent des statistiques de base sur la satisfaction des participants par rapport à ces composantes. Les résultats de l'évaluation des participants sont présentés dans la suite du présent document. 

De retour à Genève, le secrétaire général a réuni tout le personnel pour une séance d'évaluation, après quoi le Groupe du personnel qui avait été chargé de superviser les préparatifs de l'Assemblée a procédé à sa propre évaluation. 

Chacun des 14 groupes de travail du personnel qui avaient reçu mandat de préparer divers aspects de l'Assemblée a rédigé une évaluation écrite de son travail, structurée autour des points suivants :

  • Bref résumé de la phase de planification
  • Evaluation de la manière dont la ou les tâches ont été mises en oeuvre à l'Assemblée
  • Evaluation de l'impact de ces tâches sur la dynamique générale de l'Assemblée
  • Evaluation de la dynamique de groupe vécue par les personnes travaillant à ces tâches, y compris les membres du personnel et du personnel coopté, les stewards et les bénévoles locaux
  • Suggestions utiles pour les organisateurs et organisatrices de futures manifestations.

Un certain nombre d'Eglises, conseils, agences et participants individuels ont envoyé des évaluations écrites. 

Une évaluation par les Eglises hôtes et leurs partenaires dans toute l'Amérique latine a été menée par le Centro Regional Ecuménico de Asesoría y Servicio (CREAS). 

Une version préliminaire de la présente évaluation a été soumise au Comité exécutif en mai 2006. Les réactions du Comité ont aidé à distinguer des éléments complémentaires et à tirer des conclusions importantes ; les uns et les autres ont été inclus dans l'évaluation. 

Comptes rendus de l'Assemblée

Le site web de l'Assemblée présente les versions adoptées des rapports des comités de l'Assemblée. Une brève revue de l'Assemblée en mots et en images, avec le message de celle-ci, est disponible en anglais. 

Le rapport officiel de l'Assemblée sera publié en novembre 2006. Il comprendra une introduction qui fera le récit de l'Assemblée, ainsi que les principaux discours, rapports de comités et autres documents importants, plus diverses listes. Un CD contenant les procès-verbaux des séances plénières, des matériels complémentaires ainsi que les traductions des principaux discours et rapports de comités en espagnol, français et allemand accompagnera le rapport. 

Les textes communiqués par les rapporteurs des entretiens oecuméniques ont été compilés et sont disponibles sur demande. Les notes sorties des ateliers du Mutirão ont été synthétisées afin de fournir une vue d'ensemble des discussions qui se sont déroulées ; elles peuvent également être obtenues sur demande. 

But de cette évaluation 

L'évaluation de l'Assemblée est importante dans la mesure où elle doit nous permettre de tirer les leçons de notre expérience à Porto Alegre dans le but de renforcer l'engagement des Eglises et leur témoignage de l'unité visible de l'Eglise. L'évaluation devrait être lue à la lumière du but défini et des objectifs convenus par le Comité central (cf. GEN 04, Comité central 2005, Programme de l'Assemblée, Guide pratique de l'Assemblée). 

Les détails concernant ce qui a bien marché, ce qui a moins bien marché, et la manière d'améliorer la qualité de la préparation d'une manifestation à l'avenir sont consignés dans les évaluations écrites mentionnées plus haut. Celles-ci sont à la disposition des personnes intéressées et seront incluses dans les archives de l'Assemblée à l'intention de futurs organisateurs. 

Cette évaluation est conçue comme une tentative de passer en revue les éléments nouveaux introduits pour la Neuvième Assemblée. Elle cherche aussi à évaluer l'Assemblée par rapport à certaines des attentes définies. Elle propose à la réflexion de ses lecteurs un certain nombre de conclusions. Enfin, elle suggère des mesures à considérer lors de la préparation de la Dixième Assemblée du Conseil oecuménique des Eglises. 

Rapports préliminaires 

Selon tous les rapports préliminaires, la Neuvième Assemblée a été un succès, qu'on peut attribuer aux facteurs suivants : 

  • Les Eglises membres et les partenaires du Conseil oecuménique des Eglises sont venus à Porto Alegre déterminés à renforcer leurs relations oecuméniques et à affiner leur vision du mouvement oecuménique au 21e siècle. 

  • Le programme, les affaires administratives et la logistique de l'Assemblée ont été bien planifiés et substantiellement enrichis par le soutien des Eglises hôtes.

L'Assemblée annonce une ère nouvelle de l'histoire oecuménique, marquée par l'attention croissante portée à la force spirituelle de l'oecuménisme par rapport aux préoccupations institutionnelles du mouvement oecuménique. Les constatations suivantes en témoignent :  

  • Les Eglises se sont orientées vers une nouvelle culture de la communauté, du dialogue et du discernement spirituel en tant que cadre dans lequel elles cherchent à rendre visible leur unité en Christ. Le passage à la prise de décisions par consensus s'est déroulé de manière relativement harmonieuse, en nous rappelant l'importance du COE en tant qu'espace privilégié de dialogue. 

  • Les participants sont venus à l'Assemblée en quête de renouveau spirituel pour leur témoignage oecuménique, comme l'a montré la participation nombreuse aux prières du matin et du soir et à l'étude biblique. 

  • L'Assemblée s'est prononcée en faveur de la coopération stratégique entre les partenaires oecuméniques en vue de renforcer la mission, la diaconie et le service.

Eléments nouveaux introduits à la Neuvième Assemblée 

  1. Délégations plus petites

Dans un effort pour garantir une Assemblée d'un coût plus abordable, le Comité central, lors de sa session de 2004, a réduit le nombre total des délégués en invitant 45% des Eglises membres à envoyer seulement un/e délégué/e. 

