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Date du document:  2.09.2003
Rapport du Bureau du Comité central

Conseil Oecuménique des Eglises
COMITÉ CENTRAL
Genève, Suisse
26 août - 2 septembre 200


1. Le rapport des membres du Bureau au Comité central est requis par la Constitution. Le présent document a pour objet d'informer le Comité central des décisions prises par le Comité exécutif lors de sa réunion du 18 au 21 février 2003, et de celles prises par les membres du Bureau réunis du 14 au 16 novembre 2002 et les 22 et 23 mai 2003. Les membres du Comité central ont déjà reçu par courrier des informations sur les réunions de novembre 2002 et de février 2003.

2. Pour préparer les propositions et recommandations soumises au Bureau en novembre 2002, on avait créé un groupe de travail restreint formé de quatre membres du Comité central. Les membres du Bureau ont pris connaissance avec satisfaction du rapport de ce groupe. Ils ont pris les décisions suivantes pour harmoniser la situation financière du Conseil avec le budget cadre 2003 adopté par le Comité central à sa dernière session.

Programme, structure et organisation

3. Selon le budget cadre établi par le Comité central, il était nécessaire de diminuer les dépenses d’au moins 6.6 millions de francs suisses. Il est évident qu'une modification des programmes et des effectifs de cette amplitude exigeait d'adapter l'organisation interne et les structures de direction du COE. Aussi le Bureau a-t-il approuvé la réorganisation présentée ci-après. En lieu et place des quinze équipes, il n'y en a plus que dix actuellement : cinq pour les activités de programme relatives au mandat central du COE – Foi et constitution ; Mission et formation œcuménique ; Justice, paix, création ; Affaires internationales, paix et sécurité humaine ; Diaconie et solidarité ; deux pour la communication et trois pour l'administration, les finances et les services généraux. On a renoncé au regroupement des équipes en secteurs ; leur coordination est confiée à la directrice des Programmes et au directeur de l’Administration.

4. Le Secrétariat général est chargé de mieux mettre en valeur les grandes orientations – telles que l'Accompagnement spécial de l'Afrique, la Décennie «vaincre la violence» et le dialogue interreligieux – qui sont coordonnées par un directeur ; celui-ci, en qualité de représentant spécial du secrétaire général pour l'Afrique, assume directement la responsabilité de l'Accompagnement spécial de l'Afrique. Pour sa part, le secrétaire général adjoint s'est vu confier les relations avec les Eglises et la communauté œcuménique.

5. Les membres du Bureau ont également approuvé la révision des programmes et activités. Conformément à l'accent mis par le document CVC sur le renforcement des relations et la collaboration au sein de la communauté des Eglises, une part toujours croissante des activités du Conseil est accomplie en étroite coopération avec les Eglises et les partenaires œcuméniques. Le Bureau a décidé qu'il faudrait se concerter avec les partenaires concernés pour poursuivre les activités relatives aux peuples autochtones, au réseau des centres de formation des laïcs et à la coopération régionale au Moyen-Orient et dans le Pacifique ; il n’y aura désormais plus, à Genève, de personnel chargé particulièrement de ces domaines.

6. En février 2003, le Comité exécutif a accordé une attention particulière à la proposition de déplacer les deux secrétariats régionaux du Moyen-Orient et du Pacifique. Il a approuvé un document interne dans lequel sont définis les principes visant à resserrer les relations avec les Eglises et les partenaires œcuméniques dans les régions et expliquant la raison d’être et les lignes directrices du déplacement des deux secrétariats. Dans la perspective des mesures à prendre en vue de la décentralisation du programme « Peuples autochtones » et d'autres décisions allant dans le même sens, le Comité exécutif a encouragé le personnel à rédiger un rapport pour évaluer cette méthode de travail et à élaborer une politique cohérente ; ce rapport devra être soumis à l’examen du Comité exécutif lors de sa prochaine session.

7. A la suite des modifications apportées à l'organisation interne du Conseil et des nouvelles définitions des équipes et des programmes, le Comité exécutif a approuvé la proposition de créer deux nouvelles commissions : une Commission des Eglises pour la diaconie et le développement et une Commission pour la justice, la paix et la sauvegarde de la création. Ces commissions remplaceront les anciens groupes consultatifs « Relations régionales et partage œcuménique » et « Justice, paix, création », ainsi que les groupes consultatifs « Femmes » et « Jeunes ». Les membres de ces nouvelles commissions seront nommés par le Comité central en août 2003. En outre, le Comité exécutif a approuvé la formation de groupes de référence pour les domaines suivants : Décennie « vaincre la violence », Relations avec les Eglises et la communauté œcuménique, Relations et dialogue interreligieux. Les propositions concernant la composition de ces groupes devraient prendre en compte celle des groupes consultatifs précédemment chargés de l’examen de ces questions.

