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Rapport commun du Comité du programme et du Comité d'examen des directives

06 septembre 2006

1. Le Comité du programme et le Comité d'examen des directives se sont réunis en session commune pour discuter de la planification des programmes du Conseil oecuménique des Eglises pour la période 2007-2013. 

2. Au cours des séances de délibération en plénière ainsi qu'en dialogue avec le secrétaire général, les participants ont discuté des aspects pratiques de la mise en oeuvre, y compris du nouveau regroupement des domaines de programme, du rôle des commissions, du style de travail en collaboration attendu du personnel et des modalités de mise au point des critères d'évaluation des activités, des projets et des programmes du COE. La logique d'intégration des travaux de différentes commissions consultatives (Commission des Eglises pour les affaires internationales, Justice, paix et sauvegarde de la création, Dialogue interreligieux, Diaconie) en un seul comité consultatif, à savoir la CEAI, a été examinée et considérée non seulement comme répondant à la situation financière du Conseil, mais aussi comme une façon nouvelle et plus intégrée d'aborder le travail dans des domaines liés les uns aux autres. 

3. Les membres des deux comités se sont ensuite répartis librement en petits groupes pour se concentrer sur chacun des six principaux domaines de programme proposés et sur la communication, sur la planification des programmes dans son ensemble, et sur les rapports du président et du secrétaire général, notamment pour ce qui touche au mandat des comités.  

A. Commentaires sur les rapports du président et du secrétaire général. 

4. Des membres des comités se sont fait l'écho de remarques d'ordre général sur chaque rapport et de discussions à l'Assemblée pour dire que le discours du président doit proposer des perspectives, tandis que le secrétaire général doit rendre compte au Comité central du travail accompli depuis la dernière réunion. Des préoccupations ont aussi été exprimées à propos du fait que la représentation des jeunes au Comité de continuation n'était pas suffisante pour répondre aux recommandations du processus sur l'oecuménisme au 21e siècle.  

5. Des questions ont été posées à propos de la coordination entre les Communions chrétiennes mondiales et le COE. On a proposé un organisme consultatif conjoint, et l'un des sous-groupes estime que le Comité central devrait prendre une initiative sans ambiguïté, comme cela a été décidé par l'Assemblée, en constituant cet organisme en consultation avec les CCM. 

 

Allocution du président 

6. Le discours du président a été reçu avec gratitude et sa tonalité pastorale a été appréciée. On a souligné spécialement l'insistance mise sur le pluralisme religieux, la spiritualité et le thème de l'espérance résolument tournée vers l'avenir. En même temps, il conviendra de réfléchir plus avant sur les contenus, les implications et la présence effective de cette espérance. 

7. Pour certains, dans les discussions sur le pluralisme religieux, il faudrait dépasser le stade interdénominationnel et, s'il importe de comprendre la spécificité du pentecôtisme, du catholicisme romain, de l'orthodoxie et du protestantisme, il convient aussi de mettre en valeur les relations entre eux. Le rapport du président, émanant du contexte de la situation au Brésil, a montré combien il est précieux que les délégués donnent au Comité central et au mouvement oecuménique un reflet de la situation dans laquelle ils vivent. 

Rapport du secrétaire général 

8. L'attention portée dans le rapport du secrétaire général à la question de la migration a été très appréciée. En même temps, si l'on veut aborder cette question de façon très complète, il faut développer beaucoup plus d'aspects et cela doit se traduire plus nettement dans les programmes, dans le contexte de la relation entre la mondialisation et l'oikoumene, par exemple : la fuite des cerveaux, les migrations Sud-Sud, la traite des êtres humains, les Eglises d'immigrés qui entraînent une multiplication du nombre des Eglises, avec ce que cela implique pour la vie de l'Eglise et son unité, l'externalisation (outsourcing) des industries du Nord, la migration en vue d'avantages économiques et ses répercussions sur l'exploitation des ressources des peuples autochtones, « l'évangile de la prospérité » et la spiritualité, la migration des idées et ses conséquences sur l'Eglise. 

9. Le fait de prendre en considération les questions relatives à la migration et « l'Eglise de l'étranger » impliquera nécessairement l'intégration des domaines de programme, car on y trouve les thèmes de l'hospitalité et de l'accueil, de la santé et de la guérison, de la justice, des droits de la personne et de la sécurité humaine, etc. La migration et l'hospitalité soulèvent d'importantes questions dans le domaine théologique et sociologique. 

10. La question de la priorité donnée au Moyen-Orient et la proposition de créer un Forum Israël-Palestine ont été favorablement accueillies. On a également souligné, dans le contexte géopolitique global, la nécessité de faire reposer nos actions d'intervention « sur nos principes moraux et théologiques et sur une analyse réfléchie des causes du conflit » (paragraphe 12). De même, on a affirmé qu'il était nécessaire de maintenir sous la responsabilité du COE la coordination globale du programme EAPPI (Programme oecuménique d'accompagnement en Palestine et en Israël). On a insisté sur l'importance d'intégrer les différents programmes s'occupant du Moyen-Orient. Nous avons également pris en compte le fait que le Moyen-Orient est la région des « lieux saints ». 

Nouveaux défis 

11. La déclaration sur l'intégration des peuples autochtones nous appelle à examiner plus avant :
a) diverses expressions de spiritualité
b) la reconnaissance du fait que toutes les Eglises ont des droits et des responsabilités égaux au sein de la société (question des Eglises majoritaires et minoritaires) 

B. Commentaires sur la planification des programmes  

Observations générales 

12. Le Comité appuie avec force l'organisation et le style de travail présentés dans la proposition de planification des programmes et félicite le personnel pour la conception et la réalisation de ce travail. Il apprécie aussi la façon dont la formulation de cette présentation vise à considérer le travail du Conseil dans le cadre d'évolutions et d'initiatives oecuméniques plus vastes et en accord avec la vision CVC. Le Comité s'est également félicité de l'engagement figurant clairement dans le projet d'intégrer davantage la réflexion théologique et de tendre à avoir des bases spirituelles plus explicites, ainsi que d'inclure dans tous les domaines de programme des mouvements populaires de la société civile. Le Comité confirme l'orientation générale du projet, avec son intention évidente de garder le lien entre les anciens « courants » et les équipes correspondantes du personnel du COE, et de créer une meilleure collaboration dans l'ensemble du travail du Conseil. 

13. Mais des préoccupations ont été exprimées quant à la capacité du personnel du COE à accomplir le travail correspondant aux 80 activités présentées dans la planification des programmes. Il faudra encore travailler pour mettre au point des indicateurs de résultats dans le cadre du suivi. Il faudrait indiquer des résultats mesurables pour chaque activité et les relier directement aux objectifs de chaque programme et projet. Les sous-comités ont trouvé que les attributions budgétaires n'étaient pas claires et il leur a paru par conséquent difficile d'évaluer si telles activités et priorités du COE bénéficiaient d'une allocation budgétaire suffisante. Le Comité central demande que des mécanismes destinés à améliorer une démarche intégrée soient clairement définis et intégrés dans la structure de tous les programmes et projets. 

14. Il semble qu'il y ait un certain manque de clarté quant aux destinataires de chacun des programmes décrits dans cette section. Le Comité central demande qu'on définisse clairement qui seront les premiers destinataires de toute activité à mettre en oeuvre. 

15. On s'est interrogé pour savoir si les termes « programme » et « projet » étaient en fait les meilleurs pour parler du travail du Conseil, avec une certaine préférence pour des termes tels que « priorités » ou « domaines d'engagement ». Certains se sont dits préoccupés de constater que la priorité à la mission et à l'évangélisation dans la vie du COE semblait se perdre dans l'ensemble du programme du COE, un seul secteur de projet faisant spécialement référence à la mission. On a réduit le pentecôtisme aux aspects unité et mission, mais il serait préférable de réaliser qu'il a encore plus directement à voir avec la spiritualité. Le terme « évangélisation » ne figure dans aucun des titres de programme. Des membres ont exprimé leur inquiétude face à une définition et une utilisation peu claires du mot « mission », ainsi qu'à propos des fonds attribués au travail avec les pentecôtistes et les évangéliques ; ils ont souligné l'importance d'établir un ordre de priorité dans le travail du Conseil en attribuant les fonds. 

16. Le Comité confirme qu'il y a de bonnes raisons de réunir les quatre groupes consultatifs en un seul sous le titre de CEAI et conçoit le rôle de la CEAI comme consultatif, alors que la tâche consistant à suivre et à évaluer les programmes est du ressort du Comité exécutif. Il reste préoccupé à propos de la manière dont les compétences et la représentation des commissions supprimées pourront continuer d'influencer les programmes. Il faudra faire figurer dans la planification des programmes concernés le fait que la nouvelle CEAI est un organe consultatif. On a suggéré d'encourager la CEAI à suivre l'exemple de la Commission spéciale de travailler en sessions plénières et en sous-comités selon les besoins. 

17. Les membres du Comité ont souligné qu'il était nécessaire à la fois « d'approfondir » et « d'élargir » le vécu du mouvement oecuménique au 21e siècle. La démarche d'approfondissement de la vie oecuménique a déjà été expérimentée dans le travail de la Commission spéciale sur la participation des orthodoxes au COE, et il convient de le reconnaître clairement. « L'élargissement » du mouvement oecuménique dépend d'un effort bien défini et intentionnel, et il faut qu'il y ait une responsabilisation claire quant au temps et aux efforts que le personnel consacrera à ce genre de relations. Le Comité central décide qu'un rapport spécial devra lui être présenté sur la manière dont cette démarche approfondit et élargit les relations oecuméniques pour le 21e siècle.  

18. Le travail du Forum chrétien mondial est considéré comme une étape importante de « l'élargissement » des relations oecuméniques aujourd'hui. Ce Forum s'est efforcé d'instituer de nouvelles relations entre ceux qui n'ont pas encore participé pleinement aux structures oecuméniques ou au mouvement oecuménique moderne et ceux qui l'ont fait. Le soutien permanent du COE, approuvé par l'Assemblée, est un exemple important d'imagination et d'espérance oecuménique tandis que nos regards se tournent vers l'avenir. 

19. Le Comité a insisté pour que les relations avec d'autres, qui accomplissent en travail en rapport avec le COE, soient encouragées de manière informelle mais importante, ce qui pourrait conduire à une collaboration féconde et éviter un chevauchement inutile des efforts. Lorsque ce genre de travail est accompli au nom du COE, il faut que cela soit reconnu et dit de façon appropriée. 

20. Autre préoccupation : que les Eglises puissent déterminer, dans tous les domaines, les questions à mettre à l'ordre du jour du COE. Ainsi, l'Irak, Sri Lanka, la Colombie sont des points critiques qui n'éveillent pas toujours assez l'attention des médias et ne reçoivent donc pas non plus de la part du COE toute l'attention qu'ils méritent. 

21. Le Comité a mis en évidence le rôle spécifique que devrait jouer le COE en relation avec l'ONU, et il a notamment demandé un renforcement du Bureau de liaison du COE auprès des Nations Unies, de sorte que le Bureau de New York puisse également éclairer les travaux du COE. On s'est demandé si le budget attribué à ce bureau était à la hauteur de l'importance de son rôle. 

22. Concernant les jeunes et les femmes, le Comité s'est demandé si l'objectif commun consistant à assurer leur pleine participation pouvait être atteint au moyen de programmes centrés particulièrement et exclusivement sur ces groupes, ou si la meilleure façon d'avancer ne consistait pas d'abord à chercher à intégrer pleinement les femmes et les jeunes dans la vie des Eglises membres comme parties complémentaires et essentielles de tout programme. On pourrait introduire des points de repère concernant la participation des femmes et des jeunes comme critères d'évaluation de tous les programmes. Il faudrait veiller particulièrement à faire participer les femmes et les jeunes à la « reconfiguration » du mouvement oecuménique au 21e siècle. Les préoccupations relatives aux peuples autochtones devraient être davantage intégrées dans le travail programmatique général du COE. 

23. Le Comité reconnaît l'effet positif du Programme d'accompagnement spécial de l'Afrique (« Focus on Africa ») au cours des sept dernières années et souhaiterait voir comment les réalisations, les leçons et les défis pour l'avenir sont incorporés dans l'actuelle planification des programmes. 

