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Évêque Mary Ann Swenson: «Vivre et travailler ensemble, c'est la joie de ma vie»

Évêque Mary Ann Swenson: «Vivre et travailler ensemble, c'est la joie de ma vie»

L'évêque Mary Ann Swenson (à droite) s'entretient avec Koko Kondo, un survivant du bombardement atomique d'Hiroshima de 1945, lors d'un pèlerinage au Japon en 2015. Photo: Paul Jeffrey/COE

01 décembre 2017

Version française publiée le: 01 décembre 2017

par Susan Kim*

Asseyez-vous à côté de l'évêque Mary Ann Swenson quelques instants et vous verrez qu'elle encourage constamment les gens à mieux se connaître, à avancer ensemble et à grandir dans l’unité, quelles que soient leurs différences.

Ses phrases commencent généralement par des expressions telles que: «Avez-vous rencontré…? Connaissez-vous le travail de...? Comment pouvons-nous réfléchir ensemble à...?»

Anciennement évêque de l'Église méthodiste unie, elle est actuellement vice-présidente du Comité central du Conseil œcuménique des Églises (COE).

Voyager à travers le monde ou aller à l'église en tandem avec son mari, son énergie positive, son esprit d'unité et sa volonté d'écouter l'histoire de chacun; tout cela est un cadeau pour le Conseil œcuménique des Églises et pour le monde.

Lors d'entretiens enregistrés, l'évêque Swenson a partagé ses réflexions sur le mouvement œcuménique.

Les premières années de l'œcuménisme

Q: Quelle est la première expérience œcuménique dont vous vous souveniez?

R: Alors que j'étais petite fille dans le Mississippi, j'avais une copine qui vivait de l'autre côté de la rue, une catholique. Elle allait dans une école catholique, j'allais pour ma part dans une école publique. Nous étions de grandes amies. Et j'avais des amies grecques orthodoxes. Nous avons grandi ensemble et partagions beaucoup. J'ai été en chambre universitaire avec l'une d'entre elles. Nous avions des icônes dans notre chambre. J'ai donc commencé tôt à connaître mes frères et sœurs de la communauté œcuménique. Cela fait longtemps que je suis engagée dans cette voie.

Lorsque j'étais jeune pasteure, j'ai été quelque temps présidente de notre Association des Églises du Grand Vancouver, un groupe œcuménique. Au début des années 70, il n'y avait pas de femmes dans le ministère. Il y avait peut-être 800 participants aux réunions de pasteurs à la maison funéraire et seulement trois femmes dans le groupe. C'était donc massivement masculin à l'époque! Une occasion s'est présentée lorsque j'étais jeune pasteure; le prêtre catholique m'a invitée le Vendredi Saint à conduire le chemin de croix avec lui dans sa paroisse. J'ai pensé: quel étonnant moment d'hospitalité œcuménique, que quelqu'un sache appeler et accueillir de cette manière. J'ai été très touchée.

La vie œcuménique a toujours fait partie de moi. Avant de prendre ma retraite d'évêque, j'avais de nombreuses préoccupations, je me faisais du souci pour les paroisses méthodistes unies, j'espérais que les gens étaient heureux de leur pasteur; j'écoutais si les Églises voulaient des changements ou pas, j’écoutais les plaintes des gens. Ce fut formidable de prendre ma retraite et de me replonger dans ces relations œcuméniques, d'une manière nouvelle et plus intense.

Le monde est une paroisse

Q: Votre travail œcuménique a-t-il changé votre identité méthodiste unie?

R: Je me considère comme une petite-fille du fondateur du mouvement méthodiste, John Wesley, qui dirait: «Je considère le monde entier comme ma paroisse. S'il en est de même pour toi, donne-moi la main.»

Nous tous qui vivons et travaillons ensemble, c'est là la joie de ma vie. Marchons ensemble pour devenir plus parfaits dans l'amour de Dieu et du prochain.

J'ai beaucoup aimé voir des Églises chrétiennes s'unir en Christ, des chrétiens d'horizons variés qui peuvent se rassembler dans un monde œcuménique et essayer d'œuvrer ensemble. Cela me donne de la joie, car je vois comment nous travaillons ensemble. Ensuite, je rejoins ma propre dénomination et cela me fend le cœur de nous voir nous disputer et nous battre et chercher si une solution existe pour rester ensemble. Sommes-nous si différents que nous ne puissions rester ensemble?

Je vois des chrétiens d'autres dénominations et traditions qui font les choses différemment. Par exemple, les orthodoxes n'ordonnent pas de femmes. Jamais, de mon vivant, je ne les verrai ordonner des femmes. L'Église catholique change, mais qui sait ce qui se passera tant que je suis en vie? Ce sont des communautés chrétiennes différentes de la nôtre et pourtant nous parvenons à travailler ensemble pour le bien commun. Cela me fend le cœur de voir les gens de notre propre dénomination peiner à travailler ensemble pour le bien commun. Je crois que nous pouvons le faire.

