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La Conférence mondiale sur la mission et l’évangélisation est un «lieu de rencontre» entre différentes religions

La Conférence mondiale sur la mission et l’évangélisation est un «lieu de rencontre» entre différentes religions

Mme Agnes Abuom. Photo: © Peter Williams/COE

02 février 2018

Version française publiée le: 07 février 2018

Mme Agnes Abuom, membre de l’Église anglicane du Kenya, est la présidente du Comité central du Conseil œcuménique des Églises (COE). À ce titre, elle a rédigé l’avant-propos du Livre de références de la Conférence mondiale sur la mission et l’évangélisation (CME) du COE. Elle répond ci-dessous à une interview qui évoque l’importance historique et le thème de la Conférence, qui se déroulera à Arusha, en Tanzanie, du 8 au 13 mars prochains.

Q: Pourriez-vous nous dire quelques mots sur l’histoire de la CME?

Mme Abuom: Saviez-vous que, selon une étude démographique des religions, l’Afrique et le reste de l’hémisphère Sud représentent l’épicentre du christianisme? L’Afrique a accueilli la Conférence mondiale sur la mission et l’évangélisation pour la première fois il y a 60 ans, à Achimota, au Ghana, en 1958. Le Ghana avait obtenu son indépendance l’année précédente. À cette époque-là, la plupart des États d’Afrique négociaient leur indépendance. Ainsi, tandis que l’Église africaine se sevrait des missions et des entreprises missionnaires, elle découvrait une lueur d’espérance au milieu des blessures, des divisions, des bouleversements locaux et des structures socioéconomiques et politiques injustes.

Q: Pourquoi pensez-vous que la CME 2018 revêt une telle importance historique?

Mme Abuom: Les lieux offrent un espace pour aller à la rencontre des réalités actuelles de l’Afrique, avec ses récits de douleur, de colère et de célébration, et notamment les défis de la mission œcuménique aujourd’hui. Les conférences précédentes ont abordé les questions pertinentes de leur époque, qu’il s’agisse de relations raciales, de paix et de partenariat pour la guérison et la réconciliation. L’Afrique doit à nouveau revoir sa copie à propos de la foi en Christ et se demander si le comportement exprimé par les disciples est fortifiant et transforme la vie des gens à travers le monde, ou s’il continue d’assujettir certaines personnes.

Q: Pourquoi organiser la conférence en Afrique?

Mme Abuom: Le lieu est un rappel du point de rencontre entre les différentes religions sur le continent africain: le christianisme, l’islam et les religions traditionnelles africaines. C’est un lieu qui incarne l’esprit de résistance et le récit de la vision d’un autre monde, caractérisé par des systèmes économiques et politiques respectueux de la terre et de l’être humain et embellis par des spiritualités et des valeurs porteuses de vie. Outre ses responsabilités, les contributions uniques de l’Afrique demeurent le partage des expériences et des récits d’ubuntu ou d’utu, qui affirment l’image de Dieu dans chaque personne, quels que soient son genre, sa race et sa classe, ainsi que l’invitation d’autrui et le partage de la culture de l’hospitalité humaine.

Q: Quels défis voyez-vous?

Mme Abuom: Lorsque nous affirmons que les agents que nous sommes sont appelés par le Christ au milieu de conflits plus ou moins médiatisés, de la traite des êtres humains et de la migration forcée, du racisme et de la xénophobie, de la misère, cela nous pousse à reconsidérer et à réinventer la nature de cet appel et la notion de disciple, afin de changer le scénario et de parvenir à une Afrique meilleure, une Afrique ancrée dans la paix, la tranquillité, la dignité et l’équité.

Q: Pouvez-vous expliquer en quelques mots le thème de la conférence d’Arusha, «Agir selon l’Esprit: appelés à être des disciples transformés»?

Mme Abuom: Ce thème reflète l’aspiration constante de beaucoup de personnes à une liberté authentique et à la libération en Afrique et dans le monde entier. La transformation des disciples est déterminante pour renouveler le concept et la pratique d’une attitude de service diffusant la bonne nouvelle de processus, de systèmes et de structures qui vivifient, qui améliorent les conditions de vie et qui préservent la vie. Les disciples transformés du 21ᵉ siècle sont donc invités à raconter leur histoire et à inviter les autres à prêter l’oreille, à entendre et à donner suite ensemble à leurs témoignages de spiritualité, à leurs récits de lutte pour la justice et la dignité humaine.

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