24. Le Comité, rappelant que l'Assemblée de Porto Alegre a pris acte de la déclaration Appelés à être l'Eglise une et demandé qu'un processus de discussion d'une durée de sept ans soit mis en place dans les Eglises en réponse à cette déclaration, se réjouit de recevoir des rapports périodiques de Foi et constitution sur la progression des discussions (cf. paragraphe 33c). Ces travaux pourront aider à « progresser vers l'unité visible de l'Eglise » et à « faire avancer l'examen des questions ecclésiologiques fondamentales soulevées par la Commission spéciale » (cf. résolution de la Neuvième Assemblée).  

25. Les membres du Comité ont fait remarquer qu'il conviendrait de soumettre un rapport d'évaluation complet des programmes au plus tard au Comité central de 2009. On a affirmé l'importance d'une stratégie de communication mieux coordonnée, afin d'améliorer et de préciser l'image du COE et de rendre sa parole plus claire. 

Programmes spécifiques

 

P1 Le COE et le mouvement oecuménique au 21e siècle 

26. Interprétation de la vision oecuménique du COE (P 101) et Plate-forme mondiale de théologie et d'analyse (P 102) : Le Comité souligne le besoin de programmes spécifiques d'intervention, étant donné la permanence des relations d'inégalité concernant la participation des femmes et des jeunes à la vie oecuménique. En outre, le rôle des femmes et des jeunes dans la « reconfiguration » du mouvement oecuménique au 21e siècle, ainsi qu'on l'a souligné dans la présente section, devrait être un point sur lequel on insiste beaucoup dans ces programmes.  

27. La plate-forme mondiale de théologie et d'analyse (P 102) constitue une priorité essentielle, on l'a dit avec force. On a souligné que la réflexion théologique sur la crise du VIH devrait être l'un des domaines de travail, conformément aux décisions de la Neuvième Assemblée. Le Comité propose également que la plate-forme mondiale de théologie et d'analyse comporte une réflexion théologique sur les droits de la personne. 

28. Le Comité propose d'inclure Foi et constitution, la Commission de mission et d'évangélisation et l'Institut oecuménique de Bossey dans la méthodologie du projet comme faisant partie du processus de consultation. 

29. Cultiver les relations avec les Eglises membres (P 103) : Le Comité approuve avec force ces priorités, ainsi que la méthode des visites entre Eglises membres (comme celles qui ont eu lieu il y a quelques années par le système dit des « lettres vivantes »). On note toutefois que le niveau prévu des dépenses en ce domaine (P103-3) est très faible par rapport à sa profonde signification pour la formation oecuménique, et on suggère que cette démarche bénéficie d'une priorité accrue. 

30. Partenariat avec les organisations oecuméniques (P 104) : Le Comité central demande qu'une réflexion approfondie se poursuive sur le sens et la signification d'une « assemblée oecuménique commune » afin d'évaluer cette possibilité, de préférence pour 2013. 

31. Le Comité central demande au Bureau d'examiner la composition proposée pour le Comité de continuation sur l'oecuménisme au 21e siècle, en prenant en compte le manque de représentation des jeunes (ce qui est en contradiction avec la description du projet), la représentation insuffisante des orthodoxes, l'absence de toute représentation des pentecôtistes ou des Eglises libres, ainsi que d'autres déséquilibres. 

P2 Unité, mission, évangélisation et spiritualité 

32. A propos du programme Unité, mission et spiritualité, le Comité est préoccupé par le fait que : (a) en raison de son caractère favorisant une démarche globale, il se pourrait que des domaines de travail soient négligés par tel ou tel autre domaine de travail ; (b) il est difficile d'en définir la portée et d'évaluer effectivement les projets spécifiques et le travail dans son ensemble. 

33. Le Comité est partisan de l'intégration d'un certain nombre de commissions, ainsi que cela a été proposé au cours de cette réunion du Comité central, tout en soulignant la valeur et le rôle des commissions historiques telles que Foi et constitution et la CME. Le Comité insiste également pour que tous les programmes soient attentifs aux apports et aux idées des Eglises pentecôtistes. 

34. Le Comité central décide ce qui suit : 

a) Le terme « évangélisation » sera ajouté au titre de ce programme qui deviendra : « Unité, mission, évangélisation et spiritualité », et on clarifiera la définition et l'utilisation de ces termes. 

b) En ce qui concerne la relation entre les programmes Unité, mission et spiritualité (P2) et Coopération et dialogue interreligieux (P6), on veillera particulièrement à inclure la dimension théologique dans le travail sur le dialogue interreligieux, et on poursuivra le travail commun, au niveau des commissions comme à celui du personnel, sur « la pluralité religieuse et l'identité chrétienne » entrepris par le Dialogue interreligieux, la Commission de mission et d'évangélisation, et Foi et constitution. Le COE est une communauté fraternelle d'Eglises. En tant que croyants, il faut que notre réflexion sur notre identité et sur les autres religions soit motivée par notre point de vue de croyants et non pas uniquement par un point de vue politique et sociétal. 

c) A propos des projets Appelés à être l'Eglise une (P201) et La spiritualité et le culte dans le contexte oecuménique (P202), on effectuera le travail dans les domaines « Anthropologie théologique et discernement moral dans les Eglises », et « La tradition et les traditions : le partage des sources de l'autorité » selon les indications données dans le rapport de la Commission permanente de Foi et constitution réunie à Faverges en juin 2006 (voir annexe). 

d) A propos du projet Des communautés justes et sans exclusive (P204), compte tenu de ce que ces domaines de préoccupation (personnes handicapées, peuples autochtones, dalits, personnes confrontées à la discrimination raciale) soulèvent des questions de justice et demandent des interventions, ce travail sera entrepris dans le cadre de Justice et diaconie (P4) et on reconnaîtra que ces questions ont des dimensions théologiques, et qu'elles doivent par conséquent influencer la réflexion entreprise avec Unité, mission, évangélisation et spiritualité (P2). 

e) A propos de l'Initiative oecuménique de lutte contre le VIH et le sida en Afrique (EAIA) (P407), on travaillera avec les réseaux des Eglises pentecôtistes, de manière à les impliquer et à leur permettre de recevoir des financements oecuméniques ; selon le Comité, une telle mesure serait efficace, car ces réseaux ont une grande influence sur les situations locales. 

