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18.02.08 19:45

"Nous espérons contribuer à l'avancée du mouvement oecuménique"

 

Le pasteur Assir Pereira (à dr.), accueilli par le pasteur Walter Altmann, président du comité central du COE.

Par Manuel Quintero (*)

 

Le pasteur Assir Pereira, président de l'Église presbytérienne indépendante du Brésil, a accordé un entretien à Manuel Quintero au sujet de l'adhésion de son Église au Conseil œcuménique des Églises. M. Pereira assiste à la réunion du comité central qui siège à Genève du 13 au 20 février.

 

J'ai entendu dire que l'adhésion de l'Église presbytérienne indépendante du Brésil (EPIB) au COE avait été un long processus, de plusieurs décennies.

 

En effet. Notre Église participe à toutes les Assemblées du COE depuis déjà New Dehli en 1961, en tant qu'observateur. Depuis les années 70, ma génération a proposé l'adhésion au COE, mais cela n'a jamais été possible. Ce n'est qu'à notre dernière assemblée que la décision s'est prise, presque à l'unanimité, de demander l'adhésion plénière au COE.

 

Ce qui est remarquable, c'est que l'Église presbytérienne indépendante du Brésil a toujours été présente dans des organismes et des événements œcuméniques : dans la Commission évangélique d'Amérique latine sur l'éducation religieuse, dans la Coordination œcuménique de solidarité du Brésil, dans le Conseil latino-américain des Églises. De fait, notre Église a été fondatrice de ces deux derniers, ainsi que de l'Alliance des Églises presbytériennes et réformées d'Amérique latine et de l'Alliance réformée mondiale.

 

C'est sans doute pour cela que ma génération s'est parfois sentie frustrée par le temps qu'à pris cette étape. Mais aujourd'hui, je comprends qu'un processus de sensibilisation et de maturation progressive était nécessaire pour que mon Église réussisse cela. Et il est important que cette décision se soit prise avec un large consensus, sans créer de divisions, avec la conscience que le temps était venu de prendre part au mouvement œcuménique à travers le COE.

 

Ce délai était-il dû à des différends théologiques ?

 

Ce fut principalement le fait de certains "mythes" au sujet du COE et non pour des raisons théologiques. Parce que notre Église croit dans toutes les dimensions théologiques et bibliques de ce que nous appelons l'unité, et que l'unité est un mandat reçu de Jésus lui-même. Mais une certaine "aura de radicalité" qui entourait le COE dans les années 60 et 70 a eu un impact négatif dans les cercles conservateurs de notre Église, les personnes d'une génération plus âgées aujourd'hui ont fini par abandonner certains de ces mythes.

 

L'adhésion de l'EPIB arrive à une moment où l'œcuménisme semble traverser une crise au Brésil.

 

Il y a la décision de l'Église méthodiste de se retirer du Conseil national des Églises chrétiennes et de la Coordination œcuménique de solidarité. L'Église presbytérienne du Brésil (différente de l'EPIB) a quitté l'Alliance réformée mondiale. D'autres Églises historiques ont éprouvé des difficultés avec son évolution récente, vers des tendances charismatiques qui portent une charge de fondamentalisme.

 

A l'inverse, notre Église vit un période d'affirmation de ses principes et engagements œcuméniques. L'année passée, notre assemblée générale a pris la décision d'accueillir désormais des membres quittant l'Église catholique sans qu'ils soient rebaptisés. Nous avons également admis que les enfants avaient le droit de participer à la Sainte Cène et depuis de nombreuses années nous accueillons des femmes à l'ordination pastorale. Je me réjouis de voir que nous avons avancé sur ces décisions sans conflit ni division au sein de notre Église.

 

Une réflexion sur la situation au Brésil ?

 

Dans ces principaux aspects économiques, le Brésil va bien. C'est vrai, mais d'un autre côté, il existe toujours un grand abîme entre les riches et les pauvres, et cela est une discussion qui surgit en ce moment dans le pays : on reproche au gouvernement de ne pas avoir réussi à réduire ce fossé. Mais il est certain aussi qu'en un temps aussi court il n'est pas possible de changer totalement ce que nous avons hérité des groupes oligarchiques qui ont gouverné le Brésil et l'Amérique latine pendant tant d'années. Il y a aussi des personnes qui critiquent les programmes du gouvernement pour combattre la pauvreté craignant qu'ils maintiennent les pauvres dans la dépendance et l'assistanat.

 

Un message pour finir ?

 

Il est important de manifester notre joie d'avoir été reçus comme membres à part entière dans le COE. Nous espérons contribuer à l'avancée du mouvement œcuménique en tant qu'Église presbytérienne indépendante du Brésil.

 

 

(*) Manuel Quintero, de Cuba, est le directeur du Programme Mission dans les frontières dont le siège est à Genève, Suisse.

 

 

Sur l'Église presbytérienne indépendante du Brésil (EPIB) (en anglais)

 

Pour en savoir plus sur le comité central du COE