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Date du document: 16.02.2006

Entretiens oecuméniques: Introduction

Le bon Samaritain, 1982, huile de Josué Sanchez Cerron, Pérou

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Discerner les signes des temps / Le context religieux, culturel et ecclésial en mutationLe contexte politique, social et économique international en mutation / Renouveler notre engagement

Introduction

Les entretiens oecuméniques offrent aux délégués un espace où ils pourront échanger leurs expériences en abordant d'importants sujets de préoccupation liés à l'avenir des Églises, à leur action et à leur témoignage communs. Comment les Églises, réagissent-elles, au plan individuel et dans le cadre oecuménique, face aux réalités diverses et aux changements rapides du monde? Quels sont aujourd'hui les principaux sujets de préoccupation qui exigent d'elles une action commune, parce qu'ils mettent en question l'être même de l'Église, qu'ils divisent les gens et les dressent les uns contre les autres, mais aussi parce qu'ils mettent les Églises au défi d'être fidèles à leur vocation d'unité en Christ, afin que le monde croie (Jean 17,21)? Quelles sont les questions qui revêtent une importance vitale pour les enfants et les jeunes, parce qu'elles sont décisives pour leur avenir et pour les générations futures?

Tous les participants sont invités à échanger leurs préoccupations et leurs idées, assumant une pleine responsabilité envers leurs Églises et les gens de chez eux, et face à leur vocation commune en Christ. Au travers du dialogue, les entretiens oecuméniques peuvent offrir une occasion unique de se pencher ensemble, à la lumière de la foi, sur les dynamiques et les tendances dominantes du monde actuel et de discerner les signes des temps.

Appelés à être collaborateurs de Dieu

L'affirmation de la présence de Dieu dans ce monde est au coeur de la foi chrétienne: Dieu assume par l'incarnation du Christ l'ensemble de l'ordre créé, le visible et l'invisible, le ciel et la terre, pour guérir, réconcilier, transformer et transfigurer le cosmos tout entier. Christ s'est fait chair et il a vécu parmi nous (Jean 1,14). En lui et par lui, tout a été créé et en lui, tous doivent être un jour rassemblés dans l'unité, réconciliés, transformés, transfigurés et sauvés (Colossiens 1,15-23): une humanité nouvelle, un ciel nouveau et une terre nouvelle (Apocalypse 21,1).

Le monde est la création de Dieu, il lui appartient. L'humanité porte la marque de l'image de Dieu et elle est appelée à croître à la ressemblance de Dieu (Genèse 1,26). L'Esprit de Dieu remplit toute la création et la fait vivre (Psaume 104, 29-30). Le monde entier est rempli de la grâce de Dieu. En Christ, par son incarnation, tous nous avons reçu "de sa plénitude… grâce sur grâce" (Jean 1,16).

La grâce de Dieu maintient en vie toute la création, la transforme, la transfigure et la conduit à l'unité. Par sa grâce, Dieu a l'initiative en toutes choses. Toutefois, la nouvelle humanité renouvelée, régénérée et transformée par la grâce de Dieu en Christ, a vocation de participer à l'oeuvre de Dieu pour guérir et transformer le monde (1 Corinthiens 3,9). Par la grâce de Dieu, le monde est appelé à être transformé, guéri et réconcilié, mais le ministère de la proclamation demeure notre responsabilité (Colossiens 1,23). La martyria, la koinonia, et la diakonia de l'Église deviennent donc des actes de synergie par lesquels les chrétiens, en harmonie et dans l'engagement, mettent en oeuvre, au travers de la mission, de la prière et de l'action, ce que la grâce de Dieu opère dans leurs vies pour la transformation du monde.

C'est pour ces raisons théologiques que le thème de l'Assemblée a la forme d'une prière. Elle nous exhorte à renoncer à toute attente arrogante qui se fonderait sur l'idée que le monde peut être changé, transformé, par la seule vertu de nos forces et de nos compétences. La grâce de Dieu est donnée gratuitement, le salut est offert à l'ensemble de l'humanité et de la création, mais il ne nous est pas imposé, car le mystère de la liberté humaine est aussi un don de Dieu. La bonne nouvelle de la grâce révèle ainsi la profondeur du péché humain qui continue à altérer l'image de Dieu dans l'autre et exploite la création de Dieu impitoyablement et sans mesure. Il ne fait pas de doute non plus que de nombreux chrétiens ne savent pas répondre à la grâce en enfants de Dieu libérés (Romains 8, 21; 1 Corinthien 7,23).