P3 Témoignage public : face au pouvoir, affirmer la paix 

35. Décennie « vaincre la violence » : les Eglises en quête de réconciliation et de paix (DVV) (P301)

Le Comité réaffirme le mandat de l'Assemblée concernant les visites d'équipes durant la seconde moitié de la DVV, et demande que des fonds soient alloués à ce projet. Il propose également que les visites d'équipes soient intégrées à d'autres projets, incluant par exemple des jeunes ou des projets interreligieux.  

36. Le Comité rappelle la décision de l'Assemblée qui prévoit que le Rassemblement oecuménique international pour la paix constituera le point culminant de la DVV ; il salue les démarches entreprises pour mettre en route le processus préparatoire à ce rassemblement. 

37. Le projet DVV (P301-01c) (Coordination et travail en réseau à l'ONU et au Forum social mondial) devrait inclure le travail en réseau avec les initiatives de paix des femmes.  

38. Plaidoyer pour la justice et la responsabilité (P302) : Le Comité demande que la cohérence et les possibilités de synergie entre les projets Plaidoyer pour la justice et la responsabilité (P302) et Pauvreté, richesse et écologie : réflexion et action (P306) soient expressément mentionnées et décrites.  

39. Le Comité central affirme le rôle unique du COE, qui devrait être le sien à l'ONU ; il souligne la nécessité de renforcer le travail de plaidoyer et le témoignage à ce niveau et d'augmenter le budget prévu. Cette activité signifierait à la fois qu'on rapporte à l'ONU et aux agences qui lui sont rattachées les préoccupations du COE, et qu'on fasse rapport au COE au sujet des actions de l'ONU et de ses agences. Il faut maintenir la cohérence entre l'activité de plaidoyer du COE auprès des Nations Unies et la responsabilité des Eglises. (Cette observation concerne aussi le projet Responsabilité mutuelle (P402)). Il faut élaborer un discours théologique clair à propos de termes utilisés par l'ONU et par la communauté internationale (par exemple « génocide », « guerre contre le terrorisme », « dommages collatéraux », « droits de la personne »). 

40. Les activités dont il est question dans Plaidoyer pour la justice et la responsabilité (P302) doivent être coordonnées avec d'autres domaines. Par exemple, la Convention pour la promotion des droits des handicapés actuellement soumise à l'ONU concerne un sujet de préoccupations du COE et des Eglises, de même que la Déclaration sur les droits des populations autochtones. Le Comité approuve les activités de plaidoyer auprès des Nations Unies déployées par le programme « Peuples autochtones » du COE et appelle à la poursuite de ce travail. 

41. Droits de la personne et dignité humaine (P303) : Dans ce domaine, le Comité a affirmé qu'il est urgent d'élaborer une base théologique des droits de la personne sur laquelle tous puissent s'accorder, ainsi que le prévoit le programme. Au vu de l'attention que ce projet accorde à la liberté religieuse, on prendra particulièrement en considération les minorités religieuses, notamment les chrétiens auxquels le droit d'exprimer leur foi est dénié et qui sont opprimés et persécutés. 

42. Les Eglises au Moyen-Orient : solidarité et témoignage en faveur de la paix (P304) : Le Comité central décide de placer le Forum Israël-Palestine, proposé dans le rapport du secrétaire général, dans le contexte général du Moyen-Orient, dans le projet 304.

43. Programme oecuménique d'accompagnement en Palestine et en Israël (EAPPI) (P305) : Le Comité central décide que le COE continuera à organiser EAPPI, pour garantir la dimension mondiale de ce programme et pour continuer à faciliter la participation d'Eglises du monde entier.  

44. Pauvreté, richesse et écologie : réflexion et action (P306) : Le Comité propose de modifier le nom de ce projet et de l'intituler : « Pauvreté, richesse et écologie :les effets de la mondialisation économique ». 

45. Le Comité attire l'attention du Comité central sur la recommandation suivante du Comité d'orientation du programme de l'Assemblée : « La Neuvième Assemblée affirme qu'un suivi du processus AGAPE doit être entrepris et élargi en collaboration avec d'autres partenaires et organisations oecuméniques, au sens où l'on s'engagera (1) dans une réflexion théologique sur les questions qui émanent du centre même de notre foi, (2) dans une analyse politique, économique et sociale approfondie, (3) dans un dialogue permanent entre les milieux religieux, économiques et politiques, et (4) dans un partage de perspectives pratiques et positives de la part des Eglises. » 

46. Pauvreté, richesse et écologie : réflexion et action (P306) doit être mis en forme dans ce cadre, défini par l'Assemblée. 

47. On a fait observer que l'Assemblée n'a pas formellement approuvé le plan d'action d'AGAPE, comme on l'affirme dans le projet, mais que le document AGAPE a été soumis à l'Assemblée à titre de document d'information générale. La formulation du projet doit être adaptée de telle sorte qu'elle reflète de manière précise le statut du document AGAPE.  

48. Le Comité central décide que l'intitulé de l'activité « Rencontres d'Eglises sur la mondialisation économique » (P 306-01) sera modifié en : « Rencontres d'Eglises sur la richesse et la pauvreté : effets de la mondialisation économique ».  

49. Le Comité central décide d'établir un lien visible entre le processus AGAPE et le Rassemblement oecuménique international pour la paix et la déclaration qui marqueront la conclusion de la Décennie « vaincre la violence ». 

50. Pauvreté, richesse et écologie : réflexion et action (P306). Le Comité a noté que les personnes autochtones sont les plus pauvres des pauvres dans tous les contextes mondiaux. Les réglementations commerciales, l'établissement de zones de libre échange, la récolte des ressources naturelles et la soumission aux politiques d'ajustement structurel du FMI et de la Banque mondiale ont eu des effets nocifs sur les communautés autochtones qui se retrouvent en tension entre tradition et « développement ».  