De ce fait, le nombre de femmes, de jeunes et de laïcs désignés comme délégués est apparu sensiblement inférieur aux attentes. Le « processus des 15% », qui donne au Comité central la possibilité de redresser les déséquilibres, a seulement permis d'arriver à ce que 36% des délégués soient des femmes, 15% des jeunes et 39% des laïcs. 

Malgré les efforts visant à faire en sorte que les responsables de l'Assemblée comprennent 50% de femmes et 25% de jeunes, le prix d'une Assemblée d'un coût plus abordable a été une Assemblée moins représentative. 

Une réflexion soutenue sur les meilleurs moyens de développer au maximum la participation et la représentation est nécessaire, sachant que la force d'une Assemblée repose sur l'éventail le plus large de participation au sein des délégations des Eglises membres et dans la représentation des autres Eglises et du mouvement oecuménique dans son ensemble. 

  1. Nouvelles catégories de participants

Deux nouvelles catégories de participants ont été introduites pour la Neuvième Assemblée : les « conseillers de délégation » et les « représentants délégués » des partenaires spécialisés. 

Les Eglises membres ont été invitées à envoyer un conseiller chargé d'accompagner leur délégation. Les 75 personnes qui ont assisté à l'Assemblée en tant que conseillers de délégation avaient le droit de parole et siégeaient avec leur Eglise. Beaucoup de ces conseillers occupent dans leur Eglise la fonction de « responsable des affaires oecuméniques ». Les Eglises qui ont envoyé des conseillers se sont montrées reconnaissantes de cette possibilité qui leur a permis de renforcer leur participation et, dans certains cas, de surmonter le sentiment que leur délégation avait été « réduite ». Malheureusement, seules les Eglises qui étaient en mesure de prendre en charge les frais de voyage, de logement et de pension de leur conseiller ont pu répondre favorablement à cette invitation. 

A la suite des modifications apportées au Règlement du COE, les partenaires spécialisés ayant des relations établies avec le Conseil oecuménique ont été invités à envoyer des « représentants délégués ». Bien que la catégorie des représentants délégués ne soit pas nouvelle, c'était la première fois que les représentants des partenaires spécialisés étaient invités à assister à une Assemblée avec droit de parole. Les partenaires spécialisés qui ont répondu favorablement à l'invitation se sont montrés reconnaissants de l'occasion qui leur était donnée de participer à l'Assemblée aux côtés de conseils et d'agences oecuméniques ayant les mêmes intérêts qu'eux. 

  1. Prise de décisions par consensus

Le passage à la prise de décisions par consensus est le résultat d'une décision politique majeure du Comité central visant à renforcer le dialogue et la prise de décisions au niveau oecuménique. La transition s'est déroulée de manière relativement harmonieuse si l'on considère que c'était seulement la seconde grande expérience du Conseil avec ce modèle. La présence de mentors qualifiés, les différents niveaux d'orientation et de formation des participants ainsi que la réunion des responsables des comités avant l'Assemblée, tous ces éléments ont considérablement aidé l'Assemblée à prendre les décisions qui lui incombaient. 

L'Assemblée a mis en évidence la nécessité d'approfondir la réflexion sur la manière de réaliser la dynamique la plus positive combinant la présentation, la discussion et la prise de décisions. On notera à ce propos trois points fondamentaux propres à renforcer la culture du consensus : 

  • Les grandes questions devraient être présentées en reconnaissant non seulement la diversité des voix, mais aussi l'éventail des opinions ou des positions défendues par les membres de la communauté fraternelle. 

  • La présentation des grandes questions lors des séances plénières devrait toujours réserver une occasion de réaction immédiate de l'assistance. 

  • Les occasions de dialogue sur les grandes questions et les attentes formulées à l'égard de la capacité du dialogue à guider le processus de prise de décisions devraient être aussi claires et simples que possible. 

  1. Le dialogue en tant que méthodologie

L'idée des « entretiens oecuméniques », qui constituaient une nouveauté à l'Assemblée, était d'engager les délégués et autres participants centraux à dialoguer sur les questions critiques. Un élément fondamental de la méthodologie était l'absence de pression exercée en vue de produire un rapport ou de se mettre formellement d'accord sur des recommandations. Dans la plupart des entretiens dont les responsables étaient bien préparés, l'expérience s'est révélée libératrice et le dialogue productif. De même, l'invitation lancée par le Comité central à tous les participants de moins de 30 ans à se joindre aux entretiens quelle que soit leur catégorie de participation à l'Assemblée a contribué à la formation oecuménique de tous les participants aux entretiens. 

Le processus imaginé pour garantir que les entretiens seraient « entendus » par les comités de l'Assemblée s'est révélé difficile à gérer, étant donné la charge de travail considérable des comités et le nombre des entretiens. 

Les entretiens auraient pu être moins nombreux. Certains ont critiqué le chevauchement entre certains entretiens, ainsi que le caractère spécifique d'autres. On a fait remarquer aussi que le lien entre les plénières thématiques et les entretiens oecuméniques aurait pu être plus précis, de manière à renforcer le processus de prise de décisions. 

  1. Le Mutirão et l'intégration plus active des partenaires et des réseaux

A chaque Assemblée, il importe de réaliser un équilibre dynamique entre les affaires administratives centrales soumises aux délégués, représentants et conseillers d'une part, et le témoignage du contexte oecuménique global de l'autre. Le Mutirão a été mis en place afin d'aider à réaliser cet équilibre. 

A bien des égards, la diversité des contributions du Mutirão et l'esprit des participants ont créé un environnement positif et concret qui a aidé les délégués à atteindre leurs objectifs. Différentes raisons expliquent cela : 

  • Le Mutirão répondait au souci de s'éloigner de la tradition du « programme des visiteurs », en reconnaissant les limites qu'implique le fait d'être un « visiteur » plutôt qu'un participant encouragé à enrichir le travail de l'Assemblée.  