Le thème de l'Assemblée est donc une invitation à la réflexion, à la metanoia et à la transformation. Nous sommes tout d'abord invités à reconnaître et à affirmer l'initiative et l'action de Dieu en chaque être, et à prier pour qu'elles s'accomplissent. En même temps, il nous est instamment demandé de répondre personnellement à cette initiative de Dieu et à agir en conformité avec notre nouvelle humanité, renouvelée par la grâce, en concitoyens du Christ et collaborateurs de Dieu (Ephésiens 2,19).

Le thème de l'Assemblée nous invite à considérer le monde comme un lieu aimé de Dieu, pénétré par sa grâce. Vu au travers du regard de la foi, ce monde peut et doit être transformé: les relations injustes doivent devenir plus justes, la destruction de l'environnement doit faire place au souci de la création, le monde marqué par les conséquences fatales du péché à un monde prêt à recevoir la vie des mains de Dieu. C'est un miracle qui se produit toujours à nouveau lorsque des personnes dont la vie est gravement menacée célèbrent dans le culte la présence et la puissance de la grâce de Dieu. Avec elles, nous prions: "Transforme le monde, Dieu, dans ta grâce".

"Un autre monde est possible": tel était le mot d'ordre de ceux qui se sont rassemblés à Porto Alegre lors du Forum social mondial pour résister à la mondialisation économique néolibérale et qui se sont engagés à rechercher des solutions différentes. Les chrétiens ont encore plus de raisons de résister au fatalisme et de dire: Dieu a créé le monde et ne cessera jamais d'en prendre soin (Genèse 1-2). Le Christ a partagé, dans sa mort sur la croix, la souffrance d'un monde qui gémit en attendant sa libération (Romains 8). "Le Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité" - la joie de Pâques exprime l'ardente espérance que les chaînes du péché et de la mort seront un jour brisées, pour tous les êtres humains et pour la création toute entière (Colossiens 1,15 ss). La puissance de création, de réconciliation et de guérison du Saint Esprit, souffle de l'amour de Dieu (agape), ne cesse de transformer le monde; c'est la puissance transformatrice de la grâce de Dieu (Romains 8-11).

Nous souvenant que toute vie a été créée par Dieu et qu'il ne cesse d'en prendre soin, nous affirmons le caractère sacré de la vie, et nous recevons ce don de Dieu que nous avons en commun avec toutes les autres créatures et toute la création. La terre ne nous appartient pas, elle est la maison de Dieu, commune à tous ceux qui sont liés entre eux dans le tissu de la vie, la communauté de la terre (Psaume 24, 104). Ce n'est pas nous qui maintenons la vie, mais c'est Dieu. Pour tout notre pouvoir d'êtres humains, nous devons rendre des comptes à Dieu. Toutes les activités humaines doivent reconnaître et respecter la logique et les règles (écologie et économie) de la grande maisonnée de la vie qui appartient à Dieu (oikoumene), en entretenant des relations justes et durables, orientées sur la paix et l'épanouissement des communautés.

Discerner les signes des temps

La coalition oecuménique présente au Forum social mondial de 2005 participe à une marche dans les rues de Porto Alegre, le jour de l'ouverture du FSM.

En cherchant à discerner les tâches spécifiques qui nous incombent, il importe que nous ayons toujours pour point de départ les convictions de notre foi et que nous fondions notre action sur des bases bibliques et théologiques. Cependant, il importe tout autant de comprendre le contexte dans lequel nous travaillons et auquel nous avons affaire. Dieu a aimé le monde, tout pécheur et perdu qu'il soit, et par le Christ dans l'Esprit Saint, il l'a pris en charge, avec toutes les conséquences du péché, afin de le transformer et de le racheter de l'intérieur. De même aujourd'hui, les chrétiens, avant d'affronter et d'interpeller le monde et ses voies, doivent tout d'abord le comprendre et l'aimer, y repérer les signes de la présence de la grâce divine et s'efforcer de construire sur ce fondement, par un travail de transformation et de réconciliation.