P4 Justice et diaconie 

51. Le Comité central décide ce qui suit : 

a) Ce programme sera intitulé : « Justice, diaconie et responsabilité pour la création », ce qui donnera une visibilité accrue à la création et à la responsabilité d'en prendre soin.

b) On assurera une meilleure intégration des activités entre Pauvreté, richesse et écologie (P306) et Les changements climatiques et l'eau : prendre soin de la création (P405) ; les budgets seront revus pour rendre cette intégration apparente et on envisagera une fusion complète de ces projets. Ces deux projets traitent de questions liées à l'environnement. Bien que leurs objectifs diffèrent, les activités doivent être intégrées de manière plus délibérée.

c) On fusionnera le projet Responsabilité mutuelle (P402) avec Solidarité oecuménique (P401) sous le titre : « Solidarité, responsabilité et responsabilisation oecuméniques » ; le terme « responsabilité mutuelle » couvre un champ beaucoup plus vaste que les activités proposées. La responsabilisation devrait être le fondement de la plupart des programmes du Conseil. Puisqu'il s'agit là d'une composante essentielle de la solidarité oecuménique, ces deux projets devraient être fusionnés.

d) Le projet fusionné Solidarité et responsabilité oecuméniques (P401) prendra en compte les points suivants :

  • la communication doit faire partie intégrante de la méthodologie de ces activités ;

  • le COE facilitera la communication d'informations sur les initiatives de développement des capacités mises en oeuvre par d'autres acteurs aux Eglises locales et aux autres partenaires qui peuvent en avoir besoin ;

  • le COE insistera auprès des participants à ACT International et ACT Développement pour qu'ils développent les capacités des Eglises actives dans le domaine de la diaconie, et qu'ils le fassent d'une manière cohérente, fondée sur la collaboration, dans la ligne du mouvement d'ACT International et d'ACT Développement vers une intégration plus étroite. 

e) Le projet Foi, science et technologie (P404) sera intitulé « Foi, science, technologie et éthique ».

f) Etant donné le lien existant entre certains aspects du mandat du Réseau oecuménique de défense des personnes handicapées (EDAN) et le projet Foi, science, technologie et éthique (P404), on reformulera les objectifs spécifiques du projet en y faisant figurer ce qui suit : … « ajouter à la liste des points concernant les sciences et la technologie des questions soulevées par le réseau EDAN et les leçons tirées de son expérience », et on ajoutera EDAN à la section traitant des relations.

g) Santé et guérison (P406) comportera une activité supplémentaire intitulée : « Guérir les mémoires, réconcilier les communautés », dont les travaux devraient se dérouler en collaboration étroite avec les projets suivants : Des communautés justes et sans exclusive (P204), Plaidoyer pour la justice et la responsabilité (P302), Santé mentale (P406-03) et la Décennie « vaincre la violence » (P301). Le COE est particulièrement bien placé pour travailler sur les questions touchant la réconciliation et la guérison des mémoires. Les traumatismes dus aux conflits ne disparaissent pas au moment de la signature des accords de paix, et de nombreuses Eglises sont aux prises avec la tâche qu'elles ont à accomplir dans la guérison des personnes et des communautés. S'il entreprend ce travail en profondeur dans le domaine de la réconciliation, le COE verra sa voix renforcée sur la scène publique. 

h) L'Initiative oecuménique de lutte contre le VIH/sida en Afrique (EHAIA) (P407) sera maintenue comme projet séparé. Le Comité affirme le rôle du COE dans ce programme et attend de l'évaluation de 2007 davantage de clarification au sujet du rôle futur du COE et des enseignements qui pourraient s'appliquer à d'autres régions.

i) Les préoccupations concernant les peuples autochtones seront intégrées dans le travail de P403.  

P5 Formation oecuménique et initiation à la foi 

52. Le Comité affirme l'importance du travail de Bossey et d'Education et formation oecuménique pour la vie du COE, tel qu'il apparaît dans les projets proposés. Toutefois, ceux-ci ne donnent pas l'image de projets authentiquement intégrés, mais plutôt de deux activités qui se poursuivent en parallèle. Il semble qu'on n'ait pas encore travaillé suffisamment en vue de cette intégration. 

53. L'accent mis sur la formation oecuménique dans tous les domaines fait écho à l'esprit et au mandat de la Neuvième Assemblée, et nous en sommes satisfaits. L'élément « initiation à la foi » qui figure dans le titre de ce programme et de la Commission a suscité quelques préoccupations. Pour beaucoup, c'est Dieu qui donne la foi, et non pas nous qui lui donnons forme. La Commission est invitée à proposer un titre qui convienne mieux lorsqu'elle se réunira : peut-être « Education et formation oecuménique », ou « Formation oecuménique et initiation chrétienne (ou à la foi) », ou encore un titre qui utilise le concept qu'on trouve en français : l'«édification dans la foi ». A lui seul le titre « Formation oecuménique » ne suffit pas, car il ne rend pas compte de l'idée de soutien aux Eglises pour élaborer des méthodes destinées à initier les gens et à les faire croître dans la foi. 

54. Un certain nombre de questions sont soumises à la Commission pour qu'elle les étudie : 

a) A-t-on fait une place à la diffusion du savoir (y compris par voie électronique) comme l'un des domaines où Bossey et Education et formation oecuméniques pourraient échanger des ressources ? On a pris note de l'expérience de formation communautaire en ligne parrainée par le programme des bourses, de même que la formation par extension de Bossey.

b) Pourrait-on mentionner plus explicitement les jeunes et les jeunes adultes ?

c) Pourrions-nous faire une place à la recherche de moyens permettant de faciliter la formation théologique de personnes autochtones et d'en tirer des enseignements, étant donné que ces personnes mettent en question les modes de pensée traditionnels ?

d) Pourrions-nous profiter du 50e anniversaire du Fonds pour l'enseignement théologique, en 2008, pour promouvoir les activités du COE en matière de formation théologique ?

55. Le Comité central affirme sa position en ces termes :  

Le Comité central approuve les buts définis aux pages 31-32 du document GEN05 et souhaite que les travaux de Bossey et de l'équipe Education et formation oecuménique contribuent à réaliser chacun de ces buts. Il accepte l'intégration de Bossey et de l'équipe d'Education et formation oecuménique, mais il estime que les projets tels qu'ils sont présentés actuellement ne reflètent pas l'intégration projetée. Il faut consacrer plus de temps à l'élaboration de projets intégrés et s'engager plus sérieusement dans cette démarche ; il recommande donc que la nouvelle Commission soit autorisée à convenir d'une nouvelle liste de projets lors de sa première réunion. Vu l'urgence de la situation, la Commission devrait se réunir dès que possible et soumettre un rapport au Comité exécutif. Un groupe de planification restreint composé de membres de la Commission et du personnel doit se mettre au travail de toute urgence, en prenant en considération tous les commentaires formulés par le Comité central tels que notées ci-dessus. 