  • Le Mutirão cherchait à tirer la leçon de l'expérience du Padare à l'Assemblée de Harare en établissant un cadre maîtrisable, en intégrant les contributions dans la vie quotidienne de l'Assemblée et en limitant le nombre total des contributions afin d'assurer la plus grande participation. 

  • Le programme n'a pas été seulement préparé, mais développé en étroite collaboration avec les réseaux et partenaires oecuméniques au Brésil, en Amérique latine et dans le monde - dans un partenariat sur pied d'égalité. 

  • Etant donné qu'il y avait plus de propositions qu'on ne pouvait en accepter, beaucoup d'ateliers n'ont pu être admis que si leurs promoteurs étaient d'accord de coopérer avec d'autres qui proposaient des contributions semblables - ainsi, le partenariat entre de nombreux participants au Mutirão a commencé avant l'Assemblée.

La question de savoir comment renforcer la dynamique entre le Mutirão et l'Assemblée est l'un des défis lancés à des programmes similaires à l'avenir. On a suggéré de mettre en place une séance plénière sur le thème « Du Mutirão à l'Assemblée ». Un autre défi pour l'avenir serait de chercher à engager plus directement les Eglises membres à apporter leur contribution à l'environnement créé par un Mutirão. 

Principales attentes 

  1. Une Assemblée qui prie

Le rapport de la Commission spéciale sur la participation des orthodoxes au COE a marqué d'une empreinte significative le développement de la vie de prière de la Neuvième Assemblée. S'appuyant sur la sagesse du rapport et centrant sa réflexion sur le thème de l'Assemblée, le Comité des cultes de l'Assemblée s'est efforcé de préparer un rassemblement profondément enraciné dans la prière. 

L'équilibre entre la prière interconfessionnelle, les liturgies confessionnelles et l'invitation ouverte appelant les communions et les Eglises à accueillir des services ont renforcé sensiblement l'esprit de l'Assemblée. La riche vie de prière associée au sentiment de communauté suscité par l'étude biblique quotidienne et le partage au sein des groupes foyers ont constitué, pour la majorité des participants, la partie la plus enrichissante de l'Assemblée. 

Porto Alegre a été une Assemblée de prière. L'élément déterminant qui a permis cela a été le fait que l'Assemblée se fonde sur un thème qui est en soi une prière : « Transforme le monde, Dieu, dans ta grâce ». L'expérience de Porto Alegre indique la nécessité d'une réflexion permanente sur les paradoxes suivants : 

  • La distinction nette entre prière confessionnelle et prière interconfessionnelle est souvent contestée par le propre engagement confessionnel de certaines Eglises qui se réclament d'une vision interconfessionnelle. 

  • De même, l'idée que le mieux est que les services eucharistiques, lors de rassemblements oecuméniques, soient accueillis par des « familles confessionnelles » est mise en question par les accords d'hospitalité qui existent déjà entre certaines confessions.  

  1. Une Assemblée qui écoute

Comme nous l'avons mentionné, la mise en place de la prise de décisions par consensus s'est déroulée de manière plutôt harmonieuse. Le succès relatif de cette évolution est fondamental pour évaluer Porto Alegre en tant qu'Assemblée qui écoute. 

Le Comité central a conduit activement la préparation du passage au consensus. Son action a été renforcée par de nouveaux éléments de préparation, parmi lesquels la formation des responsables, l'orientation générale et la documentation de l'Assemblée avec l'aide de mentors et de secrétaires qualifiés en matière de consensus. Ce nouveau mécanisme impliquait aussi l'usage de méthodologies nouvelles telles que les entretiens oecuméniques et le rôle des membres des comités de l'Assemblée en tant qu'« auditeurs ». 

Bien que l'Assemblée ait consacré une grande partie de son temps à la discussion, un certain mécontentement s'est manifesté de manière générale à l'égard de la répartition du temps accordé aux délégués pour parler, c'est-à-dire pour se faire entendre. 

C'est par rapport aux plénières thématiques que ce mécontentement s'est manifesté le plus fortement. Bien que le Comité de planification de l'Assemblée ait prévu que ces plénières n'offriraient pas d'occasions de réponse de l'assistance, les réactions des délégués montrent que ce fut une erreur. 

L'expérience de Porto Alegre fait apparaître qu'un espace d'écoute doit être réservé dans tous les aspects de la vie de l'Assemblée. 

  1. Une Assemblée de jeunes

Lors de sa session de 2005, le Comité central s'était fixé pour objectif de faire de cette Assemblée la plus jeune de l'histoire du COE. Plus de 700 jeunes ont assisté à l'Assemblée. Les jeunes délégués et conseillers qui ont pris la parole devant l'Assemblée lors de chaque plénière thématique représentaient 25% des responsables de l'Assemblée et des membres des comités. Trois jeunes délégués siégeaient au Comité directeur. Le programme des stewards, le camp de jeunes, le Mutirão et l'invitation à participer aux entretiens oecuméniques visaient tous à renforcer la participation des jeunes. Pour beaucoup de jeunes, l'Assemblée a été une expérience transformatrice. 

Malgré cela, beaucoup de jeunes ont exprimé leur frustration en constatant à quel point le rôle dirigeant des jeunes est mal intégré dans la vie des Eglises et du mouvement oecuménique. Si quelques jeunes ont eu le sentiment qu'ils pouvaient participer et se faire entendre à l'Assemblée, d'autres ont vécu des confrontations hostiles dans lesquelles ils se sont sentis dépréciés et réduits au silence en raison de leur jeunesse. 

