En tant que chargé du projet «Foi et science», sur quoi avez-vous travaillé dernièrement?
Buttrey: Le groupe que je soutiens est le Groupe de travail sur la foi et la science de la Commission des Églises pour la santé et la guérison. L’IA étant l’une de nos priorités du moment, les prochains événements que nous organiserons seront des webinaires à ce sujet. Le tout prochain aura lieu cette année et traitera de la course à l’armement des IA. Il y aura des personnes passionnantes, venant de contextes variés, qui débattront de la question de savoir s’il ne faudrait pas davantage considérer l’IA comme une arme, et qui s’interrogeront sur la nécessité d’un traité international sur les armes relatif à l’utilisation de l’IA. Nous discuterons des risques avérés et potentiels.
Qu’est-ce qui vous a amené à exercer ces fonctions au sein du COE?
Buttrey: Je me le demande aussi parfois! Je pense que ça a commencé avec mon diplôme de science. J’ai étudié la génétique pour ma licence, j’ai travaillé dans un laboratoire, puis je me suis orienté vers la théologie et je suis entré au séminaire. Ma passion, c’était la bioéthique. Ça m’a conduit à passer mon doctorat, puis j’ai commencé à travailler pour le Conseil canadien des Églises. Il y a quelques années, le secrétaire général était en relation avec mon patron d’aujourd’hui, Manoj Kurian, qui dirige la Commission des Églises pour la santé et la guérison. Le Dr Kurian voulait aller plus loin dans ce domaine, de sorte que le Conseil canadien des Églises m’a détaché auprès du COE. Je crois que nous parlons tous et toutes fondamentalement des mêmes choses, sur la scène internationale. Je n’avais pas vraiment réalisé que ça m’amènerait là. Ça tombe plutôt bien, on dirait!
Quels sont vos espoirs ou vos visions concernant le mouvement œcuménique en matière de foi et de science?
Buttrey: Deux choses. D’une part, il s’avère que lorsqu’on lance ces conversations, beaucoup d’Églises disent avoir des positions éthiques différentes sur tel ou tel sujet, mais les nouvelles technologiques semblent faire consensus plus facilement. Je pense qu’on peut dire que toutes les Églises sont préoccupées par l’IA. Tout le monde veut en savoir plus. Tout le monde veut en parler. Tout le monde pense que l’on devrait discuter de l’IA en contexte religieux. Dans la pratique, nos consultations et positions finales sont peut-être différentes, mais nous voulons tous et toutes pouvoir en parler. Le deuxième point est que très peu d’Églises ont assez de personnes compétentes dans ce domaine. Elles ne peuvent pas affecter beaucoup de monde à ces questions spécialisées. S’il y a une personne qui s’intéresse à la foi et à la science, ou deux personnes qui s’intéressent à l’IA, c’est déjà beaucoup. Or, ce n’est pas suffisant pour organiser une conversation. Mais le travail que nous réalisons grâce au COE nous permet de réunir une pleine salle de positions différentes.
Pourriez-vous nous donner un exemple de cette «pleine salle»?
Buttrey: À l’automne 2025, nous avons organisé une formation sur la foi et la génétique qui a rassemblé une vingtaine de stagiaires du monde entier, du Canada à l’Ouganda en passant par le Sri Lanka, l’Inde et le Pakistan. Les cours ont duré dix semaines, et huit conférencières et conférenciers ont été invités. J’étais chargé de la coordination, ce qui n’était pas toujours une mince affaire, mais on sentait vraiment l’ambiance internationale. Entre les stagiaires et le corps enseignant, notre groupe était vraiment varié, et tout s’est très bien passé. Des liens formidables se sont créés. Nous espérons pouvoir recommencer. C’est un modèle d’œcuménisme à petite échelle.