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Plaidoyer devant une agence onusienne pour que le gouvernement philippin rende des comptes sur les droits de la personne

4.06.08

Edith Burgos representait l'ONG philippine Desaparecidos lors d'une conférence oecuménique organisée en parallèle à la séance du Conseil des droits de l'homme. Son fils a été enlevé en avril 2007.

Des militants philippins des droits de la personne ont réitéré leur appel auprès du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies pour "continuer de faire pression sur le gouvernement de manière à mettre fin aux exécutions extrajudiciaires et aux autres violations des droits de la personne." L'agence onusienne est réunie à Genève du 2 au 18 juin.

 

Le mardi 3 juin, lors d'une intervention orale prononcée devant le Conseil des droits de l'homme, l'Association internationale des juristes démocrates, le Centre asiatique de ressources juridiques, le Conseil oecuménique des Eglises (COE) et une délégation d'ONG philippines ont salué et soutenu pleinement les conclusions présentées par Philip Alston, rapporteur spécial du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires.

 

Le rapport de Philip Alston conclut que les forces de sécurité de l'Etat ont été impliquées dans un grand nombre d'assassinats de militants de gauche, de responsables autochtones, de leaders syndicalistes et paysans et de membres d'organisations de la société civile, et que l'armée continuait de nier ces exécutions.

 

Les défenseurs des droits de la personne ont recensé 13 victimes d'exécutions extrajudiciaires et deux victimes de disparitions forcées cette année seulement. De nombreuses autres personnes auraient été enlevées. Les exactions militaires auraient entraîné le déplacement de plusieurs milliers de villageois à Mindanao, Samar, Quezon et les îles Negros. L'organisme indépendant de surveillance des droits de la personne Karapatan a enregistré plus de 800 victimes d'exécutions extrajudiciaires depuis 2001.

 

Le problème ne sera pas résolu, ont affirmé les défenseurs des droits de la personne, "tant que la politique anti-insurrection n'aura pas changé et que les autres recommandations faites par le rapporteur spécial ne seront pas mises en oeuvre."

 

Le soutien de longue date du COE à l'engagement des Eglises des Philippines pour les droits de la personne a été réaffirmé lors de la visite du secrétaire général du COE dans le pays en novembre dernier. Au cours des précédentes sessions du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, le COE avait déjà aidé les défenseurs des droits de la personne aux Philippines à se faire entendre.

 

Texte complet de l'intervention des défenseurs des droits de la personne (en anglais)

 

8e session du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies