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6.12.07 14:51

Une conférence oecuménique va aborder les schémas racistes hérités de la traite des esclaves.

 

Un jeune Brésilien devant le tableau "Trabalhadores" d'Orlando Mattos. Photo: CARF Brésil

L'héritage de la traite des esclaves et la manière dont il convient aujourd'hui de prendre position face aux formes passées et présentes de l'esclavage seront au cœur des discussions de la conférence oecuménique qui va se tenir du 10 au 14 décembre à Runaway Bay, en Jamaïque. Une soixantaine de théologiens, de responsables d'Eglises, de sociologues et de militants venus pour la plupart d'Afrique, des Amériques et de la Caraïbe se réuniront dans ce pays où près d'un million d'Africains et, par la suite, de travailleurs Asiatiques sous contrat furent exploités comme de la marchandise humaine et par où passèrent, plus nombreux encore, ceux que l'on emmenait en servitude.

 

"Plus qu'une simple commémoration de l'abolition de la traite transatlantique des esclaves proclamée en 1807 par la Grande Bretagne, cette conférence fera l'examen critique des modèles établis alors et qui perdurent aujourd'hui," dit Deenabandhu Manchala, responsable du programme "Communautés justes et sans exclusive" du Conseil œcuménique des Eglises (COE). Par la narration, le théâtre, la musique et la danse, les participants partageront les récits de la douleur de leurs peuples dans un "Balm Yaad", nom que donne la tradition jamaïcaine à un lieu de guérison rituelle.

 

Faisant mémoire de l'Eglise qui existait il y a 200 ans, communauté menacée et asservie, dans les cachots et les ports, les ranches et les plantations, qui rendait témoignage de l'espérance prophétique de la libération par la résistance et la révolte, la conférence célébrera les cultures et les spiritualités africaines qui ont rendu ce témoignage possible. Elle rappellera aussi, en exprimant son soutien à leur égard, les luttes des Dalits en Inde, celles des peuples autochtones et de tous ceux qui résistent à différentes formes contemporaines d'esclavage, notamment au trafic des êtres humains.

 

Une déclaration finale interpellera les Eglises et le mouvement œcuménique, les mettant en demeure de se préoccuper de cette dette historique qu'ont ceux qui profitent d'une richesse fondée sur l'exploitation de la nature et d'autres êtres humains envers ceux qui sont les principales victimes des conséquences de cette exploitation. Elle abordera des questions telles que celles-ci: Que signifient la repentance et les réparations? Quelles en sont les expressions concrètes et tangibles? Comment l'Eglise soutient-elle la cause de la justice au nom des Abel assassinés de notre monde? Est-il possible de démasquer le préjugé racial de la mondialisation économique et de révéler ainsi le potentiel qui lui est inhérent d'institutionnaliser l'injustice, de légitimer les cultures d'exclusion et de continuer à faire de la personne humaine une marchandise?

 

La conférence œcuménique internationale, dont le thème est: "Abolie, mais non détruite: se souvenir de la traite des esclaves au 21e siècle" (Abolished, but not destroyed: Remembering the slave trade in the 21st century), est organisée conjointement par le Conseil œcuménique des Eglises, l'Alliance réformée mondiale et le Conseil pour la mission mondiale (CWM) et c'est l'Eglise unie de la Jamaïque et des îles Caïman qui l'accueille

 

Informations sur les activités du COE en matière de lutte contre le racisme

 

Site internet de l'Alliance réformée mondiale

 

Site internet du Conseil pour la mission mondiale (en anglais)

 

Site internet de l'Eglise unie de la Jamaïque et des îles Caïmans (en anglais)

  

Contacts avec les médias en Jamaïque: Eglise unie de la Jamaïque et des îles Caïmans, bureau du Synode, Tel: (+876) 926 6059, churchunited [at] hotmail.com; synod [at] unitedchurchja.com