Sept semaines pour l'eau 2010: Holy Water
A l'occasion du carême, nous vous invitons à promouvoir une répartition équitable de l'eau, considérée comme un droit humain.
Pendant les sept semaines du carême, des méditations hebdomadaires vont essayer de faire prendre conscience des problèmes liés à l'eau et à la justice, dans la perspective du 22 mars, Journée mondiale de l'eau. Chaque semaine, pendant cette période, on trouvera sur ce site une brève méditation biblique ainsi que des liens et des suggestions en rapport avec la campagne.
Cette année, nous nous plongerons dans les "eaux bénites", notre thème pour 2010. Nous nous intéresserons ainsi à ce que la signification et l'utilisation de l'eau dans nos traditions liturgiques peuvent nous dire sur la signification et l'utilisation de l'eau dans notre vie quotidienne. Et inversement: comment la réalité actuelle de l'eau, notamment la crise de l'eau, peut-elle informer et inspirer notre utilisation liturgique de l'eau?
Ne manquez pas le début des Sept semaines pour l'eau en 2010, inscrivez-vous dès maintenant pour recevoir les dernières nouvelles par courriel.
Sept semaines pour l'eau 2010
Sachant que le Père a remis toutes choses entre ses mains, qu'il est sorti de Dieu et qu'il va vers Dieu, Jésus se lève de table, dépose son vêtement et prend un linge dont il se ceint. Il verse ensuite de l'eau dans un bassin et commence à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint. (Jean 13,3-5)
Nous devons laver nos pieds sales!
Réflexions sur l'eau et la justice d'après le lavage de pieds du dernier repas
Pour Jésus, l'eau est un moyen efficace et surprenant d'expliquer l'aspect central de sa conception du ministère des disciples. Selon l'Evangile de Jean, le dernier repas a eu lieu dans une salle secrète, afin que Jésus puisse être seul avec ses disciples et ses proches. Il n'y avait pas d'esclaves ou d'aides pour rompre le pain ou verser le vin - uniquement les quelques personnes réunies.
Jésus se sert de ce dernier repas pour montrer à ses disciples les principes fondamentaux de son royaume. Les disciples pouvaient être tentés de rêver de pouvoir et d'autorité, ainsi que d'une place assurée dans le royaume à venir, au lieu des humbles actions de service de Jésus. Il était difficile pour les disciples de faire preuve d'humilité en se mettant au service les uns des autres, élément central du message de Jésus. Concrètement, ils n'ont pas suivi la coutume locale de se laver les pieds avant le repas de la Pâque, alors Jésus leur a rappelé ce qu'il convenait de faire et comment se mettre au service de quelqu'un.
C'est dans ce contexte que Jésus a recours à l'eau pour illustrer l'essence de son enseignement. L'eau est utilisée pour laver et purifier les pieds sales des disciples et devient le symbole de la restauration et de la vie nouvelle. L'action quotidienne du lavage de pieds devient le véhicule de la révélation divine.
Jésus imagine une communauté nouvelle, qui ne serait pas souillée par le pouvoir et l'appétit pour l'autorité, mais qui serait une communauté d'humilité et de servitude. Or aujourd'hui dans notre monde, l'eau est devenue une source de pouvoir et de division. Ceux qui ont une mainmise injuste sur les sources d'eau font de cette ressource une marchandise, détenue et vendue par des monopoles puissants tandis que ceux qui ne peuvent pas se permettre ce besoin humain fondamental s'exposent à des dangers en se contentant d'eau polluée. Malheureusement, sur la majeure partie de la planète, l'eau est devenue une cause de mort au lieu d'une source de vie. L'eau, "la source de la vie", a été privatisée et exploitée dans une telle mesure que seules certaines communautés humaines peuvent avoir accès à ses bienfaits. Le manque d'eau potable cause chaque année la perte de millions de personnes, mortes de maladies, et l'avarice humaine a privé l'eau de sa nature purifiante et régénératrice.
Le défi face auquel Jésus Christ nous met en utilisant de façon symbolique l'eau lors de sa dernière réunion avec ses disciples indique très clairement que nous devons apprendre à concrétiser le message d'amour et de service pour renouveler et restaurer les communautés humaines. Jésus nous invite à nous laver de notre avarice et de notre désir de pouvoir. L'eau doit retrouver sa nature de source de vie et de droit fondamental pour l'ensemble de la création afin que la planète continue à vivre. Cette année pendant le carême, nous sommes une fois de plus invités, en tant que disciples de Jésus Christ, à laisser l'amour et le défi de Jésus Christ nous submerger, afin que nous puissions transmettre son message aux autres.
Anderson Jeremiah
Anderson Jeremiah est doctorant en christianisme mondial au New College, Université d'Edimbourg. Il est également prêtre de l'Eglise épiscopale d'Ecosse, diocèse d'Edimbourg.
Ensemble, nous pouvons changer les choses
Le carême est une période propice à l'introspection et à la réflexion sur notre relation avec Dieu. Certains d'entre nous renoncent au confort auquel nous sommes habitués afin de mieux se concentrer sur ce qui est essentiel ou en signe d'expiation. Que nous jeûnions ou que nous considérions le carême comme un moment privilégié pour donner à autrui, cette période est une occasion pour nous de réfléchir à nos échecs, à notre propre cupidité et notre indifférence, mais aussi une période de réconciliation et de renouvellement de notre joie et de notre confiance envers le pouvoir et la miséricorde de Dieu à l'approche de Pâques.
- Nous espérons que nos Sept semaines pour l'eau ont réussi à vous inspirer en ce sens et que cette campagne vous a été utile dans vos méditations de carême. Si elle a renforcé et renouvelé votre soif de justice, pensez à adhérer au Réseau oecuménique de l'eau.
- Inscrivez-vous au Bulletin trimestriel du ROE afin de vous tenir informés des évolutions et activités à venir.