56. Dans ce contexte, le Comité central souligne 

a) la priorité de la mise en réseau et de la mise à disposition de matériels pour la formation et l'éducation formelles et informelles dans les institutions et les Eglises des différents pays et régions, et

b) l'importance de faire connaître largement le travail du COE en ce domaine, en particulier en Afrique francophone et lusophone et en Amérique latine hispanophone et lusophone. 

P6 Coopération et dialogue interreligieux 

57. Le Comité soutient l'inclusion de Coopération et dialogue interreligieux dans la commission mixte connue sous le nom de Commission des Eglises pour les affaires internationales (CEAI), faisant ainsi intervenir la perspective interreligieuse dans l'examen de la politique internationale.  

58. Dans le même temps, le Comité souligne l'importance d'une réflexion théologique au sein du christianisme, et notamment la collaboration entre Foi et constitution, la Commission de mission et d'évangélisation et Coopération et dialogue interreligieux, à propos du document « Identité chrétienne et pluralité religieuse ». 

59. Le Comité central demande que ce travail se poursuive et formule les recommandations suivantes : 

a) Des visites d'équipes / lettres vivantes seront clairement intégrées au programme de la DVV, et celles-ci comporteront des rencontres interreligieuses entre jeunes, pour garantir que la DVV bénéficie de l'expérience des jeunes en matière d'édification de la paix.

b) Le Rassemblement oecuménique international pour la paix tiendra compte des perspectives d'autres religions, y compris dans la planification et les consultations régionales.

c) Le COE soutiendra une déclaration des Nations Unies en faveur d'une « Décennie de coopération et de dialogue des religions pour la paix - 2009-2019 » et s'en fera l'avocat.

d) Les programmes interreligieux comporteront un dialogue avec les peuples autochotones et les religions autochtones.

e) Le programme Coopération et dialogue interreligieux et ceux de Justice et diaconie et de Foi, science et technologie et éthique coopéreront sur les questions de la sécularisation et du fondamentalisme.

60. L'un des rôles que le COE est seul à pouvoir assumer est de ménager un espace permettant d'élargir les dialogues bilatéraux dans une perspective oecuménique commune et d'être le porte-parole des chrétiens dans le monde entier. Faire de la coopération et du dialogue interreligieux une priorité aiderait les Eglises membres à communiquer les activités de programme. C'est pourquoi le Comité est d'avis et souligne que les sommes allouées à Coopération et dialogue interreligieux doivent être augmentées.  

61. Le Comité demande des explications plus détaillées sur les interactions pratiques entre l'activité diaconale, le plaidoyer politique et la réflexion théologique. Le Comité note qu'il est nécessaire d'échanger des expériences, d'établir des liens entre les communautés religieuses sur le terrain et le COE et de pouvoir assurer la participation des femmes et des jeunes, notamment par des rencontres face à face.  

62. En ce qui concerne la proposition de donner la priorité au Moyen-Orient et au rôle d'« honnête courtier » que le COE pourrait jouer, le Comité souhaite mettre cela en question, car le COE ne peut pas s'attribuer un tel rôle : celui-ci doit lui être attribué par les parties en conflit. Néanmoins, le COE devrait s'efforcer de créer la confiance entre toutes les parties afin de parvenir à un dialogue constructif entre juifs, chrétiens et musulmans.  

C1 Communication 

63. La communication contribuera à établir l'appropriation par les Eglises des activités du COE et à édifier la communauté qui est au coeur de notre conception et de notre vision, en encourageant les réaction, en améliorant notre visibilité et en renforçant notre voix.  

64. La politique de communication du Conseil doit être évaluée et redéfinie à la lumière des nouvelles activités de programme afin de déterminer le public visé et les acteurs avant d'entreprendre le travail de communication, pour susciter l'intérêt des médias non religieux et du monde en général, et pour trouver dans quelle mesure les Eglises sont plus engagées, quantitativement, dans la vie du COE et plus conscientes du travail et de la vie du COE. 

65. Le Comité suggère que l'unité et une vision globale soient maintenues au coeur de toutes les activités de communication.  

66. Au nombre des idées devant servir à communiquer le message du COE, on peut penser à des objets qui devraient donner l'occasion d'entamer un dialogue avec des gens qui se montrent intéressés ou posent des questions sur le sens qu'évoquent ces objets. Il peut d'agir d'affiches, de bracelets, de T-shirts, de pendentifs. D'autres moyens de communiquer peuvent prendre la forme de musique et de chants, de bannières, de documentation pour la prédication, de DVD et de pétitions. 

67. Le Comité formule les suggestions suivantes :

  1. Une recherche précédera les activités de communication.

  2. Un réseau de personnes de contact dans les Eglises sera établi pour la diffusion de l'information ; en feront partie un minimum de deux personnes par Eglise et par conseil national d'Eglises.

  3. L'établissement d'un échéancier est essentiel à l'action (par exemple d'une durée de six mois, et plus s'il s'agit de désignations).

  4. Des listes de diffusion électroniques seront établies pour faciliter la communication électronique, au moins entre les membres du Comité central.

  5. On développera de nouveaux moyens de communication, tenant compte des sensibilités des différentes cultures, pour atteindre un public plus large. 

68. Le Comité central décide ce qui suit : 

a) Dans les domaines de la direction, du personnel, des méthodes, des destinataires de la communication, de la technique et du financement, on veillera à disposer des capacités nécessaires pour réaliser les objectifs prévus.

b) On élaborera une stratégie globale de la communication, en faisant participer le personnel à la planification des projets et à la responsabilisation.

c) La stratégie de communication visera notamment à mieux profiler le COE auprès du public, à lui donner une plus grande visibilité, à susciter une plus large attention à l'égard de ses programmes et à mettre en lumière l'influence morale qu'il peut exercer au niveau international.

d) Un mécanisme permettant de mesurer quantitativement l'efficacité de la communication sera mis en place, en intégrant les réactions à la stratégie de la communication, afin d'améliorer celle-ci en permanence. L'évaluation de la communication sera passée en revue régulièrement par le Comité exécutif et le Comité central. 

