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18.02.08 17:50

L'Église évangélique du Laos est l'une des deux Églises qui viennent d'intégrer le COE

 

M. Khamphone Kounthapany, le président de l'Église evangélique du Laos (à gauche), accueilli par Walter Altmann, président du Comité central du COE (à droite).

M. Khamphone Kounthapanya est le président de l'Église evangélique du Laos, l'une des deux nouvelles Églises membres du Conseil oecuménique des Églises (COE) accueillies officiellement lors de cette 53ème session du comité central. M. Kounthapanya a fait le déplacement à Genève pour cette session qui se déroule du 13 au 20 février et nous a présenté son Église.

 

Présentez-nous votre Église.

La République populaire du Laos reconnaît quatre groupes religieux : le bouddhisme, le christianisme, l'Islam (présent seulement dans la capitale) et le baha'isme. Au sein du christianisme, quatre Églises sont présentes : l'Église catholique, les Adventistes du 7ème jour – qui ne forment qu'une petite communauté – et notre Église : l'Église évangélique du Laos. Notre Église représente la plus grande communauté religieuse derrière le bouddhisme qui représente 65% de la population laotienne auxquels il faudrait sans doute rajouter les 32% d'animistes souvent assimilés aux bouddhistes.

 

Notre Église est très appréciée par la population grâce à notre témoignage. Nous faisons beaucoup de travail social au travers de petites structures qui s'occupent de l'accès à l'eau potable, de la formation agraire, d'écoles, de santé. Cela nous aide à être en bons termes avec la population et les communautés locales. Notre Église connaît donc une forte croissance, avec à ce jour 100.000 membres.

 

La liberté que vous connaissez aujourd'hui est relativement récente, n'est-ce pas?

A la "révolution" en 1975, la nouveau régime a fermé le pays et interdit tout prosélytisme. Les choses se sont détendues depuis 1990. Pendant de nombreuses années, nous ne pouvions tout simplement faire grand-chose. Mais nous rétablissons de bonnes relations avec le gouvernement. Nous essayons d'aider le gouvernement à comprendre ce que nous faisons.

 

Chaque année, nous organisons un rassemblement chrétien au niveau des différents districts auquel nous invitons les responsables politiques locaux. Même les gouverneurs provinciaux se joignent à ces rassemblements. Ces rencontres nous aident beaucoup, mais il nous est difficile financièrement de les organiser régulièrement.

 

Officiellement nous avons la liberté de prêcher l'Évangile. En réalité, nous avons à être prudents.

 

Quel type de célébration pourrions-nous trouver dans vos églises ?

Nous avons des cultes très libres et très animés, parce que nous avons principalement de jeunes participants à nos célébrations. Nous n'utilisons jamais d'orgue, mais plutôt des tambours et des guitares. C'est très vivant !

 

Comment avez-vous commencé le dialogue avec le COE ?

Nous sommes membres de la Conférence des Églises d'Asie (CEA). Je suis l'un de ses quatre présidents. Il y a longtemps que nous connaissons le COE, avant même la révolution de 1975. A ce moment-là, le temps n'était pas encore venu pour nous de postuler pour devenir membre du COE, ensuite les années de fermeture qui ont suivi la révolution nous ont empêché de le faire. Il y a longtemps cependant que nous réfléchissons à notre adhésion.

 

En 2003, nous avions invité le secrétaire général du COE de l'époque, Konrad Raiser, à une visite au Laos. Sa visite nous a beaucoup aidé vis-à-vis des autorités de la République populaire démocratique du Laos et vis-à-vis du COE.

 

Quelles sont vos relations avec les autres chrétiens présents au Laos ?

Nous n'avons pas de problèmes. Nous agissons toujours ensemble… Si nous nous battions entre nous, le gouvernement n'hésiterait pas à interdire l'ensemble des Églises présentes au Laos.

 

Les difficultés que nous rencontrons en ce moment viennent plutôt de l'étranger. Des confessions chrétiennes – aux Etats-Unis, par exemple, envoient beaucoup d'argent pour former des gens dans des séminaires à l'étranger. Nous avons plus de problèmes avec les chrétiens à l'étranger – en particulier vivant sur la zone frontalière au Vietnam – et qui viennent faire du prosélytisme dans notre pays, qu'avec les autres chrétiens du Laos. Mais cela reste de petits problèmes peu significatifs.

 

Vous êtes la première Église du Laos qui intègre le COE, quel est votre sentiment à ce sujet ?

Nous travaillons au sein de la CEA depuis longtemps, l'oecuménisme n'est pas nouveau pour nous. Mais c'est un grand pas pour nous d'entrer dans la famille du COE.

 

Pour en savoir plus sur le COE :

www.oikoumene.org

 

Pour en savoir plus sur le comité central :

www.oikoumene.org/fr/events-sections/cc2008.html

 

Sur l'Église évangélique du Laos (en anglais) :

www.oikoumene.org