Photo:© P. Karl Wallner - www.stift-heiligenkreuz.at
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour soeur eau,
qui est très utile et humble,
et précieuse et chaste.
(Cantique de frère soleil de François d'Assise,
Trad. Sources Chrétiennes, n° 285)
Soeur eau ou or bleu ?
Au Forum Social Mondial de Porto Alegre, Ricardo Petrella, enseignant et écrivain italien, activiste dans le domaine de l'eau, a révélé que Nestlé et Coca Cola sont en train d'acheter au Brésil de nombreux terrains où se trouvent des sources permanentes. En Europe, ces multinationales investissent beaucoup dans le secteur de l'eau en bouteille ; elles poursuivent le même objectif en Amérique latine. Le Fonds Monétaire International fait pression sur des gouvernements africains pour les obliger à accepter la privatisation de l'eau s'ils veulent recevoir des subventions pour le développement. Au Brésil, certains fleuves sont morts d'avoir servi de déversoirs pour des produits chimiques industriels ; c'est l'une des manières dont on exploite l'eau pour favoriser la production industrielle. Dans notre pays, cela se produit même dans des zones qui étaient considérées comme des sanctuaires écologiques, comme le bassin du Xingu. L'eau du Fresco, qui était autrefois claire, charrie maintenant quantité de sédiments provenant de l'exploitation intensive de mines d'or. On y a trouvé des poissons rendus aveugles par l'absence de lumière.
La décision contestable de détourner les eaux du São Francisco ne vise qu'à favoriser des intérêts économiques : l'eau doit servir en priorité à l'irrigation d'exploitations agricoles pratiquant la monoculture de canne à sucre et au secteur agroalimentaire en général. Les populations clairsemées de la province du Nord-Est ne bénéficient en aucune manière du système d'alimentation en eau, laquelle est la plus chère du monde. C'est l'or bleu. L'objectif prioritaire n'est pas d'étancher la soif des gens mais de gagner de l'argent - compte tenu en particulier du réchauffement climatique et de la course à l'eau potable. D'après les statistiques de l'ONU, 884 millions de personnes n'ont pas accès à l'eau potable et, en 2025, 60% de la population mondiale vivra probablement dans des régions touchées par des pénuries d'eau.
Par contraste, la vision de saint François d'Assise est très présente aujourd'hui à la base - pas seulement au Brésil mais dans toute l'Amérique latine, dans les communautés autochtones, noires et paysannes. Ce sont les populations autochtones qui ont préservé la relation mystique de l'homme avec la Terre Mère et la Soeur Eau, et qui ont protégé ce qui reste à préserver de la nature.
Voyons ce que dit l'Évangile : dans sa conversation avec la Samaritaine (Jean 4, 7-14), Jésus lui fait cette demande : << Donne-moi à boire >>. L'idée que ce passage inspire aux communautés populaires, c'est le lien surprenant que nous avons avec notre propre puits et notre identification à l'eau, qui fait de nous des sources d'eau vive. << Boire à son propre puits >>, comme l'a dit saint Jean de la Croix. C'est là une idée très ancienne : dans la Bible, l'eau est un élément récurrent qui intervient à des moments clefs de la vie du peuple de Dieu. Mais elle est également présente dans la vie spirituelle d'autres peuples qui, comme le peuple de la Bible, ont apporté leur contribution essentielle particulière à la conscience quotidienne toujours plus aiguë que l'humanité a aujourd'hui de l'eau.
C'est de cette vision mystique que vient la force de se battre pour la défense de l'eau considérée non pas comme un quelconque produit de consommation courante mais comme un bien commun vital pour tous les êtres vivants.
Prendre soin de l'eau et se battre pour la protéger contre les politiques de privatisation, cela ne peut se faire que si l'on adopte une relation nouvelle avec la création, avec la nature, avec l'environnement. Souvenons-nous de la Charte de la Terre, un authentique acquis du peuple, l'étendard d'une lutte nouvelle, dont devraient tenir compte, dans toutes les décisions prises, tous ceux qui se battent pour défendre la Terre - ce lieu où nous vivons, en respectant et protégeant la vie, l'intégrité de l'environnement, la justice économique et sociale, la démocratie et la paix.
Voici ce qu'on lit dans la conclusion de la Charte de la Terre : << Faisons en sorte que notre époque passe à l'histoire comme l'éveil d'une nouvelle forme d'hommage à la vie, la ferme résolution d'atteindre la durabilité, l'accélération de la lutte pour la justice et la paix et l'heureuse célébration de la vie. >>
Dom Tomás Balduino
Dom Tomás Balduino est évêque émérite de Goiás. Toute sa vie, il a soutenu le combat pour leurs droits que mènent les plus pauvres des Brésiliens. Il est actuellement conseiller de la Commission pastorale pour la terre, organisme de l'Église catholique qui lutte pour les droits des travailleurs agricoles et des paysans du Brésil.
Post-scriptum:
En 2006 dans le rapport des Nations Unies sur le développement humain, le président Luiz Inácio Lula da Silva a écrit "De l'eau propre, accessible et abordable est un droit humain." Malgré ces paroles claires le gouvernement brésilen est maintenant dit de faire parti de ceux qui ont activement opposé l'affirmation du droit humain à l'eau dans la déclaration finale du Forum mondial de l'eau qui a eu lieu à Istanbul du 16 au 22 mars dernier. Lisez plus au sujet du Forum mondial de l'eau: http://www.oikoumene.org/fr/nouvelles/news-management/a/fr/article/1722/la-declaration-du-forum-m.html
Ensemble, nous pouvons changer les choses
En 2006, les Églises du Brésil et de Suisse ont publié une Déclaration oecuménique commune sur l'eau comme droit de l'homme et bien public. Elles se sont engagées à << convaincre nos Églises, paroisses, oeuvres d'entraide, groupements oecuméniques et organisations partenaires de soutenir cette déclaration et à prier pour cela ; d'entente avec les mouvements sociaux et ONG ( ) intéressés, à motiver l'opinion publique, les forces politiques et la population de nos pays à s'engager dans ce but. >>
- Cette déclaration est disponible en anglais, français, espagnol, allemand et portugais. Pouvez-vous la traduire dans la langue de votre pays ou région ?
