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«La maison est en feu»: les leaders religieux et les représentants du gouvernement entretiennent un dialogue ouvert

«La maison est en feu»: les leaders religieux et les représentants du gouvernement entretiennent un dialogue ouvert

La pasteure Cornelia Füllkrug-Weitzel, présidente Pain pour le Prochain, s’exprimant pendant le dialogue à New York. Photo: Marcelo Schneider/COE

25 septembre 2019

Version française publiée le: 30 septembre 2019

Lors d’un dialogue informel, les leaders religieux ont rencontré des représentants des gouvernements, de la société civile, du monde universitaire et des Nations Unies pour discuter du financement de l’adaptation et des pertes et dommages liés au changement climatique.

En d’autres termes, «la maison est en feu», a déclaré Saleemul Huq, directeur du Centre international sur le changement climatique et le développement. Il a exhorté les gens à considérer le changement climatique comme une urgence et non comme l’évolution lente d’événements fâcheux. «Il ne s’agit plus des conséquences pour nous de la volonté divine, la cause en est humaine», a-t-il dit. «Ce n’est pas juste. Une urgence signifie que la maison est en feu, cela signifie qu’on doit s’en occuper immédiatement.»

Tenu le 24 septembre à l’Église du Pacte à New York, le dialogue a été accueilli par le Conseil œcuménique des Églises (COE), l’Alliance ACT, Pain pour le Prochain, le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du développement et le gouvernement de l’Ouganda.

Dans son discours d’ouverture, Peter Prove, directeur de la Commission des Églises pour les affaires internationales du COE, a confirmé le sentiment d’urgence exprimé par Huq en déclarant que la menace du changement climatique est si importante que rien de moins qu’une action urgente et décisive ne suffira. «Au cours des derniers mois, un mouvement mondial croissant d’enfants et de jeunes nous a interpellés à juste titre parce que nous les avons laissés tombe», a dit Prove. «L’approche du COE en matière de changement climatique et de protection de l’environnement est fondée sur le principe fondamental de la justice. Les personnes et les communautés les plus vulnérables doivent être protégées et soutenues.»

Unis pour le changement

Azza Karam, conseillère principale pour le développement social et culturel au Fonds des Nations Unies pour la population, a animé le dialogue. «Vous avez entendu des appels à l’action très motivants», a dit Karam. «Je vous prie du fond du cœur de faire en sorte que le prochain rassemblement de ce genre comprenne davantage de personnes d’autres religions, afin qu’il aille au-delà de l’œcuménisme et s’étende également à l’espace multireligieux.»

Karam a été élue nouvelle secrétaire générale de la Conférence mondiale des religions pour la paix.

Mark MacDonald, archevêque de l’Église anglicane des nations autochtones du Canada et président du COE pour l’Amérique du Nord, a parlé du nombre de personnes qui ont perdu le contact avec ce que leur terre signifie pour elles. «Chacun d’entre nous comprendra bientôt à quel point nous avons besoin de la Terre nourricière et à quel point nous avons besoin les uns des autres», a-t-il dit. «J’ai un message très simple: Il n’y a pas d’avenir viable pour cette planète si on ne reconnaît pas les droits des peuples autochtones.»

Le pasteur Douglas Leonard, représentant du COE auprès des Nations Unies, a décrit le rôle de rassembleur que joue le COE en facilitant un dialogue qui débouche sur des actions en faveur des personnes dans le besoin – y compris les plus touchées par le changement climatique. «Quels que soient les résultats de ce dialogue, nous allons les inclure dans notre stratégie internationale de plaidoyer, de sorte que nous les transmettrons au système de l’ONU ici», a expliqué Leonard.

«Que faut-il faire?»

À l’heure actuelle, le monde manque de stratégies d’atténuation des catastrophes, a noté Ingrid-Gabriela Hoven, directrice générale des Questions globales, Secteur des politiques et programmes, au ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement.

«Que faut-il pour mettre en place un système financier à la hauteur des défis que nous observons?» a-t-elle demandé. «Si nous ne mobilisons pas plus de ressources, comment allons-nous répondre aux exigences supplémentaires dont nous parlons?»

Avec l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des sécheresses, des cyclones et d’autres catastrophes, les gens perdent rapidement leurs terres et leurs moyens de subsistance, a observé Rudelmar Bueno de Faria, secrétaire général d’ACT.

«Les causes et les effets peuvent être évités si des mesures adéquates de réduction des risques de catastrophe sont prises», a déclaré de Faria. «En tant que communautés de foi, nous espérons échanger des idées qui pourraient nous permettre de débloquer un soutien financier nouveau et supplémentaire.»

Birgitte Qvist-Sørensen, secrétaire générale de DanChurch Aid et modératrice de l’Alliance ACT, a ajouté que les communautés religieuses avaient aussi le rôle d’apporter de l’espoir. «Il est temps de s’assurer que ces promesses se concrétisent», a-t-elle dit. «Pour y parvenir, nous devons mobiliser des fonds et des soutiens. »

Chebet Maikut, commissaire du Département du changement climatique au Ministère de l’eau et de l’environnement de l’Ouganda, a déclaré que les phénomènes météorologiques extrêmes avaient entraîné des pertes humaines, des difficultés économiques et des déplacements de population en Ouganda. «Nous avons besoin d’actions concrètes», a-t-il dit. «Nous avons beaucoup de bonnes idées sur la façon de peser sur les décisions internationales. Il faut une marche à suivre, et c’est là que nos partenaires internationaux peuvent nous aider.»

La pasteure Cornelia Füllkrug-Weitzel, présidente de Pain pour le Prochain, a déclaré que, même si le changement climatique ralentissait, des pertes et des dommages continueraient à s’observer. «Il s’agit d’une injustice climatique permanente causée par l’ignorance, l’irresponsabilité et la cupidité», a-t-elle dit. «Les personnes concernées doivent être au centre de toutes les décisions.»

 

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