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Un responsable du COE aborde l’antisémitisme, ses définitions et une future coopération

Un responsable du COE aborde l’antisémitisme, ses définitions et une future coopération

Peter Prove, directeur de la Commission des Églises pour les affaires internationales du COE. Photo: Ivars Kupcis/COE

22 juillet 2019

Version française publiée le: 23 juillet 2019

Le Conseil œcuménique des Églises (COE) et le Comité juif international pour les consultations interreligieuses (IJCIC) se sont rencontrés officiellement du 25 au 27 juin à Paris, sous le thème «La normalisation de la haine: défis pour les juifs et les chrétiens d’aujourd’hui». La réunion a eu lieu à une étape difficile de la vie religieuse et publique de nombreuses communautés à travers le monde. À la réunion, le directeur de la Commission des Églises pour les affaires internationales du COE, Peter Prove, a présenté les politiques du COE en matière d’antisémitisme et les travaux de l’organisation en faveur des droits humains de tous et toutes. Le département des nouvelles du COE l’a rencontré à l’issue de la réunion.

Q: Vous avez évoqué et écrit sur l’antisémitisme du point de vue des droits humains. Pourriez-vous nous donner votre propre définition de l’antisémitisme, en bref?

M. Prove: L’antisémitisme est la haine des juifs en tant que juifs, l’Holocauste étant son expression la plus effroyable et extrême. Or, de récentes tentatives d’en affiner le sens ont généralement soulevé des inquiétudes face à la possibilité d’utiliser lesdites définitions à mauvais escient pour qualifier, à tort, les critiques légitimes de certaines politiques ou actions du gouvernement d’Israël d’antisémites. C’est pourquoi, selon moi, il vaut mieux unir nos forces dans la lutte contre la haine dans des situations réelles effectivement vécues par les individus, plutôt que de s’entêter à trouver une définition parfaite dans un contexte si controversé.

Q: Comment l’Assemblée fondatrice du COE en 1948 à Amsterdam a-t-elle abordé l’antisémitisme?

M. Prove: En août 1945, quelques mois seulement après la déclaration de l’indépendance d’Israël, un rapport intitulé «L’approche chrétienne envers les juifs» a été remis à la première Assemblée du COE. Ce rapport contient la fameuse déclaration, souvent citée, qui a eu une influence considérable au sein des Églises membres du COE et dans le monde chrétien en général: «Nous appelons toutes les Églises que nous représentons à dénoncer l’antisémitisme, quelle que soit son origine, comme absolument inconciliable avec la profession et la pratique de la foi chrétienne. L’antisémitisme est un péché contre Dieu et contre l’homme.»

Q: Pourriez-vous nous donner un exemple récent d’une telle dénonciation et de la manière dont elle s’exprime aujourd’hui au COE?

M. Prove: Cette condamnation a malheureusement dû être citée en réponse à l’attentat contre la synagogue Tree of Life («Arbre de vie») de Pittsburgh, l’attaque la plus meurtrière jamais perpétrée contre des juifs de l’histoire des États-Unis. Dans son message publié immédiatement après l’attentat, le secrétaire général du COE, le pasteur Olav Fykse Tveit, a déclaré: «Le COE condamne toute forme de violence fondée sur la religion, l’origine ethnique, la race ou toute autre dimension relevant de l’identité ou de l’appartenance d’une personne. Cette attaque visant une communauté juive dans un lieu de prière en pleine célébration de leur identité religieuse est une violation effroyable de notre humanité commune».

Q: Selon vous, quelle est la véritable question de fond?

M. Prove: Il s’agit de l’universalité et de l’égalité des droits humains. Tous les droits humains, y compris le droit à la vie, à ne pas subir de torture, à l’égalité devant la loi, à la liberté de circulation, à la nationalité, à la liberté de pensée, de conscience et de religion, à la liberté d’opinion et d’expression, à la liberté de réunion et d’association pacifiques, à la participation au gouvernement de son pays, au travail et à des conditions de travail justes et favorables, à la santé, à l’éducation, de même qu’à l’autodétermination... pour tous et toutes, sans distinction de race, de religion, de sexe ou de tout autre critère habituel de discrimination. Ces principes, associés à ceux de notre foi, étayent notre condamnation et rejet de l’antisémitisme, tout comme notre défense de la dignité et des droits du peuple palestinien.

Discours de Peter Prove, directeur de la Commission des Églises pour les affaires internationales du COE, à la réunion de l’IJCIC et du COE (en anglais)

Le COE et l’IJCIC conviennent de rétablir des relations officielles et de renforcer la communication (communiqué de presse du COE du 28 juin 2019)

Communiqué du Conseil œcuménique des Églises (COE) et du Comité juif international pour les consultations interreligieuses (IJCIC) du 28 juin 2019 (en anglais)

Travail du COE pour renforcer le respect et la confiance entre les religions