- Parlez-en aux responsables de votre Église, ou envoyez-leur une lettre avec copie de cette Déclaration pour les informer de ce remarquable exemple de coopération oecuménique, en leur demandant s'ils ne pourraient pas la signer.
- Dans vos prières pour la justice en matière d'eau, cette semaine, reprenez le Cantique de saint François ; peut-être cette belle et ancienne prière vous inspirera-t-elle aussi un tableau ou un dessin de notre soeur l'eau, de notre frère le feu Vous en trouverez le texte ici en anglais, en français, en allemand, en espagnol ainsi que dans sa langue originale : l'ombrien.
Photo: Guilherme Cecílio
Le Seigneur dit à Noé: "Entre dans l'arche, toi et toute la maison, car tu es le seul juste que je vois en cette génération." (Genèse 7.1)
Noé - le premier écologiste confronté à un problème d'eau?
L'eau est un grand problème et une question de justice. Certaines communautés n'ont pas d'eau pour irriguer leurs terres, pas d'eau potable, pas d'eau propre pour faire leur toilette ou leur lessive. D'autres communautés ont peut-être de l'eau en abondance, mais elle arrive sous forme d'événements destructeurs, qu'il s'agisse de pluies diluviennes, d'inondations ou de raz de marée dévastateurs. Ces problèmes sont douloureusement familiers pour toujours plus de gens, et force est de constater que du fait du réchauffement de la terre et des changements climatiques qui en résultent, les choses empirent. L'injustice des inondations et de la sécheresse affecte les pauvres du monde dans une mesure disproportionnée.
S'il ne se produit pas de changement significatif dans le comportement humain, nous disent les scientifiques, l'avenir est potentiellement catastrophique. L'eau nous confronte toutes et tous à des questions sur la durabilité et sur notre dette écologique.
Que va-t-il probablement arriver, selon les scientifiques, si le réchauffement mondial se poursuit avec la même intensité? La liste inclut notamment:
l'élévation du niveau des mers due à la fonte des glaces accumulées sur le sol et à l'expansion des océans qui se réchauffent: les îlots qui ne dépassent que de peu le niveau de la mer et les millions de personnes qui vivent dans les deltas en sont les premières victimes;
la transformation de la répartition des pluies: certaines régions semi-arides deviennent encore plus chaudes et plus sèches, ce qui rend plus hasardeuses les cultures vivrières; certaines zones tempérées deviennent plus humides, ce qui met aussi en péril les cultures vivrières, d'autant plus que le risque d'inondation s'accroît;
les tempêtes: elles deviennent plus fréquentes et plus fortes.
Avons-nous déjà connu cela? Pas exactement, puisque c'est la première fois que les êtres humains sont la cause d'un réchauffement mondial; mais certains récits bibliques nous fournissent néanmoins des indices et une vision d'espérance.
Si nous ouvrons la Bible dans ses premiers chapitres, nous trouvons le récit de Noé et du déluge. La méchanceté de l'humanité s'est multipliée sur la terre; les êtres humains se sont détournés de Dieu, bien que la nature précise de leur péché ne soit pas expliquée clairement. Le texte attire notre attention sur Noé: nous voyons un individu qui a la faveur de Dieu, qui est juste et intègre au milieu des générations de son temps, qui suit les voies de Dieu. En prévision du déluge, Dieu dit à Noé de construire une arche; de toute espèce vivante, il introduira un couple dans l'arche, avec à chaque fois un mâle et une femelle; et quand la pluie viendra, il s'embarquera. Noé fait comme Dieu l'a demandé.
Non seulement Noé marche avec Dieu en ces temps troublés, mais il agit dans l'obéissance à Dieu, quel que soit le coût de son action en termes de ressources, par rapport à sa famille ou face à la risée des voisins. En faisant entrer les animaux dans l'arche en prévision du danger, Noé agit en bon défenseur de la nature. Et après la fin du déluge, le premier acte de Noé est de montrer sa confiance permanente en Dieu en élevant un autel pour le Seigneur.
Dieu répond à Noé, et en fait à sa famille, à ses enfants, aux enfants de ses enfants et à toutes les créatures vivantes, avec la promesse de l'arc-en-ciel.
Noé est le premier écologiste biblique, il discerne les signes des temps, il obéit à Dieu, il réoriente sa vie et agit pour assurer la perpétuation de la vie. Son histoire lance un défi à notre génération. Sommes-nous disposés à lire les signes des temps? Sommes-nous disposés à obéir aux injonctions de Dieu sans égard aux coûts personnels qui en résultent en matière de temps ou d'argent, sans nous préoccuper d'être la risée des autres? Reconnaissons-nous notre vocation d'aider à façonner nos vies, nos communautés et nos conditions économiques d'une manière qui garantisse un passage sûr, semblable à celui de l'arche, pour nous-mêmes, nos enfants, les enfants de nos enfants et toutes les créatures vivantes?
Attentifs aux changements climatiques et à la menace réelle qui pèse sur l'eau et sur la vie, que pouvez-vous faire, que peut faire votre communauté pour suivre les traces de Noé et marcher avec Dieu?
Après le déluge, Dieu donne à Noé l'arc-en-ciel pour qu'il devienne un signe d'alliance entre lui et la terre. Si nous réfléchissons à la promesse d'arc-en-ciel multicolore de Dieu nous assurant que les eaux ne deviendront plus jamais un déluge, quelle promesse d'arc-en-ciel votre communauté de foi veut-elle faire à Dieu, à vos enfants, aux enfants de vos enfants et à toutes les créatures vivantes?