Réduction de l’effectif du personnel

8. En examinant la possibilité de réduire l’effectif, le Bureau, lors de sa réunion de novembre 2002, n'a pas oublié que les mesures déjà prises en 2001 et en 2002 ont considérablement augmenté la charge de travail et les pressions auxquelles est soumis le personnel restant. C'est pourquoi il a été nécessaire de réorganiser le travail de manière qu'une nouvelle réduction des effectifs n'empêche pas de poursuivre les activités relatives aux préoccupations centrales du COE, mais permette de mieux les gérer. Cette réorganisation se manifestera dans les domaines de la communication, des finances, des services et du Bureau du COE aux Etats-Unis. En outre, à la suite des discussions mentionnées plus haut, quatre emplois ont été touchés par le transfert des activités aux partenaires régionaux. Suite aux décisions du Bureau, la réduction de l’effectif du personnel porte sur 21 équivalents plein temps (EPT) ; de ce fait, le total des postes permanents est ramené à 136 EPT, ce qui correspond à 150 personnes. Deux postes et demi sont actuellement vacants, mais des candidatures sont en cours d’examen.

Finances

9. Lors de leur réunion de novembre 2002, tenant compte d'un calcul plus récent des revenus et des variations des taux de change, le Bureau a revu à la baisse les prévisions du budget cadre établi par le Comité central et les a fixées à 40.8 millions de francs suisses, soit 900 000 francs de moins que ce que prévoyait l'estimation prudente du Comité central. Par ailleurs, lorsqu’il a fixé le cadre des revenus et des dépenses, le Comité central n'a pas envisagé de recourir aux réserves de programme disponibles. Cependant, nos donateurs nous ont fait remarquer que, dans la mesure du possible, les soldes des fonds affectés à certaines activités devraient être dépensés avant la fin de l’année 2003, faute de quoi les donateurs pourraient exiger que ces fonds leur soient rendus. Les membres du Bureau ont donc décidé que les soldes des fonds affectés encore disponibles à fin 2002 seraient utilisés en 2003. On libérera ainsi des revenus réguliers, ou non affectés, ou moins strictement affectés, versés pour 2003, afin de financer le budget extraordinaire. Sur cette base, les membres du Bureau ont approuvé le budget 2003 révisé qui, de ce fait, est très proche du cadre fixé par le Comité central.

10. Toutefois, pour que cette stratégie ait un effet durable, il sera nécessaire de prévoir d'autres mesures. Il faudra notamment stopper la baisse constante des contributions – qui a été de 5% en moyenne au cours de ces trois dernières années – si on veut éviter que le Conseil ne continue à s'affaiblir ; il s'agit à la fois des cotisations et des fonds versés par nos donateurs à des fins précises. Les membres du Bureau ont examiné les grandes lignes des mesures à prendre en ce domaine, qui devront être approuvées par le Comité exécutif, notamment le principe selon lequel les contributions des Eglises membres, qui sont essentielles au fonctionnement de base du Conseil, seront considérées comme obligatoires et seront calculées au moyen d'une formule aisément compréhensible, transparente et rationnelle. Les Eglises membres sont parties prenantes de notre organisation et leurs contributions sont la contrepartie les droits et devoirs inhérents à leur qualité de membres. Inversement, le non-paiement des contributions entraînera des sanctions et même la perte de tous les avantages liés à la qualité de membre. En outre, un plan visant à renforcer nos relations avec les principaux donateurs a été approuvé par le Bureau et sera appliqué dès 2003.

11. Lors de sa réunion de février 2003, le Comité exécutif a pris connaissance d'un rapport sur les résultats provisoires de 2002, et noté que le déficit d'exploitation de 1 million de francs suisses reste dans les limites du budget approuvé. Il a également pris acte du fait que la tendance à la baisse des contributions s'est poursuivie en 2002, tout comme les effets des pertes sur les investissements et sur les changes. Le bilan provisoire confirme donc que la situation financière du Conseil demeure critique. Le Comité a également examiné le budget détaillé pour 2003 et reconnu qu'il est conforme au budget cadre approuvé par le Bureau lors de la réunion élargie qu’il a tenue en novembre 2002. Le budget 2003 prévoit un revenu total de 43.4 millions de francs, des dépenses de 46.2 millions de francs et un prélèvement sur les soldes de fonds de programme de 3.8 millions de francs, ce qui permettrait d'affecter un million de francs à la réserve générale.

