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«Les migrant-e-s ne sont pas des missiles, mais des personnes», déclare le secrétaire général du COE en réponse à la crise à la frontière gréco-turque

«Les migrant-e-s ne sont pas des missiles, mais des personnes», déclare le secrétaire général du COE en réponse à la crise à la frontière gréco-turque

Photo: Magnus Aronson/COE

05 mars 2020

Version française publiée le: 09 mars 2020

Après qu’un accord a été trouvé entre l’Union européenne et la Turquie en mars 2016, la Turquie a pris des mesures visant à empêcher les migrant-e-s, qui fuient en nombre le conflit syrien, d’atteindre l’UE en contrepartie d’une assistance européenne destinée aux personnes migrantes et réfugiées, et d’un assouplissement des critères d’obtention de visas européens pour ses ressortissant-e-s. Le vendredi 28 février, après avoir accusé des pertes militaires au nord-ouest de la Syrie, où la Turquie a tenté de créer une zone sécurisée pour y réinstaller des millions de réfugié-e-s syrien-ne-s et servir ses intérêts contre les Kurdes, ces mesures ont été suspendues, provoquant l’arrivée massive de personnes qui tentent de franchir la frontière grecque et le déclenchement d’affrontements avec les forces de sécurité grecques.

Mardi 3 mars, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le président du Conseil européen, Charles Michel, et le président du Parlement européen, David Sassoli, se sont rendus dans la zone frontière aux côtés du Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, et ont qualifié la Grèce de «bouclier» de l’Europe.

Aujourd’hui, jeudi 5 mars, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, et son homologue russe, Vladimir Poutine, se sont réunis à Moscou pour tenter de mettre un terme aux affrontements entre les forces gouvernementales turques et syriennes dans la province d’Idlib, au nord-ouest de la Syrie

«Ce que nous perdons de vue dans cette tragique situation», constate le secrétaire général du COE, le pasteur Olav Fykse Tveit, «c’est que les réfugié-e-s et migrant-e-s ne sont pas des missiles à lancer contre des adversaires ni des projectiles à dérouter. Ce sont des personnes, des enfants, des hommes et des femmes, qui ont fui les horreurs de la guerre en Syrie pour sauver leur vie.»

Le directeur de la Commission des Églises pour les affaires internationales, Peter Prove souligne qu’«en conséquence, nombre d’entre elles jouissent du droit juridique et moral de prétendre au statut de réfugié». Et de poursuivre: «Il incombe à la communauté internationale, et en particulier aux États les plus directement impliqués en Syrie, dont font partie la Turquie et la Russie, la responsabilité de protéger les personnes souffrant des conséquences du conflit en Syrie, et de mettre enfin un terme à la violence. Nous les avons tous et toutes trahies, de même que les principes humanitaires que nous avons proclamés, en nous servant du sort de ces personnes déplacées par le conflit comme d’une arme, et en ne parvenant pas à respecter et à mettre en œuvre les principes du droit international établis de longue date, en particulier le droit à l’asile».

Le pasteur Tveit affirme que «la Grèce a besoin de bien plus de soutien et de solidarité de la part des pays membres de l’UE pour partager la responsabilité d’accueil des personnes en besoin de compassion, de soin et de refuge. Certes, tout pays a le droit souverain et la responsabilité de contrôler ses frontières, mais cela ne doit pas se faire au détriment du droit humanitaire international et de ses principes fondamentaux conçus précisément pour soulager la souffrance des victimes de tels conflits et crises. Il s’agit de trouver une solution qui fait montre de plus de compassion et de principes, qui reconnaît les préoccupations légitimes des autorités, tout en respectant le droit humanitaire international applicable et réfléchissant à la co-responsabilité régionale.»