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Tanzanie: une question longuement en suspens, avec des possibilités de changement

Tanzanie: une question longuement en suspens, avec des possibilités de changement

Les responsables religieux de différentes confessions se sont réunis à Mwanza, en Tanzanie. Photo: avec l’aimable autorisation de Jonathan Musa

21 mars 2019

Version française publiée le: 22 mars 2019

Et si le VIH n’était qu’un virus, et non plus un tabou? Cette semaine, les responsables religieux se sont rassemblés en Tanzanie afin de débattre de la stigmatisation et de la discrimination envers le VIH.

Convoqué dans le cadre de l’Initiative des organisations d’inspiration religieuse de PEPFAR-UNAIDS du 18 au 21 mars, le colloque interconfessionnel a été animé par les Initiatives et plaidoyer œcuméniques pour la lutte contre le VIH et le sida du Conseil œcuménique des Églises.

Alors que stigmatisation et la discrimination sont des préoccupations de longue date pour les personnes vivant avec le VIH, les participant-e-s ont aperçu une lueur d’espoir pour l’avenir.

«Les responsables religieux peuvent jouer un rôle important dans la lutte contre la stigmatisation et la discrimination à l’encontre des personnes vivant avec le VIH, grâce au partage des connaissances et à la diffusion d’informations», confie le conseiller de mise en œuvre Koech Rotich, qui travaille également pour UNAIDS en Tanzanie et qui s’exprime dans un contexte national où la grande majorité des personnes sont de confession chrétienne ou musulmane.

Les jeunes sont au cœur de la remise en cause des responsables religieux ayant stigmatisé les personnes vivant avec le VIH en les qualifiant de pécheresses, et ont fermement rappelé que de nombreux jeunes vivant avec le VIH sont en fait né-e-s avec le virus.

Un jeune homme de 24 ans, désirant garder l’anonymat, a avoué être né avec le VIH, mais, à cause de la stigmatisation, a décidé de ne jamais divulguer son statut avant d’être marié. Il a expliqué aux responsables religieux à quel point la stigmatisation à l’encontre des personnes vivant avec le VIH peut être préjudiciable.

Dans le même temps, Imam Mnyonge Masoud, originaire de la région de Tabora en Tanzanie, a brisé le silence comme personne vivant avec le VIH et en a directement récolté les fruits. En révélant son statut, Imam Mnyonge Masoud a déclaré avoir «réussi à donner des conseils et encouragements». Mais, selon lui, cela a également «aidé à réduire la discrimination et la stigmatisation envers les personnes vivant avec le VIH».

Au sujet des répercussions du colloque, la pasteure Melania Mrema, prêtresse de l’Église morave de Tanzanie vivant avec le VIH, a souligné l’importance de la mise en place d’outils et de techniques que les responsables religieux peuvent diffuser dans leurs propres communautés religieuses.

L’événement a également permis de traduire le dernier manuel de formation du COE destiné aux responsables religieux intitulé «Adhésion au traitement et guérison par la foi dans le contexte du VIH et du sida en Afrique» en kiswahili, utilisé pour la première fois comme ouvrage de référence par les responsables religieux au sujet de ladite guérison par la foi et son incidence souvent préjudiciable sur l’adhésion au traitement.

La modératrice du colloque, la coordonnatrice régionale des Initiatives et plaidoyer œcuméniques pour la lutte contre le VIH et le sida du COE pour l’Afrique, la pasteure Pauline Wanjiru Njiru, a défié les personnes participantes à faire le bilan «d’où nous venons, où nous en sommes aujourd’hui et où nous voulons aller».

Nous devons reconnaître les progrès de la science et jouer notre rôle en encourageant les communautés religieuses à percevoir la prévention, le dépistage et la divulgation du statut sérologique ainsi que les traitements comme des dons de Dieu. Cela ne sera possible qu’en mettant fin à la stigmatisation», précise la pasteure Njiru.

«Nous sommes rassemblé-e-s ici, à Mwanza, pour écouter, apprendre et partager nos expériences. Il est évident que ce sont des questions sur lesquelles les responsables religieux peuvent prendre des mesures et en percevoir clairement les effets directs», poursuit-elle. «Cela nous donne de l’espoir et de la force pour poursuivre notre ministère commun, celui qui veut que nous nous attelions à ces questions et trouvions des solutions pour l’avenir».

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