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L’assemblée luthérienne appuie officiellement les Jeudis en noir

L’assemblée luthérienne appuie officiellement les Jeudis en noir

Mme Agnes Abuom, présidente du Comité central du COE. Photo: ELCA

08 août 2019

Version française publiée le: 09 août 2019

Plus de 1 000 participants à la 15e Assemblée générale de l’Église évangélique luthérienne d’Amérique ont officiellement appuyé la campagne des Jeudis en noir pour un monde sans viol et sans violence.

Vêtus de noir et portant des macarons de soutien à la campagne, les participants ont exprimé leur enthousiasme à lutter pour mettre fin une fois pour toutes à la violence basée sur le genre.

S’exprimant lors d'une session plénière le 8 août, la présidente du Conseil œcuménique des Églises (COE), Mme Agnes Abuom, a salué les personnes réunies pour leur choix de collaborer aux Jeudis en noir.

«La décision de l’Église évangélique luthérienne d’Amérique d’appuyer les Jeudis en noir tombe à point nommé», a déclaré A. Abuom. «Car les signes des temps qui nous entourent indiquent qu’ici en Amérique du Nord et au-delà, le monde est en crise.»

La xénophobie, le racisme et le nationalisme populiste prennent chaque jour de l’ampleur, a-t-elle dit: «La xénophobie a causé des divisions, fait des victimes et constitue une menace pour la paix et la sécurité dans de nombreuses régions». «Et trop souvent, les premiers touchés sont les femmes, les enfants et les faibles, comme les personnes âgées et les handicapés.»

A. Abuom a reconnu qu’il était temps d’agir. «Avec l’augmentation de la militarisation et l’installation de forces de sécurité et de maintien de la paix dans le monde, il y a également une augmentation de la violence sexuelle et sexiste dans ces environnements», a-t-elle dit. «Il est malheureux que le viol soit maintenant normalisé dans le contexte de toute cette culture de la guerre, c’est une évolution à laquelle nous devons résister de toutes les manières.»

L’un des problèmes les plus urgents et les plus pressants, a dit Mme Abuom, est la violence sexuelle et sexiste. «C’est devenu une grave pandémie contre laquelle l’Église doit continuer de réagir», a-t-elle dit. «Elle est perpétrée tant par des inconnus que par des membres de la famille et des amis, par des personnes de haut rang social aussi bien que par des personnes ordinaires, par des hommes comme par des femmes, des jeunes comme des vieux.»

Le rôle de l’Église

Le temps est venu pour l’Église de reprendre son rôle prophétique qui est de parler vrai face au pouvoir, au nom des victimes et des personnes vulnérables, a conclu Mme Abuom. «Le Conseil œcuménique des Églises s’est engagé à attirer l’attention sur les problèmes et à susciter une prise de conscience par le biais de son travail programmatique au sein du secrétariat et par le travail et le témoignage des Églises membres telles que vous.»

Beaucoup trop souvent, il semble que l’Église soit silencieuse, a dit Abuom. «Mais il y a de l’espoir. Ce jeudi et tous les jeudis, nous nous joignons à des milliers d’autres personnes qui osent faire partie de ce mouvement mondial dans l’Église pour résister à toutes les formes de violence sexuelle et sexiste», a-t-elle dit. «En effet, les Jeudis en noir est un mouvement qui invite les hommes et les femmes, les garçons et les filles, à devenir les pèlerins d’un monde sans viol et sans violence sexiste, et où la société, l’Église et la famille sont marquées par la justice et la paix.»

La pasteure Nicqi Ashwood, responsable de programme du COE pour une Communauté juste de femmes et d’hommes, a également pris la parole lors de l’Assemblée, se félicitant que les Jeudis en noir se renforcent collectivement dans le monde entier. «La question de la violence sexuelle et sexiste n’est pas nouvelle», a-t-elle dit. «Ce qui doit être différent, et qui a changé en fait, ce sont les réponses individuelles et collectives au sein de l’Église à la violence sexuelle et sexiste.»

N. Ashwood a fait part de quelques statistiques qui donnent à réfléchir sur la violence sexuelle et sexiste aux États-Unis: une femme sur quatre âgée de plus de 18 ans y a été exposée à la violence sexuelle ou physique par un partenaire intime actuel ou antérieur, et environ une victime de viol sur huit l’a été avant d’avoir 12 ans.

«La campagne des Jeudis en noir est œcuménique. Elle est mondiale. Elle est collective. Elle est individuelle. Elle est simple. Elle est axée sur l’action», a déclaré N. Ashwood. «Les Jeudis en noir, c’est la résolution d’agir concrètement.»

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