David Pickering
David Pickering, de l'Eglise réformée unie (URC), est le pasteur de la paroisse de St Andrew à Roundhay, une banlieue de Leeds, en Angleterre. Il est le président du Conseil d'administration d'Operation Noah depuis 2005. Dans les années 1990, il fut le conseiller environnemental de l'URC et de 1999 à 2004, il a développé et dirigé l'organisation Eco-congregation.
Ensemble, nous pouvons changer les choses:
- En décembre 2009, les Nations Unies organisent une conférence internationale sur les changements climatiques à Copenhague, lors de laquelle les responsables politiques seront appelés à se mettre d'accord sur un plan d'action mondial face au changement climatique. Au Royaume-Uni, l'"opération Noé" fait campagne pour que le gouvernement britannique intervienne en faveur de réductions significatives, dans le monde entier, des émissions de centrales électriques fonctionnant à base de combustibles fossiles. Vous trouverez de plus amples informations sur le thème "cap the power - cut the carbon" (freiner la consommation énergétique, réduire les émissions de carbone) sur le site www.operationnoah.org/5
- Et vous, quelle est votre promesse? Apprenez-en plus sur ce que vous pouvez faire pour ralentir le changement climatique en consultant le site: Quoi faire (Fondation David Suzuki)
Illustration: Gaspirtz
Nous avons travaillé l\'histoire de noé à notre séance de catéchisme la semaine dernière et fabirqué un bel arc en ciel.
Pour d\'autres histoires d\'eau dans la Bible la Société Biblique française a édité un livre Histoires d\'eau de la Bible par Matthias Jeshke
www.arretauxpages.com/catalogue/fiche.php
C'est ainsi qu'il parvint dans une ville de Samarie appelée Sychar, non loin de la terre donnée par Jacob à son fils Joseph, là même où se trouve le puits de Jacob. Fatigué du chemin, Jésus était assis tout simplement au bord du puits. C'était environ la sixième heure. Arrive une femme de Samarie pour puiser de l'eau. Jésus lui dit: "Donne-moi à boire." Ses disciples, en effet, étaient allés à la ville pour acheter de quoi manger. Mais cette femme, cette Samaritaine, lui dit: "Comment? Toi, un Juif, tu me demandes à boire à moi, une femme samaritaine!" Les Juifs, en effet, ne veulent rien avoir de commun avec les Samaritains. Jésus lui répondit: "Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit: 'Donne-moi à boire', c'est toi qui aurais demandé et il t'aurait donné de l'eau vive." (Jean 4,5-10)
L'eau n'appartient à personne, c'est un don de Dieu
L'eau est le point de rencontre dans cette histoire. Elle a un fort attrait en tant que lieu de vie et de renouveau sur cette terre aride. Le puits où l'on trouve l'eau serait celui de Jacob - peut-être une référence au patriarche de l'Ancien Testament, peut-être une référence au propriétaire du terrain qui a ordonné à des esclaves et des serviteurs "impuissants" de creuser le puits. On rencontre un Jésus fatigué et assoiffé, attiré par le puits pour renouveler sa vie. Il a envoyé ses disciples à la ville avec de l'argent pour acheter à manger. Il n'a aucun moyen d'accéder à l'eau du puits mais il sait qu'il n'a pas besoin d'argent et qu'il y aura quelqu'un pour partager gratuitement l'eau avec lui.
La femme samaritaine vient dans le cadre de sa routine habituelle: elle assume un rôle de genre typique, tirer de l'eau pour pourvoir aux besoins de sa famille. Bien qu'elle fasse partie d'un peuple non juif marginalisé, les Samaritains, elle se trouve au coeur d'une contradiction: être un objet de discrimination tout en étant le point d'accès à l'eau potable.
La demande de Jésus, "Donne-moi à boire" (7), invite cette femme à interrompre sa tâche ménagère pour qu'elle offre l'hospitalité à cet homme juif controversé. Contrairement aux récits de fiançailles d'Isaac (Genèse 24,10-61), de Jacob (Genèse 29,1-20) et de Moïse (Exode 2,15-21), Jésus n'est pas venu au puits pour y chercher une femme à épouser. Il cherche un témoin qui le reconnaîtra comme la source de l'eau qui coule, vivante et gratuite, et qui lui amènera les assoiffés méprisés. Suite à cette conversation qui a changé sa vie, la femme devient un point d'accès à deux types d'eau.
Nous pouvons tirer de cette histoire que l'eau, c'est la vie: importante pour le renouveau; nécessaire à chacun, quelle que soit la race, le sexe, l'âge, le handicap ou toute autre signe distinctif; un don de Dieu qui ne doit pas être privatisé et réservé aux puissants en privant les moins puissants; et comme cette femme samaritaine, chacun de nous doit s'assurer que nous oeuvrons à rendre accessible l'eau physique et spirituelle pour tous.
Jésus nous apprend que nous devons toujours oser exiger l'accès à l'eau et que nous devons toujours dialoguer tant avec ceux qui considèrent leur position de privilégiés comme normale, qu'avec ceux qui acceptent leur privation comme normale. La femme samaritaine a rencontré Dieu, elle s'est rendu compte que le véritable propriétaire de l'eau de vie est Dieu et non pas Jacob. Cette rencontre lui a permis d'aller dire à son peuple: le Dieu qui a créé l'eau qui coule est aussi leur Dieu. Tout comme l'esprit de Dieu ne saurait être réservé à seulement quelques personnes, l'eau ne doit pas être réservée à un seul puits en particulier.
Que l'eau s'écoule comme l'esprit de Dieu, afin de donner la vie et le renouveau à chacun, selon la volonté de Dieu.