12. Le président et le vice-président du Comité des finances ont participé à la réunion du Bureau du Comité central qui s’est tenue en mai 2003 pour procéder à un sérieux examen de la situation financière du COE. Le Bureau a appris avec satisfaction que, après vérification, il apparaît que les comptes de l’année 2002 ont confirmé les résultats présentés au Comité exécutif. Un rapport de gestion pour les quatre premiers mois de 2003 fait apparaître un excédent de près de 500 000 francs suisses alors que l’an dernier, à la même époque, le déficit était de 2.8 millions de francs. Le montant des contributions est inférieur à celui inscrit au budget, ce qui est un peu inquiétant ; cependant, pour ces quatre mois, le total des dépenses est également inférieur aux prévisions. Une prévision pour l’ensemble de l’année, faite sur la base de ces chiffres, fait apparaître que les recettes et les dépenses correspondent presque exactement au budget approuvé par le Comité exécutif, lequel prévoit, à la fin de l’année, un excédent de 1 million de francs. Sur la base de ces rapports, le Bureau s’est félicité de constater que, pour l’instant du moins, les décisions prises en novembre 2002 commencent à donner les résultats attendus.

13. Par ailleurs, le Bureau a reçu une version révisée du projet de campagne de mobilisation des contributions auprès des membres. Pour ce qui est de la politique à suivre en la matière, il a adopté les principes suivants :

    • informer les Eglises qui n’ont rien versé depuis longtemps que le statut de membre non actif va leur être appliqué ;
    • rappeler aux Eglises qui ont payé moins en 2002 que la cotisation minimale est de 1 000 francs suisses ;
    • continuer de refuser aux Eglises qui ne paient pas de cotisation des subventions pour leur participation aux réunions des organes directeurs et consultatifs ;
    • encourager les Eglises orthodoxes à augmenter nettement leurs contributions ;
    • proposer à la réunion du Comité central d’août 2003, pour discussion, adoption et application, une version révisée du barème des cotisations applicable à partir de 2004.

14. Les membres du Bureau ont également reçu le document révisé présentant les programmes et la planification financière pour 2003-2005 (Livre bleu), qui avait été préparé en application des décisions du Comité exécutif en guise de préparation à la table ronde réunissant le COE et les partenaires œcuméniques. Le Bureau a constaté que la définition et le champ d’application des programmes du COE étaient présentés avec plus de clarté et de précision et que, dans le cadre des activités du COE, la coopération s’est améliorée entre les instances chargées du programme et de l’administration. Ce processus va se poursuivre parallèlement à l’élaboration plus précise des programmes et des plans financiers pour 2004 qui doivent être présentés au Comité central.

Commission spéciale

15. A la suite de la session du Comité central, on a consacré beaucoup d'efforts à réagir aux discussions qui ont eu lieu dans certaines Eglises membres au sujet du rapport de la Commission spéciale et de ses répercussions sur le Conseil. En février 2003, le Comité exécutif a pris acte du fait que le numéro de janvier 2003 de l'Ecumenical Review était entièrement consacré au rapport de la Commission spéciale et aux décisions du Comité central ; il a proposé que ce rapport ainsi que certains textes tirés de ce numéro soient rassemblés dans une brochure qui sera envoyée aux Eglises ; celles-ci seront encouragées à l'étudier, à lancer un débat sur les recommandations qui y figurent et à faire connaître leurs réactions au COE.

16. Le Comité exécutif a également pris connaissance d'un rapport intérimaire sur le passage au mécanisme de prise des décisions par consensus (GEN 4.1) ; il a en outre examiné la mise en œuvre des différentes recommandations émanant de l'Etude sur la qualité de membre (GEN 4.2), et leur insertion dans le rapport de la Commission spéciale. Ces deux questions ont figuré aussi à l'ordre du jour du Comité directeur de la Commission spéciale lors de sa réunion de juin 2003 (GEN 4).

Neuvième Assemblée

17. Le Comité exécutif a pris connaissance de rapports concernant les premiers préparatifs de la Neuvième Assemblée, qui aura lieu en février 2006 à Porto Alegre. Sur la base des travaux préparatoires du personnel, il a approuvé les lignes directrices sur l'attribution de sièges aux Eglises membres. Il a proposé notamment que le nombre total des délégué(e)s ne dépasse pas 700, dont 85% seraient désignés directement par les Eglises. Le Comité estime que 25% de ces sièges devraient être réservés aux Eglises membres orthodoxes.

18. Lors de sa réunion de mai 2003, le Bureau du Comité central a examiné le rapport du groupe restreint du Comité de planification de l’Assemblée (GEN 9), qui servira de base aux discussions et aux décisions du Comité central.

Reconfiguration du mouvement œcuménique

19. En mai 2003, le Bureau s’est vu rappeler la décision prise par le Comité central en réponse à la troisième partie du rapport du secrétaire général : « Vers une nouvelle configuration œcuménique pour le xxie siècle ». Le Comité central a décidé de lancer « un processus d’analyse et de réflexion sur différentes configurations œcuménique possibles pour l’avenir, en prenant en compte les structures actuelles et les tendances qui se dessinent et touchent les Eglises de plusieurs régions ; ce processus débouchera sur un rapport et des recommandations à l’intention de la prochaine Assemblée. » A la lumière de cette décision, le Bureau a recommandé que se poursuive la préparation de la réunion qui devrait avoir lieu en novembre prochain ; il souhaite qu’un rapport intérimaire sur cette discussion soit présenté au Comité central lors de sa prochaine réunion (voir GEN 10.1).