Le succès ou l'échec des entretiens oecuméniques dépendront de la rencontre authentique et engagée des délégués et des jeunes, pour relever ensemble les défis auxquels nous sommes confrontés en tant que croyants. Il se peut que ces échanges soient parfois difficiles et même conflictuels, mais ils seront utiles au processus de discernement spirituel et à une compréhension bien meilleure des manières diverses dont les gens vivent l'impact des réalités changeantes, selon le lieu où ils se trouvent dans un monde marqué par des inégalités, des violences et des abus de pouvoir croissants. Des réactions divergentes face à des défis éthiques tels que la sexualité humaine et les limites de la vie humaine ont gravement affaibli le témoignage commun au sein des Églises et entre elles. Le fait de se réunir autour de ces entretiens oecuméniques les aidera à discerner plus clairement ce qu'elles doivent entreprendre dans un esprit de solidarité et de soutien mutuel aux niveaux local, national, régional et international. 

Ces entretiens faciliteront aussi la tâche de l'Assemblée qui doit identifier et fixer le cadre de travail et les lignes directrices des futures activités du Conseil oecuménique des Églises (COE). En tant que communauté fraternelle d'Églises décidées à demeurer ensemble, à prier et à agir au niveau oecuménique en assumant leurs responsabilités les unes à l'égard des autres, le COE ne pourra accomplir sa tâche que si le mandat que lui donne l'Assemblée se fait l'écho des préoccupations communes des Églises membres et de leurs partenaires oecuméniques, les aide à surmonter les problèmes qui les divisent et facilite leur action et leur témoignage communs. Le COE ne peut bien faire que les choses que les Églises sont décidées à faire ensemble, en reconnaissant avec lucidité leur diversité et leurs différences.

Le contexte religieux, culturel et ecclésial en mutation: identité chrétienne et mission dans un monde multiculturel et plurireligieux

En 2003, peu avant de participer à un séminaire sur << Les jeunes et la mondialisation >> à Buenos Aires, des jeunes visitent des projets communautaires dans un quartier pauvre de Buenos Aires.
  • Dans un monde confronté à l'anéantissement des identités en raison de la mondialisation et de l'homogénéisation culturelle d'une part et, de l'autre, à un état de rupture et de fragmentation, la mission de l'Église est de proclamer la guérison et la réconciliation; elle consiste aussi à façonner des communautés où la semence de la guérison et de la réconciliation lève et fait vivre.

 

  • Dans les contextes multiculturels et plurireligieux où vivent les chrétiens aujourd'hui, partout dans le monde, le besoin urgent se fait sentir d'une nouvelle articulation de l'identité chrétienne et de la mission de l'Église - non pas séparées des autres ou opposées à eux, mais en relation avec eux.

 

  • Une Église qui se définit comme le corps du Christ, communauté d'hommes et de femmes renouvelés par la grâce et participant également à la vie de ce corps unique qui leur est commun, doit se laisser enseigner par l'expérience des femmes. Cette expérience apporte la vision d'un partenariat dans la quête de la justice, clé de ce que signifie être Église.

 

  • Quels sont le rôle et la place des personnes handicapées dans la vie et la mission d'une Église en quête de la vision biblique du cosmos rassemblé en Christ et qui se conçoit comme un mystère et comme semence de cette réalité holistique et eschatologique?

 

  • On ne peut plus, aujourd'hui, aborder l'anthropologie de manière dualiste et éluder des questions considérées comme tabou, telles que celle de la sexualité, qui sont essentielles pour l'intégrité et la totalité de la personne humaine. Les Églises et les chrétiens sont divisés et continuent à se diviser à propos de ces questions. On attend d'elles une réponse responsable, fondée à la fois sur des bases bibliques et théologiques et sur une analyse et une réflexion médicales, sociologiques et psychologiques.

 

  • Les nouvelles technologies de l'information et de la communication ont envahi toutes les sphères de la vie. La plupart des gens, les jeunes en particulier, subissent leur influence, pour ne pas dire qu'ils en sont dépendants. Quelle est la place et quel est le rôle de ces technologies dans l'ensemble de la vie et de la mission de l'Église aujourd'hui?

