Le Comité central du COE encourage la prise en considération de mesures économiques pour la paix en Israël et en Palestine
21 février 2005
Le Comité central du Conseil œcuménique des Eglises (COE) a rappelé aux Eglises membres de celui-ci qu’elles peuvent «faire un usage responsable de leurs fonds investis ou à investir en favorisant un règlement pacifique du conflit» israélo-palestinien.
L’organe dirigeant du COE encourage les Eglises membres «à envisager sérieusement des mesures économiques [...] équitables, transparentes et non violentes» susceptibles de favoriser la paix, en examinant comment s’abstenir de participer économiquement aux activités illégales liées à l’occupation israélienne. Le Comité central estime que «les pressions économiques, exercées judicieusement et ouvertement, constituent un bon moyen d’action».
A titre d’exemple, le Comité central du COE mentionne que l’Eglise presbytérienne (Etats-Unis) a entrepris «de retirer progressivement certains investissements [...] dans des sociétés multinationales impliquées dans l’occupation. Il faut se féliciter de cette décision, du procédé et de la méthode, qui applique des critères enracinés dans la foi.»
Cette recommandation, approuvée un jour avant la fin de la session de l’organe dirigeant du COE, tenue du 15 au 22 février à Genève, figure dans une note adressée aux Eglises membres du COE, qui souligne également que «dans le conflit israélo-palestinien, l’espoir renaît, bien que les menaces qui séparent les parties en conflit ne se soient pas encore éloignées».
Le document rappelle que «les activités illégales dans les territoires occupés se poursuivent, comme si une paix durable entre les deux peuples n’était pas possible» et que des sociétés multinationales participent à des «violations du droit international» dans ces territoires.
Le Comité central, qui compte 150 membres, rappelle qu’«il s’agit ici de se conformer au droit comme fondement d’une paix juste», ajoutant : «Nous n’ignorons pas ces faits et nous ne devons pas en être complices, même involontairement.»
Tout en soulignant que l’engagement des Eglises «porte témoignage et a des effets de plus en plus marqués, à la fois sur les Israéliens et les Palestiniens», notamment dans le cadre du Programme œcuménique d’accompagnement en Palestine et en Israël (EAPPI), mis en place par le COE, le Comité central «préconise instamment une multiplication et un élargissement des contacts permettant aux communautés chrétienne, musulmane et juive de s’engager ensemble dans la recherche de la paix».
Le Comité central place cette recommandation dans le cadre de sa déclaration de 1992 affirmant que «les critiques dirigées contre la politique du gouvernement israélien [ne sont] pas en soi anti-juives» et de son appel lancé en 1969 pour demander «que l’indépendance politique et l’intégrité territoriale de tous les pays de la région, y compris Israël, soient effectivement garanties par la communauté internationale». Il rappelle enfin qu’en 2004 il a reconnu «les préoccupations sérieuses et légitimes d’Israël à l’égard de sa sécurité».
Le texte intégral de la déclaration du comité central se trouve à:
www.oikoumene.org > Comité central > Documents
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