Des ressources liturgiques, des réflexions bibliques et des prières d’intercession sont proposées afin d’offrir aux paroisses et aux congrégations l’occasion de lutter contre l’injustice et de réaffirmer leur attachement à l’idéal chrétien d’unité, de dignité et de justice pour toute l’humanité.
Cette Semaine de prière est étroitement liée à plusieurs journées internationales importantes du mois de mars qui mettent en lumière les combats menés contre les discriminations dans le monde. Les dates ont ainsi été choisies pour coïncider avec la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale (observée le 21 mars) et la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves (le 25 mars). Notons que c’est également au mois de mars qu’a lieu la Journée zéro discrimination (le 1ᵉʳ mars), née dans le contexte particulier du VIH/sida, qui a ensuite été élargie pour mettre en relief les discriminations auxquelles les minorités sont confrontées dans le monde du travail et du fait de leur ascendance.
Tout au long de la semaine, les Églises sont invitées à étudier des passages bibliques et des prières qui soulignent les multiples dimensions de la discrimination ainsi que la vocation chrétienne à les faire disparaître. Une de ces réflexions est consacrée au racisme et au rôle de la jeunesse dans l’édification d’un avenir plus juste. S’appuyant sur les paroles de l’apôtre Paul, «Il n’y a plus ni Juif, ni Grec […], car tous, vous n’êtes qu’un en Jésus Christ», la ressource rappelle que la foi chrétienne nous appelle à dépasser les divisions sociales et raciales. De nos jours, le racisme et les discriminations suscitent souvent anxiété, détresse et exclusion chez les jeunes, alors qu’ils et elles possèdent l’énergie et la vision nécessaires pour s’opposer aux injustices et ouvrir de nouveaux chemins de réconciliation.
Une autre réflexion porte sur l’appel à aimer son prochain, à partir de la parabole du bon Samaritain. Dans un monde de plus en plus marqué par l’antagonisme («nous contre eux»), il est rappelé que l’Évangile nous appelle à incarner une compassion et une solidarité qui transcendent les frontières de la nationalité, de l’origine ethnique, du genre ou du statut social. En se ralliant à la bannière de l’amour et de la grâce de Dieu, les fidèles sont invité-e-s à témoigner d’une unité enracinée non dans l’uniformité, mais dans la foi partagée.
Les ressources pour la prière traitent également de l’injustice des discriminations fondées sur la caste. Une méditation sur la rencontre de Jésus avec la Samaritaine rappelle que le Christ n’a jamais cessé de franchir les barrières sociales rigides de son temps. Son ministère a révélé un royaume où les hiérarchies sont abolies et où la dignité est rendue aux personnes repoussées aux périphéries. C’est pourquoi les Églises sont invitées à confesser leur propre complicité dans les systèmes d’exclusion et à devenir des agents de réconciliation et de guérison.
D’autres réflexions incitent les fidèles à reconnaître les «portes» qui divisent les sociétés, en écho à la parabole du riche et de Lazare. Ce récit met en garde contre le danger de l’indifférence, lorsque nous regardons souffrir l’autre sans rien faire. Il nous invite à examiner comment les systèmes passés et présents (notamment le colonialisme, l’inégalité économique et les privilèges sociaux) continuent de séparer les communautés humaines et de faire obstacle à la justice.
D’autres prières insistent sur l’inclusion des personnes handicapées en tant que membres indispensables du Corps du Christ. S’inspirant de l’enseignement de l’apôtre Paul selon lequel «si un membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance», les réflexions affirment que la diversité dans l’Église n’est pas une faiblesse, mais un don. La véritable inclusion implique de reconnaître que chaque être humain est porteur de dons essentiels à la vie de la communauté.
La Semaine met également l’accent sur la dignité et les droits des enfants en rappelant le commandement de Jésus: «Laissez les enfants venir à moi.» Dans un monde où les conflits, les déracinements et les discriminations privent tant d’enfants de leur enfance, les Églises sont encouragées à protéger, à entretenir et à écouter les voix des jeunes.
La Semaine de prière se termine par un appel à une solidarité et à une transformation intimes. Les lamentations, les actions de grâces et les intercessions permettront aux fidèles de se remémorer les histoires douloureuses de l’esclavage, du racisme et de l’exploitation, tout en se réengageant en faveur de la justice et de la réconciliation.
Les Églises, les partenaires œcuméniques et les communautés de foi sont encouragées à organiser des cultes, des rassemblements de prières et des événements éducatifs durant cette semaine. En priant ensemble et en étudiant les thèmes proposés, les chrétien-ne-s du monde entier pourront rendre témoignage de la promesse évangélique de réconciliation, et contribuer à bâtir des sociétés fondées sur la dignité, la justice et la paix.
Nouvelles publications antiracistes et anti-préjugés du COE pour les Églises et les communautés
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