Fulata Moyo
Fulata Mbano-Moyo, théologienne systématique réformée du Malawi, est la responsable du programme du COE pour les femmes dans l'Eglise et la société. Son travail de doctorat se concentre sur les questions d'éthique de sexe et de genre.
Ensemble, nous pouvons changer les choses
Bien que des progrès considérables aient été faits ces dernières années pour améliorer l'accès à l'eau, les statistiques les plus récentes indiquent que 884 millions de personnes dans le monde n'ont pas accès à une eau sure. Ce sont les femmes qui en font le plus les frais lorsqu'elles doivent aller la chercher à des sources d'eau éloignées ou lorsque leurs enfants tombent malades à cause d'une eau insalubre.
- Aidez à soulager ce fardeau en offrant un "cadeau juste": donnez, au nom d'un ami ou d'un parent, un jerrycan, un puits ou, pourquoi pas, des latrines à quelqu'un qui en a besoin pour mieux vivre.
- Renseignez-vous pour savoir s'il existe des organisations dans votre pays qui permettent d'offrir des cadeaux justes. Certains participants du Réseau oecuménique de l'eau, comme le Church World service (Etats-Unis) et Christian World Service (Nouvelle-Zélande), proposent d'offrir à quelqu'un, au lieu d'un cadeau classique, un certificat indiquant qu'un projet lié à l'eau a été donné en son nom à une personne qui en a besoin. L'entraide protestante suisse et Vision du monde France permettent également de faire ce genre de cadeaux.
Foto: Walwyn
Je profite de cette journée mondiale de l\'eau pour mettre en avant cette collaboration exemplaire entre une ONG et une toute petite entreprise qui existe depuis seulement un mois. Cette initiative, modeste, permettra d\'apporter l\'eau potable dans 5 villages... c\'est à découvrir ici www.marceletmoi.fr/laosai.htm . Cela nous prouve que nous pouvons tous être utiles... soyons responsables, chaque goutte d\'eau est indispensable à l'homme :))
Eh bien, puisque vous pressurez l'indigent,
Lui saisissant sa part de grain,
Ces maisons en pierre de taille que vous avez bâties,
Vous n'y résiderez pas;
Ces vignes de délices que vous avez plantées,
Vous n'en boirez pas le vin.
Amos 5,11
L'eau, symbol de notre relation avec Dieu
L'eau symbolise notre relation avec Dieu, en portant l'idée du renouveau, de la promesse et de l'espérance. C'est à travers l'eau que nous sommes baptisés pour faire partie de la communauté de l'Eglise. En outre, l'eau est essentielle à toute vie sur terre et elle relie la vie humaine au reste de la création divine. La création commence lorsque Dieu appelle la vie hors de l'eau (Genèse 1,2). Le corps humain lui-même est essentiellement constitué d'eau. Nous pouvons vivre des semaines sans nourriture, mais seulement quelques jours sans eau. C'est à travers l'eau que l'ensemble de la création reçoit la vie, et la vie sous toutes ses formes est impossible sans l'eau.
Cependant, si l'eau symbolise notre relation avec Dieu, que nous apprend-elle sur nous? A travers le monde, 884 millions de personnes n'ont pas accès à une eau potable sure (OMS/UNICEF). Les Nations Unies ont averti que d'ici à l'année 2025, si la tendance actuelle se confirme, 1,8 milliard de personnes vivront dans des pays ou des régions manquant d'eau, et les deux tiers de la population mondiale pourrait être en situation de stress hydrique. Même aux Etats-Unis, selon l'Agence de protection de l'environnement, 218 millions de personnes vivent à moins de 16 km d'un lac pollué.
L'eau est avant tout un don de Dieu, offert pour que nous - et l'ensemble de la création - recevions la vie. En tant que croyants, nous concevons nos responsabilités comme étant la protection des dons sacrés offerts par Dieu et la guérison d'un monde déchiré par les divisions et les querelles humaines. Bien souvent, aux Etats-Unis, nous ne mettons pas nos actions en relation avec le reste du monde. Nous construisons des maisons de pierre et profitons de vignes luxuriantes en fermant les yeux sur le fait que les pauvres sont foulés aux pieds afin que nous puissions bénéficier de ces choses.
La crise de l'eau en est un exemple. Les pays développés, y compris les Etats-Unis, utilisent l'immense majorité de l'eau de la planète, notamment pour la gestion des déchets et l'industrie (unesco.org). Alors que nous utilisons l'eau pour les entreprises, les personnes qui vivent dans l'indigence la plus profonde doivent s'en passer complètement, et bien souvent, ce sont nos entreprises qui les privent de leur eau. En Inde, Coca-Cola a suscité de nombreuses critiques en prélevant l'eau appartenant à la population et en asséchant les terres où vivent plus de 2000 personnes (stwr.org). En Afrique, plus de 58% de la population n'a pas accès aux ressources en eau.
Nous sommes appelés à vivre dans une relation juste avec le reste du monde et de la création, et nos vies devraient refléter cette relation. Nous devons veiller à ce que nos vignes ne soient pas arrosées avec l'eau de ceux qui vivent dans la misère sur la planète. Tout le monde doit pouvoir jouir du vin du corps du Christ.
Jordan Blevins
Jordan Blevins est directeur adjoint du Programme écojustice du Conseil national des Eglises (Etats-Unis), où il coordonne le travail du Conseil sur les domaines publics, l'eau, la biodiversité et la justice environnementale. Il fait également partie du Groupe de travail de jeunes adultes de la Conférence des Eglises américaines membres du Conseil oecuménique des Eglises.
Ensemble, nous pouvons changer les choses:
- Organisez un culte pour la Journée mondiale de l'eau. Cette année, elle tombe un dimanche - l'occasion parfaite pour inviter votre paroisse à participer au travail sur la crise mondiale de l'eau. Cliquez ici pour obtenir des ressources du Programme écojustice du Conseil national des Eglises des Etats-Unis (en anglais) ou ici pour des suggestions du Réseau oecuménique de l'eau.
