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La religion passe à la vitesse supérieure pour les enfants vivant avec le VIH

La religion passe à la vitesse supérieure pour les enfants vivant avec le VIH

© Albin Hillert/COE

13 September 2017

English version published on: 18 September 2017

Les organisations d’inspiration religieuse sont au cœur d’une mission spéciale: lancer un appel à l’action pour garantir que les nourrissons, les enfants et les adolescent-e-s du monde entier puissent accéder à la prévention, au dépistage et au traitement du VIH.

Une rencontre s’est déroulée le 13 septembre à New York autour d’un petit déjeuner de prière interreligieuse organisé par l’Alliance œcuménique «agir ensemble» du Conseil œcuménique des Églises (COE-EAA) en collaboration avec l’ONUSIDA, le PEPFAR (Plan d’urgence du président des États-Unis pour la lutte contre le sida) et l’Équipe spéciale interinstitutions de l’ONU sur la religion et le développement en marge de la 72ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies. Les responsables de nombreuses religions s’y sont retrouvés pour faciliter la coordination d’une action religieuse pour lutter contre le VIH.

«Le rôle des organisations d’inspiration religieuse dans les communautés est primordial pour lutter contre le VIH», a déclaré le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du COE, en accueillant les personnes venues participer au petit déjeuner. «Leur prédication, leur enseignement et leurs soins font changer les gens.»

«Les enfants doivent être au centre de notre attention et de notre travail, a-t-il poursuivi. Ce sont eux les plus vulnérables, alors qu’ils sont les moins responsables de cette situation. Agissons ensemble. Nous pouvons le faire. Puisse Dieu nous en donner le courage.»

Les organisations d’inspiration religieuse jouent un rôle essentiel dans la lutte contre le VIH depuis le début de l’épidémie il y a plus de 35 ans. Leur position de confiance sans équivalent au cœur des communautés leur a permis d’offrir des services et un soutien qui ne sont pas du ressort de nombreux systèmes de santé publique.

Ainsi que l’a remarqué la Dre Deborah L. Birx, ambassadrice itinérante des États Unis, coordinatrice des activités du gouvernement américain pour combattre le VIH/sida et représentante spéciale des États-Unis pour la diplomatie mondiale en matière de santé: «Quand on se penche sur les statistiques en notre possession, on peut maintenant voir avec précision qui sont les laissés-pour-compte. La stigmatisation et la discrimination subsistent, et on se heurte encore à l’obstacle des parents qui ne veulent pas se faire connaître de peur d’être catalogués séropositifs. C’est là que nous avons besoin de l’Église. Il faut que chaque femme enceinte ressente l’amour de Dieu et comprenne que nous sommes là pour rendre service et pour veiller à ce que son bébé soit dépisté à temps.»

«Notre collaboration est essentielle! a renchéri le Dr Luiz Loures, directeur exécutif adjoint de l’ONUSIDA et secrétaire général adjoint des Nations Unies. Les organisations d’inspiration religieuse ne sont pas seulement un élément de réponse. Elles sont au cœur même de la solution. Cela dit, il est clair qu’il faudrait en faire beaucoup plus: nous devons intensifier notre action pour atteindre les objectifs pédiatriques.»

En 2016, les organisations d’inspiration religieuse ont organisé au Vatican plusieurs rencontres sur les moyens d’intensifier les mesures prises. En juin 2017, le COE-EAA a lancé un appel mondial à l’action intitulé «Agir dès maintenant pour les enfants et les adolescent-e-s vivant avec le VIH» destiné à inciter les communautés de foi à offrir à 1,6 million d’enfants et à 1,2 million d’adolescentes et d’adolescents vivant avec le VIH un traitement antirétroviral d’ici 2018, l’objectif final étant d’éradiquer le sida chez les enfants d’ici 2020.

Il y a de bonnes raisons à cet appel à l’action. Selon le dernier rapport de l’ONUSIDA, en 2016, 2,1 millions d’enfants de moins de 15 ans vivaient avec le VIH, et moins de la moitié d’entre eux avait accès à un traitement. De même, 2,1 millions de personnes âgées de 10 à 19 ans vivaient avec le VIH, soit 30% de plus qu’en 2005.

La faible couverture dissimule des taux de détection faibles. Ainsi, en 2016, 43% seulement des nourrissons exposés au VIH bénéficiaient des services de diagnostic précoce recommandés pendant les deux premiers mois d’existence. Et, à l’échelle mondiale, le VIH était toujours la septième cause de décès la plus répandue chez les 10-14 ans en 2015, et la neuvième chez les adolescent-e-s, malgré la disponibilité de traitements efficaces.

Des efforts mondiaux concertés sont déployés pour faire face à ces problèmes. En 2016, les États membres de l’ONU se sont engagés à redoubler d’efforts pour que 1,6 million d’enfants puissent accéder à un traitement antirétroviral d’ici 2018 et que les enfants, adolescent-e-s et adultes vivant avec le VIH soient informés de leur statut et bénéficient aussitôt, de manière durable, d’un traitement de qualité accessible et financièrement abordable.

Ces objectifs ambitieux, qui portent le nom de super-accélérateur pour les enfants, s’inscrivent dans un cadre d’action dirigé par l’ONUSIDA, le PEPFAR et leurs partenaires, «Start Free, Stay Free, AIDS Free», qui entend engager le monde sur la voie de l’éradication du sida chez les enfants.

La mobilisation des communautés religieuses est primordiale pour atteindre ces objectifs. C’est pourquoi, le 13 septembre, plusieurs déclarations et appels à l’action ont été lancés pour inciter à appliquer massivement les mesures, recommandations et engagements destinés à intensifier les actions religieuses de mise à disposition du dépistage et du traitement du VIH pour les enfants et les adolescent-e-s d’ici 2020.

«Nous sommes ici aujourd’hui non pas pour critiquer ou blâmer, mais pour offrir notre aide et nos encouragements, et pour partager l’urgence et l’impératif moral de ce problème, a conclu l’intervenante principale, sœur Carol Keehan, présidente de la Catholic Health Association (association catholique pour la santé). Nous parlons littéralement de survie, la survie d’enfants, qui dépend des mesures concrètes prises par les pays du monde. Nous sommes toutes et tous appelés à nous tourner vers notre foi comme fondement de notre lutte contre le VIH.»

Télécharger gratuitement des photos en haute définition des rencontres à New York

«Il faut avoir la foi pour se mettre au travail et vaincre le VIH et le sida» (Communiqué de presse du COE du 13 septembre 2017)

Appel à l’action: agir dès maintenant pour les enfants et les adolescent-e-s vivant avec le VIH (en anglais)

Cadre «Start Free, Stay Free, AIDS Free»

Les rencontres du Vatican appellent à intensifier l’accès au dépistage et au traitement du VIH pour les enfants (Communiqué de presse de l’ONUSIDA du 19 avril 2016)

Les organisations d’inspiration religieuse sont vitales pour lutter contre le VIH (Communiqué de presse de l’ONUSIDA du 19 juin 2017) (en anglais)