Le fait qu'ils espéraient que l'Assemblée de Porto Alegre serait une « Assemblée de jeunes » a suscité chez les jeunes une hypersensibilité à l'égard de leur rôle dans les Eglises et le mouvement oecuménique. Simultanément, le concept d'« Assemblée de jeunes » a sensibilisé certains responsables d'Eglises - dont quelques-uns ont exprimé leur inquiétude face à l'idée de partager le pouvoir avec les jeunes adultes.  

La divergence entre ces attentes a été exacerbée par le fait que, de manière générale, les Eglises membres n'ont pas donné un degré de priorité élevé aux personnes âgées de moins de 30 ans lorsqu'elles ont désigné leurs délégations ; en conséquence, le Comité des désignations n'a pas toujours eu la possibilité de proposer pour élection au Comité central des jeunes délégués ayant l'appui des Eglises de leur région. 

L'Assemblée a fait apparaître l'un des « clivages » des relations oecuméniques. Les jeunes présents à l'Assemblée ont dépassé la simple préoccupation d'une représentation juste du point de vue du nombre pour mettre en question les dysfonctionnements qui se produisent fréquemment dans les relations entre générations dans la vie ecclésiastique et oecuménique.  

Consciente de cette frustration, l'Assemblée a demandé au Comité central de désigner un organe permanent représentant les jeunes, qui travaillerait avec le Conseil pour renforcer la présence des jeunes dans tous les programmes du COE et leur participation à la vie de l'Eglise. La nécessité de créer des occasions valables pour les jeunes adultes et d'édifier des relations saines et enrichissantes entre les générations est l'un des défis qui se dégagent de l'Assemblée de Porto Alegre. 

  1. Une Assemblée latino-américaine

Cette Assemblée était la première tenue en Amérique latine. Dans ce contexte, on attendait beaucoup, tant de la région que de la communauté. Dès le début, la région a été profondément intégrée dans le processus de planification de l'Assemblée et du Mutirão. Les Eglises hôtes se sont efforcées de communiquer un message d'espérance et de célébration en référence à leur vie et à leur ministère. L'Assemblée a contribué à revitaliser l'oecuménisme en Amérique latine.  

Lors de chaque plénière thématique, des orateurs de la région ont aidé l'Assemblée à comprendre les réalités socio-économiques, ecclésiales et oecuméniques du contexte. Les manifestations en plénière et les événements culturels organisés par les Eglises hôtes ont été bien accueillis par l'Assemblée et, pour beaucoup, les visites aux paroisses locales ont été des événements marquants. La déclaration sur l'Amérique latine met en lumière certains des principaux succès et défis de la région.  

Si la participation de l'Eglise catholique romaine a été forte, celle des Eglises pentecôtistes n'a pas répondu aux attentes des Eglises de la région. Par ailleurs, certains participants de la région ont estimé que l'Assemblée ne s'était pas suffisamment intéressée à la pauvreté et à la dette extérieure.  

La difficulté la plus difficile à surmonter pour faire de l'Assemblée une Assemblée latino-américaine a été la barrière linguistique qui se dressait entre une Assemblée communiquant principalement en anglais et un environnement d'accueil hispanophone et lusophone. Malgré cet obstacle, ce qui a réellement fait de Porto Alegre une Assemblée latino-américaine a été la participation active de plus de 2000 personnes de la région. 

  1. Une Assemblée source de formation oecuménique

Une Assemblée est un moment rare dans la vie du mouvement oecuménique. Elle réunit des milliers de personnes dans la prière et le dialogue durant près de deux semaines. Les occasions de formation oecuménique sont nombreuses. L'Assemblée de Porto Alegre a cherché à tirer le meilleur parti de ce potentiel, en reconnaissant l'événement comme un espace favorisant le partage inspiré par la foi. 

Les changements intervenus dans la méthodologie du dialogue, la variété des contributions du Mutirão, la richesse de la vie spirituelle et la diversité des participants ont été autant de sources de formation oecuménique. Les réunions précédant l'Assemblée, le programme des stewards, le camp de jeunes, le groupe des jeunes oecuménistes, le congrès oecuménique, le café théologique ou la présence du réseau EDAN sont des exemples de la manière dont la formation oecuménique s'est développée. Les discussions dans le cadre de l'étude biblique au sein des groupes foyers ont apporté une contribution essentielle à la formation oecuménique des délégués, des représentants et des observateurs. 

Le fait d'accueillir l'Assemblée a été en soi une expérience de formation oecuménique pour les centaines de membres d'Eglises locales qui ont constitué plus 20 groupes de travail et participé à la vie quotidienne de l'Assemblée. L'Assemblée a rapproché les Eglises locales dans une perspective nouvelle et préparé la voie à des expressions encore plus profondes de l'unité. 

Le défi le plus significatif lancé aux réunions qui se dérouleront à l'avenir est de savoir comment mieux éclairer et stimuler les travaux administratifs de l'Assemblée par l'influence créatrice des expériences de formation oecuménique. 

Pour celles et ceux qui y ont assisté, la Neuvième Assemblée a été un moment très important du pèlerinage de la formation oecuménique qui dure toute la vie. On a exprimé cela très fortement dans ce qu'on a appelé l'« esprit de l'Assemblée » - un sentiment d'enthousiasme, d'engagement et d'espérance qui a imprégné jusqu'au plus petit coin de l'Assemblée.  

Principales conclusions  

  1. Comment la communauté fraternelle des Eglises a-t-elle été vécue à l'Assemblée?

Le sentiment de communauté fraternelle entre les Eglises a été ressenti avec une force particulière dans la vie spirituelle de l'Assemblée. Les participants ont confirmé que le travail d'une Assemblée dépend de son enracinement solide dans la prière commune et l'étude biblique en communauté. 