 

La question de la transformation, de la guérison et de la réconciliation est étroitement liée à celles de la koinonia et de la communauté fraternelle oecuménique. De quelle manière ces dynamiques sont-elles affectées par les perspectives nouvelles sur l'ecclésiologie et la vie de disciple, et comment les affectent-elles à leur tour? Au cours des années écoulées depuis la fondation du COE, le sens et le but originels du COE ont été mis en question, ils se sont élargis, ont été refaçonnés, reformulés. Le document Vers une conception et une vision communes du Conseil oecuménique des Églises a tenté de présenter de manière cohérente les sens et les buts divers de l'oikoumene et les attentes que nos contemporains ont à son égard. Le processus de réflexion se poursuit et on perçoit le besoin vital d'une reformulation de la vision oecuménique contemporaine.

 

  • Quelle est la signification, quelles sont les composantes de la recherche de l'unité dans un monde confronté à une culture de violence, cherchant à produire des armes de destruction massive de plus en plus perfectionnées? Que veut dire être humain en un temps où le pouvoir des riches s'accroît, où les migrants sont confrontés à la discrimination et où des catégories éthiques fondamentales de compréhension et d'action sont mises en question?

 

  • Quelles nouvelles formes d'oecuménisme et de coopération oecuménique motiveront et inspireront nos contemporains?

 

    • en un temps où les structures oecuméniques institutionnelles sont remises en question et où s'exprime le besoin d'une reconfiguration, où un nouvel oecuménisme post-confessionnel de base se fait jour et où nombreux sont ceux qui sont en quête d'une expression de la foi plus proche de l'expérience?

    • en un temps où de nombreux chrétiens, et particulièrement les jeunes, aspirent à une plus grande profondeur spirituelle et à une expression de la foi plus signifiante?

    • en un temps où les évangéliques, les pentecôtistes et les charismatiques développent leurs propres structures interecclésiales et commencent à s'intéresser à une quête oecuménique d'unité, de coopération et de service et à s'y impliquer?

 

  • Comment la communauté fraternelle des Églises peut-elle coopérer avec des partenaires spécialisés et des communautés et des organisations locales pour se porter au devant des souffrances et des détresses humaines, lorsque la coopération et la diaconie chrétiennes traditionnelles sont remises en question par la course aux ressources et la concurrence entre différents acteurs dans le domaine du développement humain?

 

  • Dès l'origine du mouvement oecuménique, le mouvement de la jeunesse a été le moteur qui l'a animé et en a entretenu la flamme. Quel rôle les jeunes, étudiants et autres jeunes laïcs, pourraient-ils jouer aujourd'hui pour transformer le paysage oecuménique?

 

  • Quels sont les contenus et les méthodologies de la formation oecuménique susceptibles de parler aux gens de notre temps et de les toucher?

Le contexte politique, social et économique international en mutation: le défi de la mondialisation et de l'empire économique

La justice, reconnue comme l'essence de l'amour de Dieu, a motivé les prophètes et inspiré leur critique des effets destructeurs de l'injustice et de l'abus du pouvoir sur les êtres humains et sur la terre. La vision qu'avaient les prophètes d'une vie bonne et heureuse s'enracinait dans l'option préférentielle de Dieu pour les pauvres, qui est au coeur des récits de la libération de l'esclavage vécue par Israël et se retrouve dans le sabbat et dans la vision jubilaire de la création bonne de Dieu (Exode 21, Lévitique 25, Deutéronome 15, Esaïe 61). Jésus confirme cette vision lorsqu'il proclame l'année du jubilé du Seigneur (Luc 4) et enseigne aux disciples à se libérer de l'injustice, de la cupidité et de la peur de l'avenir (Matthieu 6,19ss), à servir Dieu et non pas Mammon (Matthieu 6,24), à mettre leur confiance en Dieu qui aime toute vie et prend soin d'elle (Matthieu 6,25) et à "chercher d'abord le royaume de Dieu" (Matthieu 6,33). Jésus incarne le pain et l'eau de la vie (Jean 6,22ss; 7,37ss). Son corps est rompu, son sang versé pour tous (Luc 22,14ss), afin que tous aient la vie et qu'ils l'aient en abondance (Jean 10,10). L'Evangile proclame l'amour de Dieu révélé en Christ, mais il dévoile aussi la profondeur du péché humain qui conduit à la mort et à la destruction; il affirme la nécessité d'une justice transformatrice et du souci de la terre.