- Engagez-vous dans des projets liés à l'eau dans le monde. Jetez un oeil au travail du Church World Service ou d'autres participants au ROE. Essayez d'encourager votre paroisse à soutenir un projet particulier.
- Prenez contact avec vos élus locaux et les entreprises de votre région et défendez la cause de pratiques justes en matière d'eau. Cliquez ici pour lire des récits d'espérance venus du monde entier.
Foto: Abraxas3d
Les prêtres qui portaient l'arche de l'alliance du Seigneur s'arrêtèrent sur la terre sèche, au milieu du Jourdain, immobiles, tandis que tout Israël traversait à pied sec jusqu'à ce que toute la nation eût achevé de traverser le Jourdain. (Josué 3,17)
Souciez-vous de vos eaux usées - considérations sur le Jourdain
L'épidémie de choléra au Zimbabwe est un sinistre rappel du lien crucial entre l'eau, les mesures d'assainissement, la santé et la responsabilité politique. A mi-février 2009, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait recensé plus de 70'000 cas d'infection et 3524 décès.
Nous vivons tous en aval
L'épidémie de choléra indique clairement que l'économie et l'écologie sont étroitement liées et que l'eau se trouve à leur intersection. Le système économique, à travers l'industrie, l'agriculture et le rôle des humains dans le changement climatique, met gravement en danger nos ressources hydriques, et la diminution de ces dernières a des conséquences désastreuses pour la qualité de vie des pauvres et des marginalisés.
Cela ne devrait pas nous surprendre. Le mot grec pour la maison ou la demeure est oikos. C'est de lui que dérivent nos deux mots économie et écologie. L'économie est oikos-nomos, les règles de la demeure, l'écologie, oikos-logos, la sagesse de la demeure. Nous habitons tous la même demeure, le monde. En ce qui concerne l'eau, "nous vivons tous en aval".
En général, le lien entre économie et écologie est absent de nos modèles théologiques. Les théologies de la libération mettent l'accent sur la tradition de l'Exode et se soucient de l'économie et de la pauvreté. Les théologies de la création mettent l'accent sur la Genèse et se soucient de l'écologie et de l'environnement. Isolées, ces théologies ne tiennent pas compte du fait que "nous vivons tous en aval". Il nous faut imaginer une vision théologique qui les intègre.
Considération sur le Jourdain
A ce propos, je pense qu'il peut être utile de considérer le Jourdain, au moment où le peuple d'Israël va pénétrer dans la Terre promise. C'est le peuple de l'Exode, libéré de l'esclavage. Mais à ce moment-là, les Israélites ne sont pas seulement libres. Ils sont sur le point d'assumer la responsabilité de créer une société respectueuse à la fois de l'humanité et de la terre. Il s'agit, après tout, du pays où couleront le lait et le miel pour les générations à venir.
Penser au Jourdain, c'est évoquer aussi le lien étroit entre la Bible et l'eau. Le Jourdain coule de la vie (mer de Galilée) vers la mort (mer Morte). Il nous rappelle que les humains ont le choix entre ces deux options, en faisant le lien entre l'économie et l'écologie, entre la fête de la Pâque (libération) et celle des Semaines (création).
Une telle perspective ne saurait légitimer l'Etat moderne d'Israël ou tout autre projet impérialiste, car elle est enracinée dans le code deutéronomique de la justice pour la veuve, l'étranger et l'opprimé.
Considérer le Jourdain, c'est relier l'économie et l'écologie en reconnaissant que "nous vivons tous en aval". Cela nous rappelle que la liberté ne sert à rien pour les pauvres si nous sommes incapables de nous soucier de nos eaux usées.
Steve de Gruchy
Steve de Gruchy est professeur de théologie et du développement et doyen de la Faculté de religion et de théologie de l'Université de KwaZulu-Natal, Afrique du Sud. Engagé depuis plusieurs années dans le mouvement oecuménique en Afrique du Sud et dans le monde, il s'intéresse plus particulièrement aux questions de justice sociale et d'engagement dans la communauté.
Ensemble, nous pouvons faire la différence
"N'oublie pas de tirer la chasse" - voilà ce qu'on a appris à ceux d'entre nous qui ont eu la chance de grandir avec des toilettes chez eux. Mais notre mentalité de "tirer la chasse et oublier" cause de nombreux problèmes, non seulement en créant des congestions, mais aussi en polluant des ressources en eau toujours plus rares.
- Huile de cuisine, restes alimentaires, cotons-tiges ? Faites une liste des choses dont vous vous êtes débarrassés dans vos toilettes ou dans votre évier au cours de la semaine passée!
- Lisez nos recommandations "Ne tirez pas la chasse pour oublier", et réfléchissez à ce que vous pourriez mieux faire à l'avenir.
- Avec l'huile de cuisson qu'il vous reste, pourquoi ne pas faire à manger pour les oiseaux? Plusieurs sites expliquent comment s'y prendre, par exemple: http://www.cfaitmaison.com/divers/oiseau.html
Steve de Gruchy's complete article "Dealing with our own sewage: Spirituality and Ethics in the Sustainability Agenda" (en anglais)
Foto: Ajay Tallam
Ce que le Seigneur exige de toi: rien d'autre que respecter le droit, aimer la fidélité et t'appliquer à marcher avec ton Dieu. (Michée 6,8)
Comme une biche se tourne vers les cours d'eau, ainsi mon âme se tourne vers toi, mon Dieu. (Psaume 42,1)
Goutte à goutte
Comme le tic-tac d'une horloge marquant le cours du temps, l'eau goutte avec bruit, qu'elle tombe du bord d'un rocher ou d'un toit à la saison des pluies et de l'abondance, ou d'un robinet mal fermé dans les sociétés où la ressource la plus précieuse et la plus vitale de la Terre est gaspillée inconsidérément.