Toutes les dénominations ont leurs combats internes. Je le vois en apprenant à mieux connaître les uns et les autres dans le milieu œcuménique. À certains égards, il nous est plus facile de nous rassembler lorsque nous n'avons pas à regarder nos problèmes de trop près et que nous considérons les choses sur lesquelles nous pouvons réellement travailler ensemble. Cela est plus simple que de prendre la mesure du péché de chacune de nos communions.

Mais nous pouvons nous influencer les uns les autres afin que ce que les méthodistes unis font de bien puisse servir à encourager d'autres groupes qui ne le font pas aussi bien à adopter un nouveau regard et de nouvelles idées pour améliorer leur travail.

Profondément émue à Trondheim

Q: Les expériences œcuméniques vous touchent-elles encore? Quand en ressentez-vous à nouveau l'esprit?

L'année dernière, notre Comité central s'est rendu à Trondheim, en Norvège. Ce fut une formidable réunion dans un beau cadre. J'ai eu quelques expériences qui m'ont profondément émue.

L'une d'entre elles était de voir que nous pouvions prier dans différentes Églises pendant le séjour. Dans une église, nous avons célébré dans ce qui semblait être un cadre luthérien norvégien. Le jour suivant, dans la même église, c'était entièrement orthodoxe. Tout ce que les orthodoxes ont dans leurs célébrations était là. L'Église pouvait faire la transformation et être en lien avec les deux communautés. Cela m’a touchée.

J'ai également été profondément émue par notre témoignage méthodiste uni et notre petite paroisse méthodiste unie à Trondheim. J'ai rencontré des gens qui sont là depuis des années. J'ai parlé à l'un de nos chers méthodistes, un responsable laïc, M. Peder Borgen. Son frère avait été évêque méthodiste des années auparavant. Le jeune M. Borgen était à la toute première réunion du Conseil œcuménique des Églises. Il était amusant pour lui de voir le COE venir dans sa communauté.

Nous avons appris dans une petite Église qu'elle était le lieu des autochtones du pays et d'Europe du nord, les Samis. C'était l'Église qui les accueillait, qui avait un culte pour eux et qui les accompagnait, une partie de cette communauté. Lorsque j'y ai prié, quelqu'un de la communauté samie est venu chanter, puis une personne d'Éthiopie a chanté, un méthodiste d'Amérique latine a participé au culte et un violoniste de l'orchestre local a joué!

J'ai aussi appris que pendant la Seconde Guerre mondiale, notre petite église était une synagogue secrète pour les juifs qui n'étaient pas en sécurité dans leur propre pays. Ainsi, nous avions ouvert nos portes à la communauté juive. Nous avons pu véritablement fêter cette histoire et honorer ces paroissiens. Cela a été très important pour moi.

La prochaine génération de l'œcuménisme

Q: En quoi les jeunes représentent-ils l'espoir en tant que nouvelle génération pour poursuivre le pèlerinage de justice et de paix?

Je pense que nos jeunes grandissent dans une culture œcuménique et sont plus ouverts que les générations précédentes. C’est une vraie joie et une espérance. Néanmoins, cela ne peut arriver que si nous sommes attentifs à ce que les jeunes aient des expériences là où ils peuvent développer cette prise de conscience et ces relations. L'œcuménisme est une affaire de relations. C’est un signe et un symbole d'espérance.

L'une de mes grandes préoccupations est que les États-Unis sont actuellement aux prises avec le racisme, l’injustice et l’oppression des gens. Il nous faut lutter contre le racisme et trouver un moyen d’être une société plus inclusive.

Récemment, j’ai été à une conférence sur le racisme à Genève. Il y a eu de bons intervenants et je pense que nous nous attaquons au problème, mais si vous regardez les photos de Charlottesville, vous voyez que les suprémacistes blancs étaient aussi des jeunes. C'est un vrai problème pour notre prochaine génération.

Q: Les jeunes vous inspirent-ils?

R: Je suis allée récemment à l’Institut œcuménique de Bossey, où j’ai la chance de voir les étudiants. L’an dernier, pour la première fois depuis de nombreuses années, nous avions une étudiante de ma tradition, une étudiante du séminaire. Faire connaissance avec elle m'a fait grand plaisir et m’a inspirée.

Dans mon Église locale, j’essaie de créer des liens avec les jeunes, de les connaître et de partager des idées. Une jeune lycéenne de mon Église a demandé à me suivre durant une journée pour un projet. La journée qu'elle a passée avec moi, j’avais une réunion du Forum œcuménique de Californie du Sud. Elle a rencontré les responsables œcuméniques, participant pleinement. Après cela, nous en avons parlé durant tout le trajet de retour en train!