 

Critères d'évaluation 

69. Le Comité central préconise l'adoption d'un processus d'évaluation transparent pour tous les programmes, sur la base de critères convenus. Cela est important, parce que (1) l'accord préalable sur les critères d'évaluation est utile à la planification de programmes et d'activités, et (b) des critères clairs permettront au Comité central de vérifier plus efficacement si les objectifs généraux ont été atteints. Une proposition d'évaluation qualitative et quantitative claire sera soumise au Comité exécutif pour approbation lors de sa session de février 2007. 

70. Si chacun des projets ou programmes a ses critères propres élaborés sur la base de ses objectifs, il est toutefois recommandé qu'un certain nombre de critères généraux s'appliquent à toutes les activités. (Cela se ferait par le moyen du Bureau de planification, suivi, évaluation et rapports (PMER) décrit dans le document GEN 05). Les critères suivants représentent une suggestion, étant bien entendu qu'ils devraient faire l'objet d'un travail plus poussé :

  1. Le programme a-t-il atteint ses buts ?

  2. Est-il resté dans les limites de son budget ?

  3. Dans quelle mesure a-t-il tenu compte de toutes les opinions (c'est à dire hommes, femmes, jeunes, enfants, populations autochtones et personnes handicapées, de même que la diversité des positions théologiques) ?

  4. Dans quelle mesure a-t-il renforcé des communautés sans pouvoir ?

  5. Dans quelle mesure a-t-il approfondi les relations entre Eglises ?

  6. Dans quelle mesure a-t-il établi des relations avec des Eglise non membres (p.ex. pentecôtistes, évangéliques, autres)?

  7. Dans quelle mesure a-t-il collaboré avec des partenaires et des réseaux oecuméniques plus vastes ?

  8. Avec quelle efficacité l'a-t-on fait connaître aux Eglises et à un plus large public?

  9. Quelle a été la base théologique au départ, et de quelle manière la réflexion théologique s'est-elle développée en cours de réalisation ?

  10. De quelle manière cette activité a-t-elle favorisé la formation oecuménique ?

  11. Les objectifs et les recommandations de la Commission spéciale ont-ils été suivis ?

  12. De quelle manière cette activité a-t-elle contribué à l'unité visible de l'Eglise ? 

71. Evidemment, il faudra une certaine souplesse dans l'interprétation de ces critères, car certains ne seront peut-être pas pertinents pour toutes les activités. En outre, on peut en ajouter d'autres à la liste. Toutefois, le Comité est convaincu que pour toutes les activités, il faudrait donner au Comité central des explications sur les raisons qui font que ces critères ont été remplis ou non.  

Considérations budgétaires 

72. Appelés à être l'Eglise une (P201) et La spiritualité et le culte dans le contexte oecuménique (P202) : En ce qui concerne la description et les coûts des projets 2007-2009, il faut noter que des activités de programme ont été décrites et sont prévues, mais qu'aucun financement n'a été attribué à ce secteur d'activités pour 2008 et 2009. Le Comité central estime qu'il s'agit d'une erreur et demande qu'elle soit corrigée.  

73. Perspectives oecuméniques sur la mission et l'unité (P203) : Le Comité prend note du déséquilibre entre les sommes allouées au budget pour 2007 et pour les années 2008 et 2009. 

74. Le Comité confirme le mandat donné par l'Assemblée concernant les visites d'équipes dans la seconde moitié de la DVV, et demande que des fonds soient alloués dans ce but. 

75. Coopération et dialogue interreligieux (P6) : Le Comité est convaincu qu'il convient d'augmenter les sommes allouées à Coopération et dialogue interreligieux. 

76. Plaidoyer pour la justice et la responsabilité (P302) : Le Comité affirme que le rôle unique du COE devrait être mis en valeur aux Nations Unies et qu'il faut renforcer le travail de plaidoyer et le témoignage à ce niveau et augmenter le budget correspondant.  

77. Les sommes prévues au budget de la Communication comprennent un montant substantiel destiné aux Nouvelles oecuméniques internationales (ENI). Pour renforcer le travail du programme de la communication du COE, le Comité central préconise une augmentation du budget général du programme de la communication, dans le cadre de la stratégie de la communication qui prévoit de mener une évaluation de l'efficacité d'ENI en tant qu'élément du programme de la communication. 

Recommandation générale 

78. Le Comité central, en recevant le rapport, renvoie toutes les suggestions qui y sont contenues aux membres du personnel et des organes consultatifs concernés. 

Recommandations rédactionnelles 

79. En ce qui concerne le document GEN 05 (Planification des programmes - Résumé), p. 18, P201, 1er paragraphe, le Comité recommande d'amender la dernière phrase comme suit : « …des forces nuisibles de division comme le racisme, la xénophobie et un nationalisme agressif constituent aussi des défis pour l'unité. » 

80. En ce qui concerne le projet La spiritualité et le culte dans le contexte oecuménique (P202), GEN 06 (Aperçu des projets), p. 23, « Relations », le Comité recommande de modifier la première phrase comme suit : « …au travers du culte et du partage d'expériences spirituelles, en tenant compte des recommandations de la Commission spéciale sur la participation des orthodoxes au COE ». 

81. En ce qui concerne le projet La spiritualité et le culte dans le contexte oecuménique (P202), GEN 06 (Aperçu des projets), p. 23, « Activités », le Comité recommande de modifier la première phrase comme suit : « … des Eglises membres du COE, des théologiens, des communautés religieuses, des femmes, des jeunes et des populations autochtones. » 

82. En ce qui concerne le projet La spiritualité et le culte dans le contexte oecuménique (P202), GEN 06 (Aperçu des projets), p. 24, le Comité recommande de modifier la première phrase comme suit : « Facilitation de documentation sur la vie spirituelle et le culte… »

ANNEXE

Rapport de la Commission permanente de Foi et constitution sur le travail prévu
Château de Faverges, France
14-21 juin 2006 

La Commission permanente de Foi et Constitution a examiné le programme de travail pour la période à venir. Les propositions qui suivent tiennent compte des statuts de Foi et constitution et prennent en considération le besoin de cohérence avec le travail en cours, les ressources et la compétence des membres et du personnel de la Commission, ainsi que l'avis et les orientations de la commission précédente, de la Neuvième Assemblée et du secrétaire général.  