Le bruit de l'eau qui coule est salué avec joie à la fin d'une période de sécheresse. Ces gouttes qui s'écrasent sur le sol sont promesse de transformation, de germination des graines, de récoltes abondantes, d'espérance pour l'avenir, de bien-être. Le son de ces gouttes est aussi celui de la justice.
Il y a plus de deux mille ans, le prophète Michée appelait l'humanité à un triple devoir de résistance et de persévérance. "Respecter le droit, aimer la fidélité et t'appliquer à marcher avec ton Dieu." C'est à cette forme de spiritualité de persévérance et de durabilité à long terme que sont appelés les chrétiens au moment où débute un nouveau carême.
Il y a des siècles, le poète romain Ovide écrivait que l'eau perce la pierre non par la force mais par la persévérance. Dans une société de solutions instantanées et de réactions immédiates, il n'est pas facile de faire accepter les vertus de discipline et de renoncement propres au carême. La triple spiritualité de Michée nous invite à imiter la goutte qui creuse la pierre, en continuant sans trêve à rappeler le problème de l'eau et de la justice à nos communautés et au monde.
Loren Kerkof, franciscain des Etats-Unis, encourage également une triple spiritualité en réponse à la réalité écologique qui est celle de notre planète, un spiritualité née de notre besoin d'approfondir notre relation avec Dieu, de notre sens des responsabilités et de la vocation à réaliser le royaume de la justice de Dieu.
Voici ce qu'il écrit: "La spiritualité écologique a conscience que la Terre est un reflet du divin; elle considère l'univers comme un sacrement de Dieu, comme une incarnation de Dieu. La contemplation de la beauté et de la présence de Dieu en toutes choses peut nous conduire à la metanoia, à une conversion qui nous incite à réagir à la crise qui frappe notre planète, notre demeure, la création de Dieu."
Comme la biche qui aspire à l'eau pure dans le psaume 42, il y a dans notre monde une aspiration profonde à changer les choses, à disposer d'eau pure, à approfondir la relation avec Dieu, à pratiquer un mode de vie plus équitable et qui tienne mieux compte des autres.
La crise de l'eau et l'absence d'un accès équitable à l'eau sont des éléments de la crise qui frappe notre planète. Comme le dit Kerkof, la question à laquelle nous devons répondre aujourd'hui est la suivante: "Comment allons-nous donc vivre?"
Dans cette perspective, le carême est l'occasion de prendre le temps de poser des questions, de contempler la merveilleuse création de Dieu, de réaliser que notre mode de vie individuel a des incidences sur tout ce qui vit sur cette planète précieuse et fragile et de nous demander ce que signifie de nos jours la volonté de suivre Jésus. C'est aussi l'occasion d'admirer les beaux lacs, les ruisseaux limpides ou simplement un verre d'eau claire et d'aspirer à la justice. C'est enfin l'occasion de nous engager dans la tâche de longue haleine d'oeuvrer en faveur du partage équitable de l'eau sur toute la planète.
En nous appliquant à marcher avec Dieu durant le carême, nous nous réjouissons aussi de la promesse de la transformation des valeurs du monde exprimée par la résurrection du Christ à Pâques, transformation qui doit commencer en nous-mêmes.
Ce n'est pas d'un jour à l'autre qu'on parviendra à une répartition équitable de l'eau pour le milliard d'habitants de notre planète qui n'ont pas accès à l'eau potable. Le processus sera long et impliquera de défendre cette cause, de lancer des campagnes et d'agir concrètement et directement. Parfois, nous aurons le sentiment que nos efforts sont vains. C'est pourquoi nous devons non seulement nous engager intellectuellement et politiquement mais aussi pratiquer cette spiritualité de la persévérance qui nous soutiendra lorsque nous suivrons Jésus et essayerons d'être ces gouttes d'eau qui brisent les rochers de l'injustice.
La promesse que le Christ est la source d'eau vive nous encouragera dans notre cheminement et notre volonté d'arroser les semences de la vie nouvelle.
Jane Stranz
Jane Stranz est pasteure de l'Eglise réformée unie de Grande-Bretagne et de l'Eglise réformée de France. Habitant en France, elle travaille au Conseil oecuménique des Eglises où elle coordonne le Service linguistique.
Ensemble, nous pouvons faire la différence
Préparez la Journée mondiale de l'eau, le 22 mars
- Renseignez-vous sur les manifestations de la Journée de l'eau dans votre voisinage.
- Cherchez dans la "boîte à outils" des idées sur la manière dont vous et votre Eglise pourriez vous engager dans des activités en faveur de la justice lors de la Journée de l'eau.
- Préparez une célébration liturgique sur le thème de l'eau et la justice et envoyez au réseau oecuménique vos célébrations, culte et prédications.
Exercice spirituel
Prenez le temps d'écouter l'eau qui goutte, coule ou ruisselle.
- Réfléchissez au potentiel de vie que renferme une seule goutte d'eau pour irriguer une terre aride et la rendre à la vie.
- En écoutant le bruit de l'eau (ou en l'imaginant), priez
- pour que tous aient accès à cette ressource vitale et pour qu'elle soit répartie plus équitablement;
- pour demander la patience de soutenir les campagnes en faveur du droit à l'eau.
Vous trouverez ci-dessous l'article de Loren Kerkof (en anglais)
Voila alors une première nouvelle d\'une liturgie en français pour la journée internationale pour l\'eau.