La communauté fraternelle a aussi été vécue dans le dialogue - peut-être encore plus que ce qu'on attendait. Le dialogue s'est épanoui là où les méthodologies cherchaient à réaliser un partage d'expériences plutôt qu'un partage de points de vue. Le dialogue s'est développé aussi là où l'objectif commun était l'enrichissement mutuel plutôt qu'un rapport commun. 

La communauté fraternelle a fleuri aussi dans les délibérations. Le travail des comités de l'Assemblée était délicat. Il leur appartenait de donner à l'Assemblée la possibilité de s'exprimer. Malgré des pressions considérables, ils ont accompli leur tâche. 

L'expérience des comités à Porto Alegre montre la nécessité de modérer à l'avenir la pression du temps qui pèse sur les réunions, de manière à permettre à la communauté fraternelle de fonctionner plus efficacement. Le travail des comités à Porto Alegre a été renforcé par les conseillers oecuméniques, ce qui démontre que la dynamique de la communauté fraternelle va au delà de la qualité de membre. 

Malgré le désir exprimé par beaucoup d'avoir plus de temps pour débattre les questions en plénière, les membres de l'Assemblée ont fait preuve d'une patience extraordinaire dans leurs délibérations. L'Assemblée a montré aussi une maturité évidente et accueilli avec reconnaissance la méthode du consensus pour la prise de décisions. Le grand nombre d'opinions minoritaires annexées aux rapports adoptés témoigne de la mesure importante dans laquelle les « soupapes de sécurité » prévues par la procédure jouent un rôle dans la cohésion de la communauté fraternelle. 

  1. L'Assemblée a-t-elle approfondi la participation des Eglises et des partenaires oecuméniques ?

A tous égards, l'Assemblée a approfondi la participation des Eglises et des partenaires oecuméniques à la vie du Conseil oecuménique, comme en témoignent l'intérêt significatif manifesté à l'égard de l'Assemblée et l'expression d'un esprit d'engagement et d'inspiration chez les participants. 

Un autre témoignage en est donné par les efforts de nombreuses Eglises pour enregistrer et communiquer l'expérience de leur délégation à celles et ceux qui n'étaient pas à Porto Alegre. Le message de l'Assemblée, en particulier, a été traduit en de nombreuses langues et est utilisé par des paroisses du monde entier. 

Le Mutirão a donné les moyens d'intensifier la participation mutuelle des Eglises et de leurs partenaires. Il a invité le mouvement oecuménique tout entier à participer à la vie de l'Assemblée, et fourni un espace de rencontre aux responsables d'Eglises et à leurs partenaires à l'oeuvre dans le mouvement oecuménique. 

Les rapports de l'Assemblée indiquent très clairement la direction à suivre pour encourager encore plus efficacement la participation des Eglises et des partenaires oecuméniques à la vie du COE. Non seulement les rapports confirment les engagements en cours, mais ils fixent de nouvelles orientations et suscitent des attentes élevées. 

L'Assemblée a confirmé avec détermination les efforts entrepris au cours de la décennie écoulée pour développer une conception et une vision communes de l'oecuménisme au 21e siècle. D'une part, l'engagement fondamental des membres en faveur de l'unité visible de l'Eglise a été stimulé et fortifié. D'autre part, le rôle unique du COE en tant que « gardien » du mouvement oecuménique a été défini plus clairement. 

L'Assemblée a demandé au COE d'en faire moins et de le faire mieux, en définissant la philosophie et la méthodologie qui devront sous-tendre son action. 

Si l'Assemblée a manifestement approfondi la participation des Eglises et des partenaires qui y ont assisté, elle a aussi suscité des attentes élevées. Ce n'est que si les réalisations répondent à ces attentes que le COE pourra assurer une participation véritablement significative de ses Eglises et de ses partenaires oecuméniques. 

  1. La participation d'Eglises non membres à la vie d'une Assemblée pourrait-elle être amplifiée ?

On attendait beaucoup de la participation officielle et non officielle de l'Eglise catholique romaine et des Eglises pentecôtistes non membres du COE, qui représentent ensemble une majorité de chrétiens du monde. Ces attentes étaient d'autant plus grandes que la Neuvième Assemblée se déroulait dans une région en majorité catholique romaine et dans un pays qui compte la plus grande population nationale de chrétiens pentecôtistes. 

La participation officielle de l'Eglise catholique romaine a été forte, comme en témoignent l'équipe d'observateurs délégués envoyée par le Vatican, le message du pape Benoît XVI et l'accueil favorable réservé par l'Assemblée au Huitième rapport du Groupe mixte de travail de l'Eglise catholique romaine et du COE

La participation moins officielle de l'Eglise catholique romaine a été appréciable également ; elle s'est manifestée en particulier dans le partenariat avec l'Université catholique pontificale où se déroulait l'Assemblée, et la collaboration de centaines de responsables et de bénévoles catholiques romains locaux qui ont aidé à préparer et à accueillir l'Assemblée, et ont partagé sa vie. 

La participation officielle des Eglises pentecôtistes non membres du COE a été moins significative qu'on l'espérait, malgré la présence d'un certain nombre de responsables importants d'Amérique latine, d'Amérique du Nord et d'Afrique ; l'Assemblée, pour sa part, a accueilli favorablement le travail du Groupe mixte consultatif COE/pentecôtistes. 

Même si les observateurs délégués des Eglises pentecôtistes présents à l'Assemblée étaient moins nombreux qu'on l'espérait, il y avait plus de chrétiens pentecôtistes présents à la Neuvième Assemblée qu'à toute autre Assemblée dans l'histoire du COE. Cela est dû en premier lieu à la participation active des Eglises pentecôtistes membres du COE au Chili et en Argentine, dans le cadre du Mutirão. 