Groupe de référence sur la sexualité humaine

20. Lors de sa réunion de mai 2003, le Bureau du Comité central a reçu un rapport intérimaire du Groupe de référence sur la sexualité humaine. Ce groupe avait été créé par le secrétaire général, en consultation avec le Bureau, pour mettre en œuvre le mandat énoncé dans le rapport du Comité d’orientation du programme à l’Assemblée de Harare. La discussion ouverte à Harare, qui portait essentiellement sur l’orientation sexuelle, a été élargie ; elle inclut désormais toutes les questions relatives à la sexualité humaine. On ne se contente plus d’affirmer que ce sujet est difficile et qu’il vaut mieux l’éviter ; la situation actuelle ouvre des possibilités d’analyse et d’action. Il apparaît désormais que, compte tenu de l’ouverture dont font maintenant preuve certaines Eglises, on a moins tendance à nier l’existence de situations différentes. En outre, la méthode à suivre apparaît plus clairement, avec en particulier, par exemple, les recommandations faites par le second séminaire de Bossey sur la manière de parler de la sexualité humaine. De nombreuses Eglises participent à des discussions sur différents aspects de la sexualité humaine ; il faut cependant noter que peu d’entre elles ont adopté des programmes spécifiques ou entrepris un travail de conscientisation.

21. Dans la mesure où il est une communauté fraternelle d’Eglises à l’échelle du monde entier, le COE se trouve dans une situation privilégiée pour agir auprès des Eglises membres dont les positions et les opinions sur la sexualité humaine sont différentes. Il ne fait pas partie, en tant que tel, du paysage ecclésial local et national ; aussi est-il bien placé pour offrir un lieu de rencontres fructueuses, plutôt que de participer directement aux débats immédiats. Le secrétaire général avait demandé aux Eglises de communiquer au COE leurs déclarations officielles sur des thèmes touchant la sexualité humaine, et leurs réactions ont fait du COE un fidèle dépositaire des diverses positions des Eglises sur ce sujet. De ce fait, le COE est maintenant appelé à développer sa capacité à écouter et à entendre les récits et expériences, différents mais authentiques, que les Eglises souhaitent faire connaître. Le COE joue également un rôle important du fait qu’il communique à tous ses membres ce que les Eglises disent et font en matière de sexualité humaine. Ainsi, le COE permet l’établissement de contacts vivants entre les Eglises sur ce thème qui, par ailleurs, risquerait de les diviser, et il leur offre un forum à l’échelle du monde dans lequel il leur est possible d’en débattre de façon responsable.

Questions d'actualité

22. En février 2003 le Comité exécutif a pris connaissance d'une analyse approfondie de la manière dont le COE réagit aux diverses tensions internationales et de ce qu’il fait en ce domaine. Il a adopté une déclaration s'opposant à une intervention militaire en Irak. Il a en outre approuvé une déclaration sur Chypre et une note sur le processus de paix à Sri Lanka, deux pays où le COE est actif depuis plusieurs années.

23. Lors de leur réunion de mai 2003, les membres du Bureau ont reçu un document passant en revue les différentes questions d’actualité ; une partie importante de ce rapport était consacrée à la guerre en Irak et à ses répercussions sur l’ensemble de la région, et notamment sur le conflit israélo-palestinien. Ils ont en outre été informés du rôle actif joué par le Conseil œcuménique des Eglises dans les négociations de paix en cours au Soudan. Dans la perspective du Comité central, le Bureau a considéré que celui-ci pourrait se prononcer publiquement sur les thèmes suivants : la suite à donner aux discussions entamées à Potsdam en 2001 sur « la protection des populations menacées par la violence armée », une prise de position sur la situation qui s’est établie après la guerre en Irak, une mise au point sur Chypre, un document d’orientation générale sur l’Europe, et enfin une proposition visant à lancer un processus d’accompagnement œcuménique des Eglises au Zimbabwe.

Décennie « vaincre la violence »

24. Lors de sa réunion de février 2003, le Comité exécutif a pris connaissance de rapports concernant la campagne en vue de mettre fin à l'occupation illégale de la Palestine qui, en 2002, a constitué le point fort des activités de la Décennie, ainsi que le Programme œcuménique d'accompagnement en Palestine et en Israël, qui a débuté en septembre 2002. Pour l'année 2003, le Comité a approuvé le point fort proposé : le Soudan – guérison et réconciliation.