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Églises évangéliques

Luther a utilisé le terme "évangélique" pour tous les chrétiens qui acceptaient la doctrine de la grâce seule (sola gratia), qu'il considérait comme le coeur de l'Evangile. Dès le début du XVIIIe siècle, ce terme était devenu en Europe un simple synonyme de "protestant" ou, dans les régions germanophones, de "luthérien". En Grande-Bretagne, cependant, l'expression "réveil évangélique" semble avoir été utilisée à partir du milieu du XVIIIesiècle pour désigner l'éveil religieux mené par les Wesley, puis, plus tard, les partisans du réveil se sont donné le nom d'évangéliques. Alors qu'au XVIIIe siècle les caractéristiques étaient la piété personnelle, la ferveur personnelle et la philanthropie, ces caractéristiques se sont progressivement déplacées vers l'expérience personnelle de la rédemption en Christ, les préoccupations sociales et l'orthodoxie confessionnelle. A la fin du XIXe siècle, l'expérience évangélique personnelle de la conversion devenait un élément central de toute pensée et action évangéliques. Au sein des principales Eglises protestantes (réformées, méthodistes, etc.), en particulier dans le monde anglophone, des oppositions et des divisions ont commencé à se cristalliser autour de catégories telles que "libéral", "conservateur", "évangélique" et "fondamentaliste" dans les premières décennies du XXesiècle. Les libéraux étaient ouverts à la modernité et encourageaient l'évangile social. Les évangéliques résistaient à la sécularisation libérale du Christ, défendaient l'inerrance biblique et cherchaient de plus en plus à s'abriter sous la bannière du fondamentalisme.

Ce n'est qu'au milieu des années 1940 qu'un "nouvel évangélisme" commença à émerger, capable de critiquer la paranoïa théologique et le séparatisme du fondamentalisme. Sur le plan de la doctrine, les nouveaux évangéliques confessaient l'infaillibilité de la Bible, la Trinité, la déité du Christ, l'expiation vicaire, la personnalité et l'oeuvre du Saint Esprit et la seconde venue du Christ. Il s'agit là des caractéristiques théologiques qui sont partagées par la majorité des Eglises évangéliques aujourd'hui dans le monde. Une autre caractéristique distinctive est le zèle missionnaire dans l'évangélisation et l'obéissance à la grande mission (Matthieu 28,18-19). La prise de distance avec le fondamentalisme a offert des possibilités de surmonter les divisions avec le protestantisme traditionnel, mais ces possibilités ont rapidement été éclipsées par le climat idéologique de la guerre froide, durant laquelle "évangélique" devint synonyme de "conservateur", alors qu'être "oecuménique" équivalait à être "de gauche" ou "progressiste" (selon le point de vue personnel de l'observateur). Plus récemment, les évangéliques ont adopté des positions conservatrices sur les questions morales, notamment concernant la sexualité, l'avortement et l'euthanasie. Bien que ces étiquettes leur soient encore fréquemment attribuées, de nombreux évangéliques cherchent à être reconnus pour d'autres questions d'importance telles que la pauvreté, la justice socio-économique et raciale, les relations entre les genres, et les droits de la personne.

Les Eglises évangéliques ont connu une croissance exponentielle au cours de la seconde moitié du XXe siècle et continuent d'afficher une grande vitalité, en particulier dans les pays du Sud. Cette résurgence s'explique en partie par la progression phénoménale du pentecôtisme et l'émergence du mouvement charismatique (voir la section "Èglises pentecôtistes"), qui sont étroitement associés à l'évangélisme. Cependant, il ne fait aucun doute que la tradition évangélique en soi est devenue l'une des composantes majeures du christianisme mondial. Les évangéliques constituent également des minorités non négligeables dans les Eglises anglicanes et protestantes traditionnelles. Dans des régions comme l'Afrique et l'Amérique latine, les frontières entre "évangélique" et "classique" évoluent rapidement, ce qui donne lieu à de nouvelles réalités ecclésiales.

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