I. Etudes et activités 

A. Ecclésiologie 

1. Foi et Constitution communiquera avec les Eglises à propos des deux textes (TNMC - La nature et la mission de l'Eglise - et PA - Texte de Porto Alegre sur l'ecclésiologie) et veillera, avec le secrétaire général, à élucider ce qui est attendu des Eglises à propos des questions se rattachant à ces deux textes.  

2. F&C se concentrera sur la question de l'unité et de la diversité, en fondant sa réflexion sur le texte consacré à ce sujet dans le document TNMC actuel (« Des limites à la diversité ? »).  

3. F&C approfondira, en collaboration avec la CME,  le travail sur la nature missionnaire de l'Eglise qui apparaît dans le texte TNMC actuel.  

4. A l'occasion du 25e anniversaire de la publication du BEM, F&C verra comment consacrer à cet événement la commémoration et la réflexion appropriées.  

Toutes les Eglises sont instamment invitées à réagir au texte TNMC ; les groupes régionaux d'Eglises et les instituts théologiques sont également priés de faire part de leurs commentaires le plus tôt possible. C'est en fonction de ces réponses qu'on décidera de la révision du texte.  

B. Baptême et culte 

1. Le texte sur le baptême sera développé jusqu'à son stade de maturité et présenté à la réunion de la Commission permanente en 2007, avec un projet de questions destinées à l'accompagner lorsqu'il sera envoyé pour examen aux Eglises et aux institutions qui leur sont rattachées. Les réponses reçues détermineront l'ordre du jour des travaux futurs relatifs au baptême.  

2. La Commission poursuivra sa collaboration avec l'Association mondiale pour la communication chrétienne sur les questions de propriété intellectuelle, en étant particulièrement attentive à la façon dont les différentes manières de comprendre le sujet sont susceptibles d'engendrer des divisions entre les Eglises.  

3. La commission continuera d'apporter son soutien à la vie cultuelle du COE et d'autres organisations oecuméniques en ne perdant pas de vue les décisions de la Commission spéciale sur la participation des orthodoxes au COE.  

4. La Commission continuera d'apporter son soutien au travail sur la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens et au Cycle de prière oecuménique.  

C. Anthropologie théologique et discernement moral dans les Eglises

A la lumière de la publication récente du document ETHNAT (Identité ethnique, identité nationale et quête de l'unité de l'Eglise) et des textes sur l'anthropologie théologique, Foi et constitution 

1. mènera une étude sur la façon dont les Eglises formulent et proposent un enseignement et des orientations au sujet de questions morales et éthiques - notamment dans des domaines susceptibles d'être ou de devenir source de division, comme la sexualité humaine par exemple ;  

2. sera prête à répondre, s'il y a lieu, à certaines questions divisant les Eglises, consécutives aux recherches du COE dans divers aspects de « la foi, la science et la technologie », et ceci en facilitant l'investissement actif de spécialistes compétents, en collaboration avec d'autres partenaires, membres ou non du COE ;  

3. formulera des suggestions - et contribuera à leur mise en application - en vue de la promotion et de la diffusion du document ETHNAT et des textes sur l'anthropologie théologique dans le prolongement du rapport des groupes, y compris pour ce qui est du traitement pertinent de toute réponse à ces textes de la part d'Eglises, de facultés de théologie et d'autres organisations régionales et oecuméniques.  

D. La tradition et les traditions : répartition des sources de l'autorité 

1. Foi et constitution lancera une étude permettant un partage mutuel des lieux où nous recherchons aujourd'hui l'inspiration pour vivre une existence chrétienne fidèle. Cet enrichissement réciproque nous aidera à découvrir ensemble quelles sont les autorités communes et les autorités différentes auxquelles nous avons recours ainsi que la façon dont nous percevons qu'elles ont autorité sur nous.  

Cette étude englobera le témoignage des maîtres de l'Eglise primitive, ainsi que d'autres sources d'autorité dans les Eglises. 

II. Activités relationnelles et en cours 

A. Eglises unies et en voie d'union / Communions chrétiennes mondiales

La Commission permanente souligne et affirme que la collaboration se poursuit avec les Eglises unies et en voie d'union, ainsi qu'avec les Communions chrétiennes mondiales ; elle déclare que se tiendront prochainement :  

1. un forum bilatéral, en 2007, organisé conjointement avec les secrétaires des Communions chrétiennes mondiales, en vue d'établir un cadre général multilatéral pour les réunions bilatérales en cours et de permettre une meilleure coordination de leurs efforts ;  

2. un colloque international d'Eglises unies et en voie d'union, en 2008, organisé avec le comité de continuation du colloque précédent. Parmi les thèmes de ce colloque : la conception de l'union et les questions théologiques soulevées par les diverses formes « d'union » existant actuellement ; le rapport entre union et mission de l'Eglise ; questions à propos du rapport entre Eglises unies et en voie d'union d'une part, et Communions chrétiennes mondiales d'autre part ; question de la transitivité (dans quelle mesure les unions ou accords entre Eglises dans un certain contexte affectent-ils la foi et la vie d'Eglises dans d'autres contextes ?).  

Il faudra organiser ces colloques en tenant soigneusement compte des autres événements du calendrier oecuménique.  

B. Identité chrétienne et pluralité religieuse  

1. Foi et constitution poursuivra son accompagnement, sa participation et son suivi des études conjointes déjà en cours sous la rubrique « Identité chrétienne et pluralité religieuse ».  

2. F&C facilitera l'implication de spécialistes compétents profondément investis, sur le plan contextuel ou universitaire, dans les questions interreligieuses en rapport avec les études actuellement en cours.  

3. Les débats engagés sur l'identité chrétienne et la pluralité religieuse peuvent faire surgir des questions touchant directement au mandat de Foi et constitution de traiter des sujets divisant les Eglises sur le plan contextuel ou doctrinal. Dans cette optique, la Commission permanente évaluera régulièrement les résultats des études en cours pour voir si telles questions pourraient exiger une réponse spécifique de la part de Foi et constitution.