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Réunions-débats consacrées aux droits fonciers

Réunions-débats consacrées aux droits fonciers

(de gauche à droite) M. Fraser Murray, le pasteur Paul Mpongo, le Pr Bila Isia Inogwabini, sœur Stella Matutina et M. Félicien Malanda ont participé à des réunions-débats sur les droits fonciers. © Semegnish Asfaw

17 novembre 2015

Version française publiée le: 02 décembre 2015

Au cours du quatrième Forum des Nations Unies sur les entreprises et les droits de l’homme, le COE, en collaboration avec l’Alliance ACT et la Fédération luthérienne mondiale, a organisé le 16 novembre au Centre œcuménique de Genève une réunion parallèle sur le thème: «La contribution des organisations d’inspiration religieuse à la protection des droits fonciers des communautés – Leçons apprises et bonnes pratiques d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine».

La première séance a été consacrée aux expériences sur le terrain. Des exposés relatifs à la République démocratique du Congo (RDC), au Mozambique, à la Zambie et aux Philippines ont illustré le fait que les coûts sociaux et écologiques de l’exploitation minière et d’autres industries d’extraction dépassent largement les avantages.

Dans bien des cas, l’exploitation à grande échelle de ressources s’accompagne d’une militarisation et, parallèlement, d’abus des droits humains. De nombreux écologistes et défenseurs des droits humains sont criminalisés, leur vie est menacée et ils sont victimes d’intimidations et de harcèlement. Sœur Stella Matutina, des Philippines, a notamment mentionné l’assassinat systématique de Lumad (populations autochtones), à Mindanao, qui s’opposent aux projets d’exploitation minière et de grandes plantations.

Par ailleurs, elle a souligné que les organisations d’inspiration religieuse font partie intégrante des communautés de base qui mènent des luttes au niveau local pour défendre les ressources foncières. «C’est la spiritualité populaire, a-t-elle déclaré, qui pousse les communautés et les groupes de soutien à procéder à une synergie d’action – qui se traduit par un mouvement social – pour affirmer les droits des gens à la terre et aux ressources.»

Le professeur Bila Inogwabini a fait remarquer que, en RDC, l’extraction des ressources a commencé à l’ère coloniale. «Il s’agit, a-t-il déclaré, de traduire les traités internationaux sur les droits de l’homme en politiques et législations nationales.»

Semegnish Asfaw, responsable de programme pour les affaires internationales au COE, explique: «Assurer les droits sur la terre et sur d’autres ressources est le thème clef du groupe de travail sur la gestion des ressources naturelles, qui se réunit régulièrement depuis la Conférence internationale sur la paix et la sécurité en RDC organisée à Genève du 27 au 29 mai 2015.»

Une seconde séance a traité de la cohérence et de l’application des politiques, avec des réflexions de participantes et participants de Colombie, du Guatemala, de Tanzanie, de Zambie et du Danemark.

Malgré l’existence de cadres nationaux et internationaux destinés à protéger les droits des communautés – tels que le principe de consentement libre, préalable et éclairé ainsi que les Principes directeurs des Nations Unies sur le commerce et les droits de l’homme –, leur traduction dans les contextes locaux est souvent insuffisante.

Anabella Sibrian, du Guatemala, a fait remarquer que, souvent, les lois et politiques nationales sont «captées» par les intérêts commerciaux, ce qui, de la part des entreprises, traduit une croissante emprise, sinon même une collusion, entre investisseurs et gouvernements. Dans de telles situations, elle a posé deux questions clefs: Comment pouvons-nous assurer une cohérence en matière de politiques? Comment faire rendre des comptes aux entreprises et aux gouvernements?

En réponse à ces défis, les participantes et participants ont souligné la nécessité d’établir des alliances entre les acteurs internationaux, nationaux et locaux, notamment par le biais d’enceintes telles que Alternative Mining Indaba, et de fournir un soutien juridique ou d’autres formes de soutien aux défenseurs des droits humains.

«Accompagner les luttes des communautés pour l’alimentation, l’eau, la terre et la vie, a déclaré Athena Peralta, consultante du COE pour la justice économique et écologique, est une façon importante, pour les Églises et les organisations œcuméniques, de vivre concrètement le Pèlerinage de justice et de paix.»

Au Forum social mondial, les Églises se prononcent contre l’impact négatif de l’exploitation minière (en anglais)

Une conférence du COE invite les Églises et des partenaires à relancer des initiatives pour une juste paix en RDC (Communiqué de presse du 1er juin 2015)

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