Profondément émue à Trondheim

Q: Les expériences œcuméniques vous touchent-elles encore? Quand en ressentez-vous à nouveau l'esprit?

L'année dernière, notre Comité central s'est rendu à Trondheim, en Norvège. Ce fut une formidable réunion dans un beau cadre. J'ai eu quelques expériences qui m'ont profondément émue.

L'une d'entre elles était de voir que nous pouvions prier dans différentes Églises pendant le séjour. Dans une église, nous avons célébré dans ce qui semblait être un cadre luthérien norvégien. Le jour suivant, dans la même église, c'était entièrement orthodoxe. Tout ce que les orthodoxes ont dans leurs célébrations était là. L'Église pouvait faire la transformation et être en lien avec les deux communautés. Cela m’a touchée.

J'ai également été profondément émue par notre témoignage méthodiste uni et notre petite paroisse méthodiste unie à Trondheim. J'ai rencontré des gens qui sont là depuis des années. J'ai parlé à l'un de nos chers méthodistes, un responsable laïc, M. Peder Borgen. Son frère avait été évêque méthodiste des années auparavant. Le jeune M. Borgen était à la toute première réunion du Conseil œcuménique des Églises. Il était amusant pour lui de voir le COE venir dans sa communauté.

Nous avons appris dans une petite Église qu'elle était le lieu des autochtones du pays et d'Europe du nord, les Samis. C'était l'Église qui les accueillait, qui avait un culte pour eux et qui les accompagnait, une partie de cette communauté. Lorsque j'y ai prié, quelqu'un de la communauté samie est venu chanter, puis une personne d'Éthiopie a chanté, un méthodiste d'Amérique latine a participé au culte et un violoniste de l'orchestre local a joué!

J'ai aussi appris que pendant la Seconde Guerre mondiale, notre petite église était une synagogue secrète pour les juifs qui n'étaient pas en sécurité dans leur propre pays. Ainsi, nous avions ouvert nos portes à la communauté juive. Nous avons pu véritablement fêter cette histoire et honorer ces paroissiens. Cela a été très important pour moi.

La prochaine génération de l'œcuménisme

Q: En quoi les jeunes représentent-ils l'espoir en tant que nouvelle génération pour poursuivre le pèlerinage de justice et de paix?

Je pense que nos jeunes grandissent dans une culture œcuménique et sont plus ouverts que les générations précédentes. C’est une vraie joie et une espérance. Néanmoins, cela ne peut arriver que si nous sommes attentifs à ce que les jeunes aient des expériences là où ils peuvent développer cette prise de conscience et ces relations. L'œcuménisme est une affaire de relations. C’est un signe et un symbole d'espérance.

L'une de mes grandes préoccupations est que les États-Unis sont actuellement aux prises avec le racisme, l’injustice et l’oppression des gens. Il nous faut lutter contre le racisme et trouver un moyen d’être une société plus inclusive.

Récemment, j’ai été à une conférence sur le racisme à Genève. Il y a eu de bons intervenants et je pense que nous nous attaquons au problème, mais si vous regardez les photos de Charlottesville, vous voyez que les suprémacistes blancs étaient aussi des jeunes. C'est un vrai problème pour notre prochaine génération.

Q: Les jeunes vous inspirent-ils?

R: Je suis allée récemment à l’Institut œcuménique de Bossey, où j’ai la chance de voir les étudiants. L’an dernier, pour la première fois depuis de nombreuses années, nous avions une étudiante de ma tradition, une étudiante du séminaire. Faire connaissance avec elle m'a fait grand plaisir et m’a inspirée.

Dans mon Église locale, j’essaie de créer des liens avec les jeunes, de les connaître et de partager des idées. Une jeune lycéenne de mon Église a demandé à me suivre durant une journée pour un projet. La journée qu'elle a passée avec moi, j’avais une réunion du Forum œcuménique de Californie du Sud. Elle a rencontré les responsables œcuméniques, participant pleinement. Après cela, nous en avons parlé durant tout le trajet de retour en train!

Le Comité exécutif du COE voit un futur pour l’unité, la justice et la paix (communiqué de presse du COE du 27 novembre 2017)

Pour l’évêque Swenson, il est temps d’abandonner tout soutien au maintien de l’arme nucléaire (communiqué de presse du COE du 5 août 2015)

Campagne «Une lumière de paix» pour la péninsule coréenne et un monde exempt d'armes nucléaires, 3-10 décembre 2017

Pèlerinage de justice et de paix du COE

Églises membres du COE aux États-Unis

Institut œcuménique de Bossey

* Susan Kim est une journaliste indépendante basée à Laurel, dans le Maryland (États-Unis).