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Dans des communautés marquées par la violence, les défenseurs de la paix gardent espoir

Dans des communautés marquées par la violence, les défenseurs de la paix gardent espoir

Muna Mushahwar

20 mai 2011

Lors des débats de la deuxième journée du Rassemblement œcuménique international pour la paix (ROIP) à Kingston, Jamaïque, les défenseurs de la paix dans le monde entier ont parlé de cas de violence et d'oppression déchirants, mais ont aussi exprimé l'espoir tenace que les mouvements en faveur de la paix finiront par prévaloir.

Parmi ces défenseurs de la paix figurent des responsables religieux du Moyen-Orient, de l'Inde, du Brésil et des Etats-Unis. Ils ont considéré la question de la violence dans la perspective des communautés qui aspirent à la paix et de la nécessité de renforcer la dignité et les droits de toutes et tous.

"En tant que femme, je suis convaincue qu'il ne peut pas y avoir de justice dans la communauté si elle n'est pas d'abord instaurée dans le havre de paix de notre Eglise", a déclaré la doctoresse Muna Mushahwar, chrétienne palestinienne de Jérusalem. Elle a vécu directement l'exil, le refus et l'oppression qui frappent tout particulièrement les femmes.

"Le rôle de l'Eglise est crucial et elle doit assumer ses responsabilités afin d’abolir les interprétations de l’Ecriture qui permettent et justifient les injustices à l’encontre des Palestiniens", a-t-elle déclaré.

Madame Deborah Weissman, qui habite également Jérusalem et préside le Conseil international des chrétiens et des juifs, a élargi le débat au-delà de l'Eglise en affirmant que certaines communautés de foi se réclament de "vérités absolues" sans faire de place à la remise en question de l'autorité. "De nos jours, dans le monde entier, on commet des atrocités au nom de la religion et on assiste souvent à une alliance inavouable entre la foi et les excès de violence."

Le professeur Ram Puniyani, Inde, auteur engagé connu pour sa lutte infatigable en faveur de l'éthique laïque dans son pays, a souligné que la violence ne sévit pas dans le vide. "La violence existe parce que de larges milieux de la société sont endoctrinés dans un esprit de haine et ont pour objectif d'abolir les droits humains des membres les plus faibles des sociétés."

Madame Asha Kowtal, dalit très engagée, à la tête d'un mouvement d'émancipation des femmes en Inde, a également mentionné le rôle de la paix pour améliorer la condition féminine dans son pays. "De nos jours, des centaines de jeunes filles subissent des outrages sexuels de la part d'hommes des castes dominantes", a-t-elle déclaré.

Nombreux sont ceux qui considèrent que les castes constituent le plus vaste système de violation des droits humains existant dans le monde, système qui engendre "la discrimination et l'exclusion", a affirmé Madame Kowtal. Les gens des castes inférieures se voient systématiquement refuser l'accès aux ressources et aux occasions de vie meilleure et demeurent "les plus pauvres parmi les pauvres, les plus vulnérables, victimes du chômage, de la haine".

La discrimination engendre la violence


Au Brésil, bien des habitants subissent des discriminations qui engendrent de violents conflits, a déclaré Madame Tânia Mara Vieira Sampaio, professeure à l'Université catholique de Brasilia. "Au Brésil, comme dans toute l'Amérique latine, l'accès aux universités est un privilège réservé à une minorité", a-t-elle ajouté. "Notre lutte pour surmonter la logique actuelle du marché et pour assurer à tous et à toutes une vie dans la dignité a des répercussions sur la formation des jeunes générations."

Monsieur Martin Luther King III, d'Atlanta (Géorgie), Etats-Unis, fils aîné du défenseur des droits civiques assassiné Martin Luther King Jr, a affirmé que les Eglises doivent en faire davantage pour promouvoir la paix dans la communauté. "Malgré les grands progrès accomplis, le culte du dimanche matin à 11 heures demeure une manifestation éclatante de ségrégation", a-t-il déclaré. "De nos jours, alors que nous luttons tous en faveur des droits de l'humanité, de nombreuses formes tenaces de discrimination continuent à s'opposer au respect essentiel de ces droits."

Il a poursuivi en affirmant que si l'enseignement du Christ est profondément enraciné dans la non-violence, la défense de la paix incombe aux adeptes de toutes les traditions spirituelles.  "Comme les chrétiens le savent, l'enseignement du Christ repose sur la non-violence, mais je suis convaincu que toutes les religions ont la tâche de promouvoir cette non-violence, comme tous les textes sacrés les y invitent."

Au cours des jours qui suivent, le ROIP va se pencher sur la paix avec la terre, la paix dans l'économie et la paix entre les peuples. Ce Rassemblement, organisé par le Conseil œcuménique des Eglises COE, la Conférence des Eglises des Caraïbes et le Conseil des Eglises de la Jamaïque, se terminera le mardi 24 mai.

Site web du ROIP:
www.vaincrelaviolence.org

Vidéos du ROIP

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Des photos à haute résolution du Rassemblement peuvent être obtenues gratuitement sur le site photos.oikoumene.org