Indépendamment du caractère officiel ou non officiel de la représentation de l'Eglise catholique romaine et des Eglises pentecôtistes non membres du COE, la structure de la réunion a sensiblement limité la capacité des délégués à l'Assemblée à engager le dialogue avec ces Eglises. Les discussions d'étude biblique qui réunissaient les participants centraux au sein des groupes foyers n'étaient ouvertes qu'à un nombre limité de participants officiels catholiques romains ou pentecôtistes. La même dichotomie entre participants centraux et autres a limité la diversité de la représentation ecclésiale dans les vingt-deux entretiens oecuméniques. 

L'expérience de Porto Alegre montre que le COE doit faire plus d'efforts pour encourager et faciliter la participation d'Eglises non membres aux Assemblées. Il est essentiel, en particulier, d'entretenir les relations avec ces Eglises par des contacts réguliers avec leurs dirigeants. 

Il faudra aussi multiplier les efforts pour encourager et faciliter la participation des ecclésiastiques, théologiens et laïcs catholiques romains et pentecôtistes, non seulement en les invitant à participer à des programmes tels que le Mutirão, mais aussi en leur offrant l'occasion de rendre un témoignage spirituel de leurs traditions et de participer au dialogue sur tout l'éventail des questions en discussion. 

  1. Quel a été l'impact de l'Assemblée sur les médias religieux et internationaux ?

Le service de presse du COE a distribué plus de 160 nouvelles, interviews et articles en cinq langues à 15 000 personnes, touchant quelque 2000 organes de presse. Les émissions diffusées quotidiennement sur le web ont permis aux personnes qui n'étaient pas au Brésil de vivre directement l'Assemblée. 

Les journalistes de la presse internationale accréditée, représentant des organes liés ou non à l'Eglise, étaient au nombre de 154. Les pays les mieux représentés étaient l'Allemagne, les Etats-Unis, la Suisse, les Pays-Bas, l'Italie, le Royaume-Uni, l'Inde, la Suède, l'Autriche et le Canada. Les principales agences de presse (AP, Reuters, AFP, DPA, EFE) étaient toutes représentées. La presse brésilienne était représentée par plus de 160 journalistes qui ont couvert quotidiennement l'événement par la presse écrite, la radio et la télévision à Porto Alegre et, dans une moindre mesure, dans les médias nationaux. 

La couverture médiatique a été large, principalement dans la presse écrite, avec des centaines d'articles publiés dans plusieurs langues et régions. L'Assemblée a fait l'objet de nombreux reportages dans les médias protestants durant son déroulement et après celui-ci, et d'une couverture plus limitée dans les médias orthodoxes et catholiques romains. La couverture par la presse laïque a varié suivant le contexte. On a enregistré une couverture importante en termes d'information d'un large public non lié à l'Eglise en France, au Liban, en Inde, en Grèce et en Russie. 

De manière générale, les médias ont rendu compte des différents sujets de manière substantielle, même là où les articles publiés avaient un ton critique à l'égard de certains aspects de l'Assemblée. Les principales questions traitées dans les médias laïques ont été, par ordre d'importance : l'unité chrétienne ; la pauvreté ; la paix, la lutte contre la violence, la guerre ; les relations interreligieuses ; le liberté d'expression (caricatures de Muhammad) ; le COE et sa structure ; l'identité chrétienne ; la mondialisation ; les jeunes ; le thème de l'Assemblée ; les femmes ; le conflit israélo-palestinien (voir analyse qualitative ci-dessous). Les articles hostiles sont demeurés limités aux groupes qui ont l'habitude de donner un écho hostile à l'action du COE. 

Une analyse qualitative résumée de la couverture de l'Assemblée dans les médias laïques fait apparaître ce qui suit :

  • Le thème de l'Assemblée a été associé soit à la promotion du dialogue interreligieux, soit à l'action en vue d'améliorer la situation sociale et politique (dans certains cas, aux deux). 

  • La question de l'unité chrétienne a souvent été vue dans la perspective des divergences, en opposant par exemple l'Est à l'Ouest, les catholiques romains aux protestants, les conservateurs aux libéraux, les charismatiques aux membres du COE, les protestants aux orthodoxes. 

  • Le caractère mondial de l'Assemblée a été mis en évidence : 348 Eglises dans le monde entier, à l'oeuvre dans plus de 100 pays, « travaillant ensemble à l'édification d'un monde plus juste ». Mais on a aussi affirmé l'urgence de nouveaux progrès, et beaucoup d'articles ont insisté sur la nécessité de collaborer avec les dénominations non représentées au COE. 

  • Les relations avec l'Eglise catholique romaine demeurent une question qui se pose en permanence : cette Eglise soutient le COE mais n'en est pas membre, sa structure centralisée « ne se prête pas au mélange », mais la distance a diminué. 

  • L'attention portée aux questions touchant la pauvreté a été de nature plus politique. Certains médias ont mentionné les désaccords qui se manifestent entre membres du COE sur la manière d'approcher la mondialisation économique.  

  • Si l'on considère la couverture des questions touchant la pauvreté, on constate que les articles publiés peu avant l'Assemblée et durant les premiers jours de celle-ci exprimaient des attentes élevées, alors qu'à la fin une certaine déception se faisait sentir.  

  • L'effervescence causée dans le monde par la publication, peu avant l'Assemblée, de caricatures montrant le prophète Muhammad a dominé le débat sur la liberté de parole et d'expression. 

  • La lettre de repentance de la Conférence des Eglises américaines membres du COE adressée à la Neuvième Assemblée a bénéficié d'un large écho dans les médias, sans être pour autant acceptée par chacun. 

  • On a critiqué le fait que les chiffres cibles pour la représentation des femmes et des jeunes au Comité central du COE n'avaient pas été atteints. 

