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À Wittemberg se dessine la vision de «l’Église de demain»

À Wittemberg se dessine la vision de «l’Église de demain»

© Marianne Ejdersten/COE

31 août 2017

Version française publiée le: 07 septembre 2017

Au terme du 44ᵉ congrès de l’Amitié œcuménique internationale (IEF), les participantes et participants sont rentrés dans leurs pays respectifs en emportant avec eux une vision de «l’Église de demain» et un engagement renouvelé en faveur de l’unité.

Dans sa prédication de clôture, l’évêque Heinrich Bedford-Strohm, président du Conseil de l’Église évangélique d’Allemagne, a observé que l’avenir de l’Église suscitait de nombreuses aspirations:

«Nous aspirons à une Église qui affermira toutes les personnes qui connaissent l’accablement, qui s’éreintent à la tâche ou qui portent un lourd fardeau et qui veulent retrouver le repos dans un monde qui tourne de plus en plus vite, a-t-il déclaré. Une Église dans laquelle nous pouvons percevoir quelque chose de la joie et de la soif de vivre associées à la conscience des dons que Dieu nous accorde chaque jour et pour lesquels nous lui rendons grâce et nous le louons.»

Venir ensemble à la table

Les participantes et participants au congrès ont assisté le 27 août à une célébration de clôture intitulée «Célébrer ensemble à la Table du Seigneur». L’Eucharistie y a été célébrée selon la liturgie de Lima, sous la direction du secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises (COE), le pasteur Olav Fykse Tveit.

La liturgie de Lima avait été élaborée par le théologien français Max Thurian, aujourd’hui décédé, en prévision de la séance plénière de la Commission de Foi et constitution du COE qui s’est tenue à Lima en 1982. Au fil des ans, elle a attiré l’attention du mouvement œcuménique sur la conviction que le dernier locus de convergence doctrinale était la table de la Parole et la table du pain et du vin.

«Cette célébration et ce partage de l’Eucharistie par tant de familles ecclésiales n’étaient pas possibles à l’époque de la création du COE, a rappelé le pasteur Tveit. Près de 70 ans après, nous continuons de récolter les fruits des dialogues œcuméniques et de l’engagement à l’unité. Cette réalité demeure même lorsque nous évoquons avec franchise ce qui divise encore les familles ecclésiales. Nous devons entretenir la vision d’une unité plus visible. Étant luthérien, j’ai trouvé particulièrement significatif de le faire à l’église de Wittemberg, devant l’autel décoré d’une peinture qui montre la prédication de Jésus Christ au centre de notre foi et de notre unité.»

La liturgie de Lima a également célébré les 500 ans écoulés depuis le début de la Réforme et les 50 ans d’existence de l’IEF. La célébration s’est déroulée à la Stadtkirche St Marien zu Wittenberg. Les textes liturgiques principaux ont été lus ensemble par des responsables du culte de confession catholique romaine, orthodoxe, anglicane et protestante. Ont concélébré avec les pasteurs Bedford-Strohm et Tveit: le pasteur Martin Engels, président de l’Alliance réformée allemande; la pasteure Margriet Gosker, de l’Église protestante des Pays-Bas; l’évêque David Hamid, du diocèse en Europe de la Communion anglicane; l’évêque Jurgen Johannesdotter, de l’Église évangélique luthérienne de Schaumbourg-Lippe; l’évêque Matthias Ring, du Diocèse catholique des vieux-catholiques d’Allemagne; l’évêque Volker Schulz, de l’Église morave (Herrnhuter Brüdergemeine); et l’évêque Rosemarie Wenner, de l’Église évangélique méthodiste. La liturgie a été célébrée par le pasteur Johannes Block, recteur de l’église St Marien, et l’évêque Anba Damian, de l’Église orthodoxe copte.

Un témoin de l’unité

Le pasteur Bedford-Strohm a partagé sa vision d’une Église qui donne une orientation dans un monde où les arguments simplistes, l’intolérance, le nationalisme et l’égoïsme de programme rencontrent l’approbation. «Une Église qui ne cesse jamais de protester contre ce scandale moral: 24 000 personnes meurent chaque jour parce qu’elles n’ont pas assez à manger ou de quoi se soigner, alors que la nourriture et les médicaments ne manquent pas à travers le monde. Nous aspirons à une Église qui témoigne dans ce monde, par ses paroles et par ses actes, de l’amour de Dieu. Une Église qui constitue une manifestation de ce qu’elle affirme.»

Pour le pasteur Bedford-Strohm, cette Église ne peut en aucun cas demeurer une Église où ceux qui se considèrent comme frères et sœurs restent séparés à la Table du Seigneur. Elle «doit être en même temps un témoin de l’unité.»

Il existe une faim d’amour, a-t-il poursuivi. Une faim «d’être capable de s’accepter soi-même. D’être capable d’accepter les autres et de vivre en relation avec eux. De ce que la personne que j’aime ne puisse pas dire de moi: satisfait ou remboursé. Jésus est le pain de la vie, parce que son amour est un amour radical, qui ne s’arrête à aucune des frontières que nous érigeons, un amour qui inclut jusqu’à nos ennemis.»

Le pasteur Bedford-Strohm a également évoqué une faim de pardon, de miséricorde, d’esprit de corps, d’espérance – et de Jésus comme pain de la vie. «Il comble notre faim d’amour, notre faim de pardon, notre faim de miséricorde, notre faim d’esprit de corps, notre faim d’espérance. Et il se donne à nous aujourd’hui, lorsque nous rompons le pain ensemble et que nous partageons le vin les uns avec les autres.»

Pendant la célébration de la Cène du Seigneur dans le cadre de la liturgie de Lima, le pasteur a reconnu que tout le monde ne se sentait pas forcément en position de pouvoir participer. «Mais nous pouvons quand même envoyer un message symbolique, a-t-il remarqué. En tant que représentants de nombreuses Églises chrétiennes, nous pouvons tout de même célébrer ce service ensemble.»

Le congrès de l’IEF, qui s’est déroulé du 21 au 28 août, avait pour thème «Le véritable trésor de l’Église – Marcher ensemble sur le chemin de l’Évangile».

L’assemblée a publié la «déclaration de Wittemberg: Nous marchons vers l’unité visible de l’Église», un texte qui incite chacun et chacune à transformer une histoire douloureuse de conflit et d’indifférence en un chemin de réconciliation et d’unité.

Une «chance extraordinaire» pour l’espérance, note le pasteur Tveit à Wittemberg (communiqué de presse du COE du 25 août 2017) (en anglais)

Wittenberger Ökumenische Versammlung 2017

Pèlerinage de justice et de paix