Mais que signifie l'affirmation de ces valeurs dans les contextes en mutation de notre temps, aux niveaux international et politique, social et économique? La mondialisation de l'économie et une nouvelle configuration géopolitique ont des effets énormes sur la vie des gens de toutes les régions du monde. Très souvent, ces forces nient l'urgence qu'il y a de combattre l'inégalité et la pauvreté croissantes, les guerres et les menaces qui pèsent sur la nature, à quoi viennent s'ajouter les maladies qui se propagent, la mort qui gagne du terrain et le démembrement des sociétés que provoquent le VIH et le sida. La crainte de perdre ce que l'on a acquis s'installe, en particulier chez ceux qui continuent à bénéficier d'une croissance économique inégale et de l'accumulation des richesses, aux dépens des pauvres et de la nature. Comment faire pour que la vision de la vie en tant que don de la grâce de Dieu encourage les gens à croire fermement que leur qualité de vie pourrait s'améliorer si un terme était mis à la concentration galopante des richesses et du pouvoir entre les mains d'un nombre de gens de plus en plus restreint, afin qu'ils puissent résister au courant qui pousse à la croissance économique et aux abus de pouvoir?

 

  • Comment les Églises abordent-elles les diverses formes et dimensions des relations de pouvoir qui affectent la vie et les moyens d'existence des peuples aux niveaux non seulement local, mais aussi national et international, comme par exemple les alliances militaires, le système des Nations Unies, les institutions financières internationales ou l'Organisation mondiale du commerce?

 

  • Qu'est-ce qui est nécessaire pour dire la vérité aux puissants dans un contexte où les formes politiques, militaires, économiques, sociales, culturelles et religieuses du pouvoir s'allient de façon croissante pour soutenir un pouvoir hégémonique et impérial?

 

  • Comment protéger la vie et la dignité humaines des effets d'une violence croissante? Quelles sont les nouvelles menaces qui pèsent sur la paix et qui sapent de plus en plus la sécurité et la vie future des communautés?

 

  • Les Églises seront-elles capables d'édifier des communautés hospitalières dans un environnement si violent et compétitif, où la vie est systématiquement dévaluée?

 

  • Quel est le rôle que la religion doit jouer dans la politique et dans la vie publique ? Quels sont les nombreux dangers qui menacent la religion dans le domaine politique, et comment peut-on la manipuler et en faire mauvais usage pour invalider et paralyser la critique spécifique des Églises?

 

  • Malgré toutes les promesses de ceux qui continuent à défendre le paradigme économique existant, le scandale de la pauvreté et de l'inégalité économique croissante est une réalité fatale pour des millions, et même des milliards d'enfants, de femmes et d'hommes - nos frères et nos soeurs. Comment les Églises peuvent-elles renforcer leur voix prophétique dans cette quête de structures économiques et politiques et de cadres institutionnels plus justes, comment peuvent-elles intensifier l'impact de leur coopération oecuménique?

 

  • Cette question est étroitement liée à celle du rôle des sciences et des technologies qui mettent en question le témoignage des Églises en faveur de la sainteté de la vie.

 

  • Elle montre aussi du doigt l'importance vitale des ressources de la terre que nous sommes appelés à gérer, et non pas à piller. Quel est à cet égard le rôle des peuples autochtones, des femmes et des groupes marginalisés?

 

  • Comment le racisme, le système des castes et les autres formes de discrimination sont-ils utilisés pour légitimer et aggraver l'injustice et les inégalités?

 

  • Quelles en sont les conséquences pour les enfants et les femmes, et quelles sont les nombreuses façons dont ils paient le plus lourd tribut et deviennent les victimes de la violence?

 

Au coeur de tout cela, on trouve les questions liées au pouvoir et à l'injustice structurelle qu'il convient de comprendre et de combattre.

Renouveler notre engagement

Nous attendons de ces entretiens oecuméniques, où les participants vont réfléchir ensemble sur les défis auxquels les Églises font face aujourd'hui, que le partage et l'échange de leurs expériences et de leurs actions, de leurs joies, de leurs frustrations, de leurs succès et de leurs échecs permettent aux chrétiens de différentes parties du monde d'apprendre les uns des autres et d'agir ensemble en vue du renouvellement et de la transformation des Églises et du monde. Le futur mandat qui résultera des travaux de l'Assemblée ne sera vital et cohérent que s'il naît d'un engagement nouveau des Églises à répondre à leur vocation oecuménique. En priant "Transforme le monde, Dieu, dans ta grâce", nous nous associons aussi à la prière de Jésus Christ, afin "que tous soient un" (Jean 17,21).