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L’espérance peut créer des miracles, observe le coordinateur de l’EAPPI en Terre Sainte

L’espérance peut créer des miracles, observe le coordinateur de l’EAPPI en Terre Sainte

Le coordinateur du programme de l’EAPPI, Zoughbi Zoughbi. © Claus Grue/COE

18 avril 2017

Version française publiée le: 19 avril 2017

Par Claus Grue*

«Vous pouvez m’appeler par mon nom ou par mon prénom», plaisante-t-il en se présentant. Homme enjoué et passionné par le dialogue, la paix et la réconciliation, Zoughbi Zoughbi considère son travail comme «un mode de vie, ou un engagement, plutôt qu’une activité».

Et il en va ainsi depuis l’époque où il était bénévole dans les communautés locales.

«Je tombe facilement amoureux de mes responsabilités, et j’ai toujours été attaché au mouvement œcuménique», explique-t-il.

Zoughbi est depuis longtemps une référence en matière d’activités et de dialogues interreligieux et interculturels. Au fil des années, il a fondé de nombreux forums où ces dialogues ont porté des fruits.

La contextualisation a toujours été – et est encore – le moteur de son engagement au service de l’œcuménisme. C’est, pour reprendre ses mots, une envie de sortir des sentiers battus:

«Dieu est parmi nous, et Jésus s’est incarné parmi les êtres humains pour être l’un des nôtres. Il m’a aidé à croire non seulement à l’Évangile spirituel, mais aussi à l’Évangile social. Jésus a parlé des besoins spirituels longtemps avant Maslow. L’Évangile spirituel affermit ma foi et mon espérance, tandis que l’Évangile social donne corps à mon travail, justifie mon engagement, renforce ma persévérance et affirme ma résilience.»

Zoughbi a endossé ses fonctions actuelles de coordinateur local de programme pour le Programme œcuménique d’accompagnement en Palestine et en Israël (EAPPI) du Conseil œcuménique des Églises en octobre dernier, après 22 ans au service du Centre pour la transformation du conflit palestinien, une autre organisation œcuménique ecclésiale. La participation à l’EAPPI n’est pas une nouveauté pour lui: il fait partie depuis huit ans du groupe de référence local du Programme, et participe plus ou moins activement à ce dernier depuis sa création.

«Les accompagnateurs et accompagnatrices œcuméniques sont des sources d’espérance renouvelables», observe-t-il, ce qui le conduit à développer un point fondamental de ses convictions, outre sa foi chrétienne:

«Je ne peux pas vivre sans espérance ou sans foi; ce sont les deux facettes de ce que je crois, avec ma foi qui baptise mon espérance.»

Il voit également dans l’espérance une forme de combat non violent qui l’aide à faire preuve de créativité et d’innovation, à s’ouvrir et à œuvrer pour la transformation:

«De nombreuses sources alimentent mon espérance: l’Évangile, bien sûr, mais aussi le programme de l’EAPPI. Quand je vois que des personnes motivées de tous horizons viennent ici pour faire un bon bout de chemin dans notre peau, cela me donne de l’espérance, et cela envoie un message important: nous ne sommes pas seuls. On pense à nous sur toute la planète. Cela renforce notre espérance, approfondit notre expérience et donne un sens à notre existence.»

Cette espérance prudente est un moyen pour Zoughbi de choisir le parti de la vie – et de la célébrer.

Malgré les incessants revers d’une paix durable en Terre Sainte, et des perspectives assez sombres à l’heure actuelle, il reste optimiste pour l’avenir: «Nous sommes sur la terre des miracles, explique-t-il. Nul ne peut savoir ce que réserve l’avenir. Des miracles se sont produits en Irlande du Nord, à Berlin quand le mur est tombé, et ailleurs encore. Mais il a fallu pour cela la détermination de personnes bienveillantes qui n’ont jamais cessé d’espérer. Les miracles ne se produisent pas tout seuls; ils sont créés par des personnes armées d’espérance.»

Le Programme œcuménique d’accompagnement en Palestine et en Israël (EAPPI) a été lancé par le Conseil œcuménique des Églises en 2002 en réponse à une lettre des responsables des Églises locales appelant à créer une présence internationale dans ce pays. Depuis lors, 1 800 accompagnateurs et accompagnatrices œcuméniques se sont efforcés de créer les conditions d’une paix juste.

Pèlerinage de justice et de paix

EAPPI

*Claus Grue est consultant en communication pour le Conseil œcuménique des Églises.