  • Les sujets en rapport avec la gouvernance du COE ont retenu l'attention des médias : les désignations nationales ont été commentées, et le modèle du consensus a été mentionné à plusieurs reprises, parfois de manière critique. 

  • Les médias ont rendu compte aussi d'un certain nombre de questions locales, parmi lesquelles le problème des relations interreligieuses en Indonésie, les relations entre chrétiens et juifs au Moyen-Orient et la situation des Eglises en Amérique latine. 

Evaluation par les participants 

Les participants à l'Assemblée ont été au total 538 à renvoyer les formulaires d'évaluation distribués par le Comité directeur à Porto Alegre. Sur ces 538 formulaires, 306 ont été remis par des délégués (57%). 

Bien que le nombre total des réponses ne représente qu'un faible pourcentage de l'ensemble des participants, les statistiques ci-après reflètent l'opinion de la moitié des délégués présents à l'Assemblée. 

Composantes de l'Assemblée

Bon

Satisfaisant

Insatisfaisant

 

 

 

 

Vie de prière

59%

33%

8%

Etudes bibliques

67%

25%

9%

Entretiens oecuméniques

49%

40%

12%

Plénières thématiques

37%

46%

17%

Plénières administratives

25%

61%

14%

Réunions de comités

51%

40%

9%

Réunions régionales et confessionnelles

34%

49%

16%

 

 

 

 

Plénière et soirée culturelle latino-américaines

60%

32%

8%

Visites aux Eglises locales

66%

26%

8%

 

 

 

 

Ateliers du Mutirão

55%

41%

4%

Expositions et présentations culturelles

57%

40%

2%

Formation oecuménique

48%

47%

5%

 

 

 

 

Logement

68%

29%

3%

Logistique

61%

34%

5%

Autres aspects pratiques

50%

44%

5%

Ces statistiques font apparaître que les participants se sont montrés particulièrement satisfaits de l'étude biblique, des manifestations de la journée latino-américaine et des visites aux Eglises locales. Les éléments les moins appréciés ont été les plénières thématiques, les plénières administratives, et les réunions régionales et confessionnelles. Les taux d'insatisfaction montrent qu'il faudrait accorder plus d'attention aux activités en plénière et à la conduite des affaires administratives.  

Les participants étaient aussi invités à ajouter des commentaires à leur appréciation de l'Assemblée. De ces commentaires se dégagent les observations générales suivantes :  

Contenu - plénières thématiques, entretiens oecuméniques et dialogue

  • Les exposés et le dialogue devraient reposer sur un fondement théologique plus solide.

  • Les exposés et le dialogue en plénière sont préférés aux approches multimédias.

  • Une interaction plus directe avec l'assistance et entre les participants est nécessaire.

  • On tend à éluder les questions difficiles.

  • On souhaite une Assemblée plus intégrée, rassemblant plus harmonieusement la célébration, le dialogue et des affaires administratives.

  • Une politique concernant la réception et la limitation de la présentation de messages est nécessaire.

  • Le manque d'attention à l'égard de la communauté brésilienne d'origine africaine a été noté à plusieurs reprises. 

Vie spirituelle - prière et étude biblique

  • On souhaite une analyse exégétique plus poussée dans le matériel d'étude biblique.

  • On préférerait avoir plus de diversité dans le culte

  • On demande des moments de silence durant la prière.

  • On souhaite plus d'espace pour la prière et l'intercession dans toutes les parties de la vie de l'Assemblée. 

Affaires administratives - consensus, présidence, rapports, désignations et élections

  • On veut plus de clarté sur les procédures, l'ordre du jour administratif et les rapports des comités.

  • Les présidents doivent être qualifiés, préparés et convenablement formés.

  • Il faudrait plus de temps et de dialogue pour parvenir au consensus.

  • Les processus de désignation et d'élection méritent plus d'attention.

  • Les documents et les traductions devraient être disponibles avant la discussion.

  • La voix des délégués devrait être plus prise au sérieux.

  • Une journée complète d'orientation au début de l'Assemblée serait utile.

Ci-après les commentaires personnels de certains délégués : 

  • « J'aurais voulu plus de théologie dans le programme d'étude biblique. L'accent était placé sur la société et les effets de la mondialisation dans nos sociétés respectives. J'aurais souhaité qu'on insiste plus sur la religion. » 

  • « On n'a pas suffisamment parlé des luttes de la population africaine au Brésil, du racisme dont elle est victime et de sa pauvreté. » 

  • « La prise de décisions par consensus exige qu'on réserve plus de temps aux affaires administratives et que la consultation sur les questions débute au moins un an à l'avance. » 

  • « Je suggérerais qu'à l'avenir il y ait consultation entre le président et le secrétaire général, de manière qu'ils ne traitent pas les mêmes sujets. Je proposerais que le président communique une vision, comme il l'a fait, et que le secrétaire général présente une vue d'ensemble de la période écoulée depuis la dernière Assemblée, en mettant en évidence des questions et actions particulières. » 

  • « J'ai trouvé que l'accent mis sur la participation des jeunes ne s'était pas vraiment concrétisé. La participation des jeunes au COE devrait être structurée de telle sorte qu'ils puissent assumer plus de responsabilités et d'activités, et parvenir ainsi au niveau qu'ils souhaitent occuper. J'ai aussi eu le sentiment que la base d'un plus grand engagement des jeunes n'était pas suffisamment claire. » 

  • « C'était une entreprise immense. Merci à toutes et à tous. » 

  • « Continuez à prier : ‘Transforme le monde, Dieu, dans ta grâce'. » 

Résultats financiers

Les comptes définitifs de l'Assemblée seront vérifiés en 2007. Un rapport sur les recettes et les dépenses de l'Assemblée sera présenté par l'intermédiaire du Comité des finances du Comité central. 