Pour en savoir plus lisez Bibleetcreation ici
Ce que le Seigneur exige de toi: rien d'autre que respecter le droit, aimer la fidélité et t'appliquer à marcher avec ton Dieu. (Michée 6,8)
Comme une biche se tourne vers les cours d'eau, ainsi mon âme se tourne vers toi, mon Dieu. (Psaume 42,1)
Goutte à goutte
Comme le tic-tac d'une horloge marquant le cours du temps, l'eau goutte avec bruit, qu'elle tombe du bord d'un rocher ou d'un toit à la saison des pluies et de l'abondance, ou d'un robinet mal fermé dans les sociétés où la ressource la plus précieuse et la plus vitale de la Terre est gaspillée inconsidérément.
Le bruit de l'eau qui coule est salué avec joie à la fin d'une période de sécheresse. Ces gouttes qui s'écrasent sur le sol sont promesse de transformation, de germination des graines, de récoltes abondantes, d'espérance pour l'avenir, de bien-être. Le son de ces gouttes est aussi celui de la justice.
Il y a plus de deux mille ans, le prophète Michée appelait l'humanité à un triple devoir de résistance et de persévérance. "Respecter le droit, aimer la fidélité et t'appliquer à marcher avec ton Dieu." C'est à cette forme de spiritualité de persévérance et de durabilité à long terme que sont appelés les chrétiens au moment où débute un nouveau carême.
Il y a des siècles, le poète romain Ovide écrivait que l'eau perce la pierre non par la force mais par la persévérance. Dans une société de solutions instantanées et de réactions immédiates, il n'est pas facile de faire accepter les vertus de discipline et de renoncement propres au carême. La triple spiritualité de Michée nous invite à imiter la goutte qui creuse la pierre, en continuant sans trêve à rappeler le problème de l'eau et de la justice à nos communautés et au monde.
Loren Kerkof, franciscain des Etats-Unis, encourage également une triple spiritualité en réponse à la réalité écologique qui est celle de notre planète, un spiritualité née de notre besoin d'approfondir notre relation avec Dieu, de notre sens des responsabilités et de la vocation à réaliser le royaume de la justice de Dieu.
Voici ce qu'il écrit: "La spiritualité écologique a conscience que la Terre est un reflet du divin; elle considère l'univers comme un sacrement de Dieu, comme une incarnation de Dieu. La contemplation de la beauté et de la présence de Dieu en toutes choses peut nous conduire à la metanoia, à une conversion qui nous incite à réagir à la crise qui frappe notre planète, notre demeure, la création de Dieu."
Comme la biche qui aspire à l'eau pure dans le psaume 42, il y a dans notre monde une aspiration profonde à changer les choses, à disposer d'eau pure, à approfondir la relation avec Dieu, à pratiquer un mode de vie plus équitable et qui tienne mieux compte des autres.
La crise de l'eau et l'absence d'un accès équitable à l'eau sont des éléments de la crise qui frappe notre planète. Comme le dit Kerkof, la question à laquelle nous devons répondre aujourd'hui est la suivante: "Comment allons-nous donc vivre?"
Dans cette perspective, le carême est l'occasion de prendre le temps de poser des questions, de contempler la merveilleuse création de Dieu, de réaliser que notre mode de vie individuel a des incidences sur tout ce qui vit sur cette planète précieuse et fragile et de nous demander ce que signifie de nos jours la volonté de suivre Jésus. C'est aussi l'occasion d'admirer les beaux lacs, les ruisseaux limpides ou simplement un verre d'eau claire et d'aspirer à la justice. C'est enfin l'occasion de nous engager dans la tâche de longue haleine d'oeuvrer en faveur du partage équitable de l'eau sur toute la planète.
En nous appliquant à marcher avec Dieu durant le carême, nous nous réjouissons aussi de la promesse de la transformation des valeurs du monde exprimée par la résurrection du Christ à Pâques, transformation qui doit commencer en nous-mêmes.
Ce n'est pas d'un jour à l'autre qu'on parviendra à une répartition équitable de l'eau pour le milliard d'habitants de notre planète qui n'ont pas accès à l'eau potable. Le processus sera long et impliquera de défendre cette cause, de lancer des campagnes et d'agir concrètement et directement. Parfois, nous aurons le sentiment que nos efforts sont vains. C'est pourquoi nous devons non seulement nous engager intellectuellement et politiquement mais aussi pratiquer cette spiritualité de la persévérance qui nous soutiendra lorsque nous suivrons Jésus et essayerons d'être ces gouttes d'eau qui brisent les rochers de l'injustice.
La promesse que le Christ est la source d'eau vive nous encouragera dans notre cheminement et notre volonté d'arroser les semences de la vie nouvelle.
Jane Stranz
Jane Stranz est pasteure de l'Eglise réformée unie de Grande-Bretagne et de l'Eglise réformée de France. Habitant en France, elle travaille au Conseil oecuménique des Eglises où elle coordonne le Service linguistique.
Ensemble, nous pouvons faire la différence
Préparez la Journée mondiale de l'eau, le 22 mars
- Renseignez-vous sur les manifestations de la Journée de l'eau dans votre voisinage.
- Cherchez dans la "boîte à outils" des idées sur la manière dont vous et votre Eglise pourriez vous engager dans des activités en faveur de la justice lors de la Journée de l'eau.
- Préparez une célébration liturgique sur le thème de l'eau et la justice et envoyez au réseau oecuménique vos célébrations, culte et prédications.
Exercice spirituel
Prenez le temps d'écouter l'eau qui goutte, coule ou ruisselle.
- Réfléchissez au potentiel de vie que renferme une seule goutte d'eau pour irriguer une terre aride et la rendre à la vie.
- En écoutant le bruit de l'eau (ou en l'imaginant), priez
- pour que tous aient accès à cette ressource vitale et pour qu'elle soit répartie plus équitablement;
- pour demander la patience de soutenir les campagnes en faveur du droit à l'eau.
Vous trouverez ci-dessous l'article de Loren Kerkof (en anglais)
Photo: Andrei Niemimäki