Suggestions pratiques pour la préparation de la Dixième Assemblée

Bien qu'il soit prématuré de réfléchir au lieu où se tiendra la prochaine Assemblée ou à son thème, il n'est pas trop tôt pour esquisser le calendrier des préparatifs et songer aux moyens de trouver les ressources nécessaires pour préparer la Dixième Assemblée. 

  1. Calendrier des préparatifs

Le projet de calendrier des préparatifs ci-après se fonde sur l'hypothèse que la Dixième Assemblée se tiendra à la fin de 2013 : 

Session du Comité central de février 2008

  • Elaborer les attentes de base à l'égard de la Dixième Assemblée

  • Désigner un Comité de planification de l'Assemblée

  • Désigner un Comité de planification des cultes de l'Assemblée

  • Lancer la recherche d'un lieu de réunion

Session du Comité central d'août 2009

  • Décider du thème de l'Assemblée

  • Décider du lieu de réunion de l'Assemblée

  • Confirmer le budget de l'Assemblée

  • Définir la répartition des délégués

Session du Comité central de février 2011

  • Confirmer le programme et le projet d'ordre du jour de l'Assemblée

  • Lancer les invitations

  • Publier les matériels de préparation à l'intention des paroisses

Session du Comité central d'août 2012

  • Confirmer les délégations des Eglises membres

  • Proposer les délégués supplémentaires selon le processus des 15%

  • Proposer les responsables de l'Assemblée

  • Publier les matériels d'étude de l'Assemblée

Si l'Assemblée se tient au début de 2013, toutes les questions soumises à décision doivent être présentées à la session du Comité central de février 2001. 

  1. Trouver les ressources nécessaires

Une Assemblée du Conseil oecuménique des Eglises relève, d'une part, de la responsabilité constitutionnelle du COE en tant qu'institution et, de l'autre, de sa responsabilité spirituelle en tant que communauté fraternelle d'Eglises.  

Pour garantir les ressources financières et spirituelles nécessaires à la préparation d'une Assemblée, les suggestions ci-après pourront être utiles.  

Le budget de l'Assemblée pourrait être soutenu annuellement par une dîme calculée sur le total des contributions des Eglises membres. Sur une période de sept ans, cette dîme pourrait produire un montant de CHF 4.4. millions qui couvrirait une partie des dépenses de l'Assemblée et stimulerait la confiance des partenaires appelés à financer d'autres dépenses.  

Durant la phase de préparation, les Eglises membres, conseils associés et partenaires oecuméniques, dans le cadre des synodes, assemblées, conférences et autres grandes réunions, pourraient apporter à l'Assemblée un soutien significatif par la prière et une discussion coordonnée sur les grandes questions qu'on envisage d'inscrire à l'ordre du jour de l'Assemblée. 

Vers une Assemblée oecuménique 

La Neuvième Assemblée a recommandé que le COE prépare « une assemblée oecuménique qui réunirait toutes les Eglises pour célébrer leur communauté en Jésus Christ et pour relever ensemble les défis qui attendent l'Eglise et l'humanité » (paragraphe 5 CED). 

La recommandation a été soutenue par l'Assemblée principalement en tant que témoignage « sur la voie de l'unité visible et du partage de l'eucharistie », mais aussi en tant que défi pratique invitant à « examiner la possibilité de créer une structure pour les Assemblées du COE accordant davantage d'espace aux communions chrétiennes mondiales et aux familles confessionnelles pour se rencontrer afin de délibérer et/ou de traiter des questions générales » (paragraphe 25d CED). 

L'Assemblée a demandé que la discussion à ce sujet soit approfondie assez tôt au cours du mandat du nouveau Comité central. 

Cette recommandation est le fruit de nombreuses années de discussions relatives à l'organisation d'une assemblée « conjointe » ou « commune » qui permettrait aux diverses organisations oecuméniques de tenir leurs assemblées respectives en même temps et en un même lieu. 

Dans la ligne de ces discussions, la Neuvième Assemblée a proposé un rassemblement plus ouvert, qu'elle préfère concevoir comme une « assemblée oecuménique » de célébration plutôt que comme une « manifestation commune » dans le cadre de laquelle les différentes organisations aborderaient leurs ordres du jour administratifs respectifs. 

Cette décision significative pour l'avenir du mouvement oecuménique reflète l'engagement résolu du COE à examiner comment une « assemblée oecuménique » pourrait être une célébration de foi qui dépasse les limites oecuméniques, mais qui puisse aussi offrir à d'autres organisations chrétiennes la possibilité de conduire des délibérations spécifiquement appropriées à la conception qu'elles ont d'elles-mêmes. 

Bien que l'Assemblée ait mentionné spécifiquement le souci de collaborer avec les communions chrétiennes mondiales et d'autres organisations oecuméniques à la recherche de cette vision, il convient de porter attention aussi aux réalités oecuméniques régionales. Considérant la diversité des Eglises chrétiennes et l'effet positif que la région hôte exerce sur un tel événement, il est évident qu'une « assemblée oecuménique » aurait une atmosphère différente selon la région du monde où elle se déroulerait. 

Une « assemblée oecuménique » serait d'abord et avant tout un espace de célébration, de prière et de dialogue communs. Ce serait aussi une manifestation dans laquelle le COE et d'autres organisations disposeraient de l'espace nécessaire pour mener à bien leurs délibérations respectives. Dans l'ensemble, l'événement constituerait un témoignage sans précédent d'unité et de spiritualité chrétiennes. 

Le COE est résolu à travailler avec d'autres organisations chrétiennes qui voient dans une « assemblée oecuménique » une occasion d'enrichir leur foi, une invitation à approfondir leurs engagements oecuméniques et un espace où elles puissent délibérer.